Sans filtre
Palme gore
Si vous aimez le cynisme rigolard de Ruben Östlund, vous êtes au bon endroit. Dans ce film qui lui rapporte une deuxième Palme d’or après The Square, en 2017, le Suédois pousse ses personnages à révéler leur véritable nature – son Snow Therapy, en 2014, utilisait le même procédé. Le cinéaste embarque cette fois influenceurs, marchands d’armes et autres personnages peu recommandables pour une croisière de luxe, qui va virer au cauchemar à la suite d’une tempête. Comme Marco Ferreri avec La Grande bouffe (autre scandale cannois, en 1973), Östlund tend un miroir déformant à notre société, à l’image de cette scène de mal de mer collective et sa trombe de vomi et d’excréments, allégorie d’un capitalisme malade. C’est à la fois répugnant, cruel et hilarant. Une Palme gore.
De Ruben Ösltund, avec Harris Dickinson, Charlbi Dean Kriek, Woody Harrelson… En salle



