Home Cinéma Love and Mercy

Good (and bad) vibrations

Pour le grand public, Brian Wilson fut le compositeur et l’âme artistique des Beach Boys. Dans Love and Mercy, Bill Pohlad nous donne à voir la création en studio de Pet Sounds, le chef-d’oeuvre du groupe, mais décrit aussi un talent torturé par les ambitions, et l’appât du gain qui anime son entourage.

Pour parler de Brian Wilson, Bill Pohlad a voulu dépasser le cadre du « biopic de célébrité » et aborder le personnage sous l’angle psychologique. En se focalisant sur deux périodes clés : les prémices de l’album Pet Sounds (1966), considéré comme l’un des plus influents de l’histoire de la musique pop, puis sa rencontre avec sa deuxième épouse, Melinda Ledbetter. En choisissant deux acteurs, Paul Dano pour incarner Brian Wilson jeune, et John Cusack pour celui des années 1990, le cinéaste présente deux personnes différentes : l’artiste reconnu par ses pairs, et la vieille gloire fragile, manipulée par le docteur Eugene Landy, son psychologue. Musicalement, Love and Mercy a le mérite de nous plonger dans l’univers de l’artiste, avec de nombreuses scènes en studio. On peut néanmoins s’interroger sur le parti pris de la réalisation. En racontant la relation Wilson-Landy via le regard de Melinda Ledbetter, Pohlad offre à cette dernière un rôle central dans l’éviction de l’envahissant docteur, laissant la famille Wilson dans l’ombre, alors que c’est elle qui avait mené cette bataille juridique. Une vision manichéenne et partiale de l’histoire, qui gâche un peu la bonne impression laissée par le film.

Nicolas Jucha

De Bill Pohlad, avec Paul Dano,
John Cusack, Elizabeth Banks…
Sortie le 01.07


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