Les Proies
Des femmes puissantes
Il y a 20 ans son premier essai, Virgin Suicides, électrisait la Croisette. Sofia Coppola récidive avec Les Proies, et met à nouveau en scène un choeur féminin. Ou comment un jeune homme blessé bouleverse une maisonnée de dames moins pudibondes qu’elles paraissent.
Quelque part dans le sud de l’Amérique, alors que la guerre de Sécession fait rage, de charitables pensionnaires d’un internat de jeunes filles recueillent un soldat du camp adverse blessé (Colin Farrell). Au centre de ce gynécée coupé du monde, le mâle attire toutes les convoitises, entraînant rivalités et tensions érotiques. Mais au jeu de la séduction, ce n’est pas le Yankee qui a l’avantage… Le nouveau film de Sofia Coppola est, à l’instar du reste de son oeuvre (du crève-coeur Virgin Suicides au maladroit The Bling Ring), une ode au pouvoir des femmes. La cinéaste parachève ici son art. Son huis clos bénéficie d’une photographie très léchée. Néanmoins, personne ne voudrait mettre un pied dans cet endroit. Si le trio de choc Nicole Kidman / Kirsten Dunst / Elle Fanning ne manque pas de charme, il incarne avant tout une domination matriarcale des plus terrifiantes. Sofia Coppola affirme s’être inspirée du roman éponyme de Thomas Cullinan, et non de sa première adaptation cinématographique signée Don Siegel, en 1971. Il n’empêche : Colin Farrell souffre de la comparaison avec Clint Eastwood. Contrairement à son aîné, l’Irlandais ne véhicule pas la moindre menace, aucun trouble. Dans ce thriller jubilatoire, « danger » s’écrit uniquement au féminin.
De Sofia Coppola, avec Colin Farrell, Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning… Sortie le 23.08



