Fanny Parise
Les Enfants gâtés
PayotQuel est le terrain de jeu de l’anthropologue ? La forêt amazonienne, au chevet d’une ethnie amérindienne ? Dans l’imaginaire collectif, du moins. L’étude de Fanny Parise débute elle dans le hall du Mama Shelter, chaîne d’hôtels-restaurants proclamée temple du cool, et les peuplades examinées portent des Stan Smith, travaillent dans la com’ ou sont à la tête de start-ups. Ce qui fait écrire à l’autrice, jamais avare d’un bon mot dans cet essai pointu de 300 pages, qu’elle est « la Jane Goodall non pas des bonobos mais des bobos ». Ces « nouveaux sauvages », premier groupe étudié dans l’ouvrage, ont pour point commun une volonté de changer leurs habitudes de consommation. Mais a-t-on vraiment besoin d’acheter une gourde en verre, quand on en possède déjà une en plastique ? En face, l’anthropologue définit le groupe des « enfants gâtés », qui préfère réclamer des mesures aux puissants plutôt que produire le moindre effort pour changer son mode de vie. Le capitalisme responsable reste un capitalisme, tacle Fanny Parise, qui déconstruit le mythe du “consommer mieux”. Le reflet qu’elle nous tend n’est pas toujours flatteur, mais cette lecture choc devrait, lentement mais sûrement, trouver son chemin.
320 p., 19€.



