Steve Gunn
La fleur au fusil
Steve Gunn est new-yorkais. Il est surtout américain. Et ça s’entend. Dans ces chansons disséminées le long de sept albums, ce guitariste impétueux laisse planer les nuages folk et tomber la pluie blues. Récemment, il s’échappait avec les hérauts du genre (The Black Twig Pickers) pour un disque détonnant et loin des mélodies éculées. Car les sentiers battus, le jeune prodige les évite comme la peste, s’inspirant pour cela de quelques aventuriers – citons Bert Jansch, John Martyn ou Roy Harper. Refusant donc de tourner en rond avec les sempiternels mêmes accords, ce complice de Kurt Vile furète également du côté du jazz (on songe parfois à Wes Montgomery), afin d’amener ses histoires de voyage, de solitude, de grands espaces (bref, l’Amérique) vers un ailleurs inédit. Loin d’être un énième revivaliste, Steve Gunn prouve que l’on peut encore innover et émouvoir avec une simple six-cordes – et beaucoup d’inspiration.



