Arlo Parks
La délicatesse
« Vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie », lança Paul Nizan. N’empêche, on peut faire de belles choses, à vingt ans. Prenez Arlo Parks. La Londonienne, étudiante en littérature il n’y a pas si longtemps, a mis sa solitude en musique le temps de quelques EP hautement prometteurs. Et n’a depuis jamais déçu.
La vingtaine à peine entamée, la voici en pleine lumière, voire effondrée dans les rayons du soleil, pour reprendre le titre de son premier album (Collapsed in Sunbeams, formule empruntée à l’autrice britannique Zadie Smith). Parues en début d’année, ces chansons nous auront accompagnés ces derniers mois. On y retrouve des thèmes en vogue à l’heure actuelle : la dépression post-adolescente, le trouble du genre, la solitude ou l’euphorie passagère – de tristes topiques chers à une certaine Billie Eilish, qui a d’ailleurs encensé les travaux d’Arlo Parks.
Soul à facettes
En fait, ce sont avant tout les humeurs ressenties par à peu près toute personne sensée, à un moment ou l’autre de sa vie. De plus, la Londonienne oublie souvent son nombril pour mieux observer et croquer ses contemporains, à la façon d’un Ray Davies ou d’un Jarvis Cocker – qualité britannique, toujours. La mise en son, elle, pioche dans une soul de poche : pas de grandes envolées, mais un doux crooning et des instrus pop moderne, devant autant au folk qu’au trip-hop ou à la soul orchestrale. Sur scène l’Anglaise, parfaitement francophone, envoûte en douceur. Jamais pétrifiée par l’enjeu ni dupe de la situation, Arlo Parks fait preuve d’une présence discrète, comme pour laisser toute la place aux chansons – ça tombe bien, c’est pour elles que nous sommes là.
Le concert à l’Ancienne Belgique est annulé



