Hill of Freedom
Conte d’été
Le solaire Sunhi brille encore dans notre mémoire de tout son éclat que le nouveau Hong Sang-soo est déjà là. Pas de quoi se plaindre, évidemment. D’autant que les premières images de Right now, wrong then, son prochain film, ont commencé à circuler. En attendant, que penser de Hill of Freedom ? Beaucoup de bien.
Ramassé en 66 minutes, Hill of Freedom affirme le style du cinéaste, ce mélange de modestie technique, de banalité des situations, et de raffinement narratif. Revenue d’un séjour médical, Kwon découvre la dizaine de lettres que Mori, un ancien amour venu à Séoul dans l’espoir de la retrouver, a écrite durant son absence. De manière très classique, leur lecture offre l’occasion d’un récit tout en flash-backs. Mais, idée aussi simple que brillante, ces souvenirs reviennent dans le désordre, Kwon ayant accidentellement laissé tomber son courrier… Loin d’être une astuce de scénario, Hong Sang-soo trouve là un nouveau moyen de défaire les chaînes de la causalité.
Correspondances.
La chronique de ces quelques journées d’attente, entre errances et rencontres, délivre un poème en prose sur le hasard et le temps. De petit bar en salon, on parle, on boit, plus que de raison évidemment. Mais, pour l’auteur de Matins calmes à Séoul, les détours (ceux du rêve, de l’écrit ou de la parole) sont toujours les moyens les plus directs de rapprocher les êtres. Le flash-back n’explique plus rien. Ce qui est, ou a été, aurait pu être différent. Fugaces, les passions se font plus intenses. Que cette composition se joue en mode mineur, avec peu de moyens, n’y change rien : Hong Sang-soo n’en finit pas de nous bouleverser.
De Hong Sang-soo,
Avec Ryö Kase, Moon So-Ri, Seo Young-hwa…
Sortie le 08.07.










