Elmar Trenkwalder
Des statues en liberté
Immenses, ces céramiques évoquant à la fois des temples hindous, des cathédrales gothiques et romanes ou des façades baroques. On découvre ensuite de petits détails plus frivoles, voire grivois, au sein de ces constructions. Pas de doute : la première rétrospective française consacrée à l’œuvre monumentale, aux peintures et dessins d’Elmar Trenkwalder est sacrément revigorante.
La surprise. Et l’interrogation. Telles sont les émotions ressenties en pénétrant dans la vaste salle consacrée à Elmar Trenkwalder. Cette forêt de statuaires en céramiques, monumentales et colorées, imposante mais fourmillant de détails, semble surgie du fond des âges. Soudain, l’artiste s’avance vers nous. La cinquantaine, grand et mince, le démiurge arbore un physique de prof de maths pépère. « Je crée ce qui manque à mon monde », explique-t-il dans un français hésitant, avant de nous dévoiler ses croquis préparatoires – où le coup de crayon instinctif le dispute à la précision des calculs, notes et repères.
Humour et légèreté
À l’origine, l’Autrichien avait étudié la peinture. « Mais j’ai toujours été obsédé par la troisième dimension, la profondeur » précise-t-il. En témoigne cette œuvre de jeunesse, un trompe-l’œil au carré, puisqu’il n’y a ni toile, ni cadre, mais du simple carton savamment plié et peint… Car en dépit de la carrure imposante de ses œuvres (le château imaginaire WVZ 250 KH frise les cinq mètres !), l’artiste n’omet jamais l’humour et la légèreté. Impossible d’évoquer Trenkwalder sans mentionner le sexe – masculins, féminins, sculptures érotiques… mais toujours cachés au cœur d’une autre pièce, à l’allure quasi-sacrée. À chacun de les voir, ou pas. Nous sommes au MUba, où le regard fait l’œuvre.



