Carcass
L'esprit collectif
Marco da Silva Ferreira est l’étoile montante de la scène contemporaine. Sa nouvelle pièce a fait l’unanimité lors du Next Festival. Préoccupé par les questions sociétales, le chorégraphe portugais allie danses traditionnelles et urbaines. Dans Carcass, le sens du collectif et la solidarité s’affirment sur un ton joyeux mais engagé.
Sur scène, dix danseurs à l’énergie communicative sont accompagnés par deux musiciens. Dans une salle brumeuse, ils évoluent au son d’une batterie sur un carré de linoléum qui capte la lumière et imprime littéralement les pas. La danse folklorique du Portugal rencontre le clubbing. Les tenues sportives aux grandes lignes colorées sont signées Aleksandar Protic, styliste serbe installé à Lisbonne. Tout est allègrement détourné. Des jupettes habillent les hommes, une femme avance torse-nue, les duos se mélangent. Le programme est intense : traversées, jeux de jambes complexes, battements de pieds et de mains… Les baskets sont bien utiles ! Puis le dispositif scénique se transforme. Un mur apparaît. La musique désormais stridente et oppressante évoque un état d’urgence. Des voix s’élèvent et encouragent un danseur aux mouvements incertains. Une chanson issue de la Révolution des Œillets fait davantage basculer la pièce. Des phrases s’affichent pour dénoncer les inégalités. Marco da Silva Ferreira considère Carcass comme un manifeste féministe et antifasciste. Quand le mur tombe, les jeux de jambes reprennent leur rythme trépidant sur une bande-son electro, tel un nouvel éveil.
Dans le cadre du festival December Dance



