Frànçois & The Atlas Mountains
Premier de Cordée
Avec quatre albums en poche, Frànçois & The Atlas Mountains s’est imposé tranquillement comme une valeur sûre de la pop autre d’ici. Le Charentais possède une écriture bien à lui et récolte les louanges par paquets de dix. De prime abord sa joie de vivre peut dérouter mais on se laisse happer par des concerts impressionnants.
Frànçois, c’est Frànçois Marry, originaire de Saintes mais ayant traîné ses guêtres outre-Manche, du côté de Bristol. Ce jeune homme au tempérament lunaire propose des chansons solaires rappelant Sufjan Stevens (les amples orchestrations), Animal Collective (pour l’art du lâcher-prise, les mélodies enfantines posées sur des sables mouvants) ou Dominique A (le mimétisme vocal est frappant). Aussi discret soit-il, le Charentais fut salué par Etienne Daho (offrant au Rennais L’Homme Qui Marche) et intronisé chef de fil d’un certain renouveau bordelais : d’ailleurs, Petit Fantôme et des membres de Bengale se remuent sur scène à ses côtés. Tiens, parlons-en, de la scène. C’est là, sans doute, que les chansons du montagnard des plaines prennent toute leur saveur. Ces invitations à La Piscine, cette certitude d’être « de l’eau » et autres incantations légères se parent ici d’une ferveur fébrile. À la guitare ou au clavier, Frànçois entonne ses hymnes de poche avec la foi de ceux qui ont tout traversé. Autour, on danse, on chante, sans jamais se départir d’une mélancolie contagieuse et ô combien émouvante. La pop d’ici prend de drôles d’atours et annonce de beaux lendemains.



