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L’infinie comédie

(L’Olivier )

Il aura fallu presque vingt ans pour que la grande oeuvre de David Foster Wallace arrive en France. La faute autant à un manque d’intérêt de la part des éditeurs, à la tâche monumentale que représente la traduction d’un roman de presque 1500 pages, qu’à un concours de circonstances. Celui-là même qui aura empêché le Diable Vauvert, maison historique de l’auteur de Brefs entretiens avec des hommes hideux de publier cet opus. Pour l’initié, c’est donc l’arrivée du Graal. Le novice, lui, aura l’impression d’attaquer la montagne DFW par la face Nord. Ce pavé nous emmène dans une Amérique dystopique, où la société du spectacle est devenue religion. Mais une étrange vidéo – L’infinie comédie – menace de tout détruire… Au-delà du nombre de pages, c’est dans un labyrinthe que l’on s’enfonce, tout en bifurcations, digressions et montage alterné. Cette écriture à la fois savante et populaire, c’est encore l’auteur qui en parle le mieux lorsqu’évoquant le tennis, sa grande passion, il écrit que sa beauté « n’[est] pas du tout une question de réduction mais – ce qui est pervers – d’expansion, un papillotement aléatoire de croissance métastatique incontrôlée ». Telle est L’infinie comédie : une obsession, un cancer, une maladie qui fait vivre autant qu’elle tue.

Raphaël Nieuwjaer

1 486 p., 27,50€.

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