La Rumeur
À l'origine
Pour votre serviteur , trentenaire pas vraiment spécialiste en hip-hop, évoquer La Rumeur, c’est replonger plus de quinze ans en arrière – lorsqu’il en savait encore moins sur la chose rap. Au moment où, l’espace de quelques semaines, il a cru trouver une porte d’entrée.
En 1997, lycéen et peu au fait du bavardage sur boucles, on tombait sur le premier EP de La Rumeur, Volet 1 : Le Poison d’Avril. Un affranchi qui nous avait pris sous son aile ? La médiathèque du coin, plutôt. Et la découverte d’un rap différent. Coriace. Intransigeant. À l’époque, pour le béotien, le paysage semblait pauvre. C’était avant la découverte d’Anticon, Stones Throw et tout ce rap indé qui séduirait les poppeux. NTM propose de fricoter dans des BM, mais on n’a pas le permis de conduire. Et IAM ? Un discours d’instit’ qu’on n’a pas envie de coller dans le walkman. Assassin ? Oui, bon, sauf qu’on recevait déjà des tracts contre l’Etaaat à la sortie du bahut. Passi, Stomy, Doc ? Sérieusement… La Rumeur proposait autre chose : la grande Histoire narrée en petites histoires, sans se raconter d’histoire – vous suivez ? La colonisation, l’immigration et la répression policière sur des beats simples et des ambiances poisseuses. On ne reviendra pas sur le procès qui fut intenté par le Ministère de l’Intérieur, et remporté par La Rumeur. Ni sur ce talent scénique et cinématographique (De L’Encre, 2011). A-t-on, depuis, pénétré le vaste univers du rap ? Pas vraiment. Mais le vestibule vaut le coup.


