Home Cinéma Vincent n’a pas d’écailles

L’inconnu du lac

Après plusieurs courts-métrages primés, Thomas Salvador passe au long avec un film atypique, baignant dans un genre rarement représenté sur les écrans français : le réalisme magique. Charmant et poétique, Vincent n’a pas d’écailles aurait pourtant mérité un peu plus d’ambition pour complètement nous embarquer.

Présenté dans les médias comme « le premier film de super-héros français » (et garanti sans effets spéciaux numériques), cet ovni n’a pourtant pas grand-chose en commun avec les personnages musculeux faisant les beaux jours du box-office américain. Jeune homme taiseux au regard doux, Vincent voit ses forces se démultiplier au contact de l’eau. Parti vivre un été de bohème dans les gorges du Verdon, au plus près de son élément, il tombe amoureux de Lucie à qui il décide de confier son secret.

Le grand bain

Ne cherchons pas ici de destin hors du commun ou d’humanité à sauver, malgré quelques clins d’œil aux canons du genre. Tandis que notre « anti-héros » apprivoise peu à peu ses pouvoirs, entre expérimentations aquatiques et fanfaronnades devant sa petite amie (Vimala Pons, la « fille du 14 juillet » d’Antonin Peretjatko), les longs plans sur le lac de Sainte- Croix se succèdent, remplaçant des dialogues quasi absents. Comme dans beaucoup de ses projets, on retrouve Thomas Salvador à l’écriture, à la réalisation et dans le rôle-titre. Mais s’il fait habilement glisser son oeuvre vers le burlesque au moyen d’une longue course-poursuite, l’homme-orchestre déroule cet artifice scénaristique jusqu’à épuisement, peinant à garder l’attention du spectateur du premier au dernier plan. Retenons donc une découverte prometteuse, et surtout le nom d’un cinéaste dont on guettera à coup sûr les futures propositions.

 

Marine Durand

De Thomas Salvador, avec Thomas Salvador,
Vimala Pons, Youssef Hajdi… En salle le 18.02.


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