Jungle
Cultivant discrétion et élégance, savoir-faire et imagination, Jungle représente sans doute LE futur de la soul. Confirmation sur les planches, suivis de près par d’éternelles belles promesses.
On ne sait pas grand chose de ces deux Britanniques à l’identité passée sous silence – l’un se prénomme Josh, voilà tout. Le tandem, la vingtaine, a les étagères gavées de classiques acid jazz et raretés Philly Sound. Mais pas seulement. La paire dévoile une lecture très personnelle de la soul, l’irriguant d’influences pas banales – on pense parfois à AR Kane, et l’on jurerait entendre la basse de Peter Hook sur Platoon, à la fois tranquille ET inquiet. Ailleurs, le minimalisme et la fièvre rythmique de Lucky I Got What I Want rend Jungle autrement plus passionnant que le p’tit bonheur de Pharell Williams. Enfin, l’intimiste Drops et ses voix trafiquées élèvent le point trop n’en faut au rang d’art majeur – l’émotion, elle, ne fait jamais défaut. Sur scène, le binôme s’est souvent produit derrière de lourds rideaux de fumée. Qu’ont-ils à cacher ? Le secret de la soul moderne, peut-être. Au Grand Mix, Isaac Delusion se voit confier la lourde tâche d’ouvrir pour l’avenir. Exercice périlleux : ces jeunes pousses sont prometteuses… depuis 2012. S’agirait peut-être de mettre la main à la pâte et de publier enfin l’album tant attendu, non ? Ce serait dommage qu’Isaac nous réserve une désillusion.



