Home Littérature Jonathan Franzen

Purity

L’Olivier

« Pip » Tyler a 23 ans, un emploi abrutissant de démarcheuse téléphonique, des colocataires fantasques dans un squat à Oakland et une maman névrosée qui lui a toujours caché l’identité de son géniteur. Elle est aussi le premier des personnages que nous présente Jonathan Franzen dans son étourdissant Purity – le patronyme honni de la jeune femme. Viendront ensuite, au fil de ce roman versant peu à peu dans le thriller, un lanceur d’alerte devenu leader d’une organisation de hackers, un couple de journalistes d’investigation à l’équilibre précaire, une héritière ayant renié sa belle naissance… à l’aide de flashbacks structurant tout le récit et nous trimballant de l’oppressante Allemagne de l’Est aux moites forêts boliviennes, l’auteur dévoile les secrets de ses protagonistes et les liens qui les unissent. Cinq ans après l’épopée familiale de Freedom, Franzen n’a pas perdu le goût des grandes fresques foisonnantes, ni son talent pour se glisser dans l’esprit humain et le mettre à nu. On regrette une réflexion un peu rigide sur le pouvoir d’Internet, mais qu’importe : le style éblouit, les lignes se dévorent, et nous voilà déjà au bout du dernier opus de l’un des grands romanciers contemporains.

Marine Durand

752 p., 24,50 €

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