Home Cinéma L’Innocent

Mon beau-père et moi

© Emmanuelle Firman / Les Films des Tournelles

Pour son quatrième long-métrage en tant que réalisateur, Louis Garrel signe sans doute son meilleur film. Présentée hors-compétition lors du dernier Festival de Cannes, l’oeuvre avait d’ailleurs fait sensation. Quelque part entre la comédie romantique et le polar, L’Innocent met en scène un homme en prise avec son caïd de beau-père…

Abel découvre que sa mère, la fantasque Sylvie, animatrice d’ateliers de théâtre en prison, s’est une nouvelle fois éprise d’un détenu. Pire : cette fois, elle va se remarier. Inquiet, notre héros enquête sur cet homme mystérieux, bien aidé par sa meilleure amie. Il le soupçonne de vouloir renouer avec sa vie de truand… Réalisateur de trois longs-métrages inégaux (Les Deux amis, L’Homme fidèle, La Croisade), Louis Garrel passe à la vitesse supérieure avec L’Innocent. Ce film procure d’abord le plaisir de revoir la grande Anouk Grinberg, trop longtemps absente des écrans de cinéma. Quelques semaines après le remarquable La Nuit du 12 de Dominik Moll, on la retrouve dans le rôle d’une femme de 60 ans, amoureuse comme une adolescente. Autour d’elle circule une galerie de personnages hauts en couleur.

À l’italienne
Jamais là où on l’attend, remarquablement interprété (Roschdy Zem, dans le rôle du beau-père taulard, est épatant), L’Innocent passe ainsi d’un genre à un autre (romcom, polar, mélodrame social) avec une décontraction insolente. Les dialogues sont finement ciselés et le récit offre des moments de pur délire, rappelant les grandes heures de la comédie italienne (les scènes de filatures entreprises par Abel sont hilarantes). Il aura donc fallu quatre films pour que Louis Garrel devienne un brillant cinéaste, et l’attente en valait vraiment la peine

Grégory Marouzé / Photo © Emmanuelle Firman / Les Films des Tournelles

De Louis Garrel, avec lui-même, Roschdy Zem, Anouk Grinberg, Noémie Merlant… Sortie le 12.10

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