Home Cinéma Seul sur Mars

Rouge western

De Ridley Scott
©Twentieth Century Fox

Ridley Scott revient au genre qui a fait sa gloire : la science-fiction. Mais, loin des créatures visqueuses d’Alien et de la ville poisseuse de Blade Runner, Seul sur Mars privilégie la comédie et le bricolage. Au point d’inventer un nouveau genre : le survival pantouflard.

Botaniste en mission sur la planète rouge, Mark Watney (Matt Damon) est laissé pour mort par son équipe lorsque celle-ci fuit une tempête de sable. Seul et sans moyen de rentrer sur Terre, Mark va organiser sa subsistance. Les premières minutes sont les plus saisissantes, depuis le tourbillon de gravats jusqu’au retrait par Mark d’un bout de métal planté dans l’abdomen. Mais le film ne cherche pas à prolonger cette intensité, fuyant comme la peste ce qui semble d’abord son sujet : la solitude absolue. Tenant un journal filmé, Mark ne cesse de se mettre en scène, de parler à la caméra, de blaguer. à bien des égards, Seul sur Mars prend le contre-pied de récentes fictions aux prétentions métaphysiques, comme Gravity ou Interstellar. Scott n’a ni l’ambition de révolutionner la 3D, ni de discourir sur la relativité du temps et l’avenir de l’humanité. Son film se limite à un éloge de la débrouillardise et de la volonté. Avec sa bande-son disco, il semble même lorgner vers les années Reagan, lorsque l’espace n’était qu’une nouvelle zone à conquérir. Rien d’étonnant, donc, à ce que l’on retrouve l’iconographie du western le plus traditionnel. « Dans l’espace, personne ne vous entendra crier », disait l’affiche d’Alien. C’était le bon temps.

Raphaël Nieuwjaer

Avec Matt Damon, Jessica Chastain, Kristen Wiig…

Sortie le 21.10.15


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