Call Me By Your Name
Sans appel
Depuis sa présentation à Sundance l’an dernier, Call Me By Your Name jouit d’une telle médiatisation qu’il est permis d’effleurer l’intrigue. Sous le soleil d’Italie en 1983, Elio, 17 ans, découvre le désir avec Oliver, l’étudiant en archéologie invité par son père dans la maison de vacances. Loin du magistral film d’apprentissage, l’adaptation du roman d’André Aciman se révèle une fable irritante.
La vie est douce en été chez les Perlman. On joue du Bach sur le piano de la superbe bâtisse familiale, on se repose au bord de la piscine en lisant Héraclite, et on fait traîner les repas ombragés pour discuter politique, pendant que la domestique dessert la table. Entre le luxe et le calme émanant de cette carte postale, la volupté nous est offerte par l’Apollon Oliver, mettant en émoi le gringalet Elio. Malgré les balades complices à vélo et les scènes de liesse (c’est bien connu, on sautille dans la rue en riant aux éclats quand on s’aime) difficile de croire à la passion entre les deux jeunes hommes. La faute au charisme d’Armie Hammer, porté disparu pendant 2 h 13, et à un scénario incapable d’offrir une profondeur à son personnage. Rien à sauver dans ce récit initiatique sans subtilité ? Si. La délicieuse bande-son de Sufjan Stevens, et l’interprétation de Timothée Chalamet. Sublime lorsqu’il peine à contenir ses ardeurs et bouleversant, au-delà de cette improbable romance, dans un registre plus universel : celui de l’amoureux éperdu, le coeur en miette à la fin de l’été.
De Luca Guadagnino, avec Timothée Chalamet, Armie Hammer, Esther Garrel… En salle



