Florent Marchet
La tête dans les étoiles
Compositeur talentueux à la discographie bigarrée, Florent Marchet présente son cinquième LP. Le problème, c’est que la scène n’est pas toujours son fort. À quoi s’attendre cette fois ? Réponse à l’occasion d’un double atterrissage à Lomme et à Bruxelles.
Révélé avec Gargilesse (2005) et adoubé par les chœurs de Miossec, le Berrichon défendait une certaine idée de la ruralité et abordait doucement la lutte des classes. Puis, Marchet prit un malin plaisir à brouiller les pistes en se dispersant joyeusement, entre œuvres-mondes (Rio Baril, 2007), livres-disques avec son complice Philippe Katerine (Frère Animal, 2008) et souvenirs d’enfances modestes (Courchevel, 2010). Fainéant, on y verrait simplement un héritier d’Alain Souchon ou un cousin du bourdieusien Arnaud Fleurent-Didier. Mais une fois encore, Marchet se réinvente avec Bambi Galaxy (2014), curiosité flirtant avec la science et la fiction, la pop moderne, le rétrofuturisme et Michel Houellebecq. Et sur scène ? Eh bien, c’est là où le bât a parfois blessé. Voici neuf ans, on découvrait un débutant touchant de modestie, lisant quelques pages sans cuistrerie aucune. Mais l’on fut déçu de le retrouver, narquois et pédant, lors de ses dernières tournées, devenant même une caricature de son personnage lorsqu’il défendait Courchevel – look soigneusement décalé et vannes vaseuses en prime. Gardons espoir : ces faux-pas en disent peut-être long, Marchet interprétant moins ses chansons qu’il ne les incarne. Au vu de son dernier essai, on peut espérer une mise en scène flamboyante, un son et lumière pop et littéraire.



