Squid
Post post-punk
On les devine, les blasés, lever un sourcil sceptique à l’évocation d’un énième groupe post-punk débarqué d’Angleterre. On les comprend. Cependant, il leur faudra réviser leur jugement, car Squid (soit “calamar”) incarne peut-être ce que Brighton a produit de mieux depuis un bail. À l’origine, cinq étudiants fraîchement émoulus d’une école de jazz et décidés à se frotter à des couleurs (à peine) plus contemporaines. Nourri au krautrock de Can et Neu!, à l’art-punk de Talking Heads comme au minimalisme de Steve Reich, Squid n’est pas sans évoquer les réussites disco- punk du label DFA au début du siècle (LCD Soundsystem, The Rapture…). Mais c’est Dan Carey et la maison Speedy Wunderground (Kae Tempest, Black Country, New Road, Fontaines DC…) qui raflèrent la mise en publiant les deux essais de ce quintette arty mais pas ardu, référencé mais jamais déférent. Sur les planches, nos Britanniques font parler la poudre mais savent (passé jazz oblige) s’accorder quelques libertés. De quoi transformer chaque concert en un moment forcément unique.



