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Giorgia

Éd. Grasset

Après trois recueils de poèmes, le slameur explore une nouvelle forme, plus vaste, où faire tenir son univers : le roman. Paru chez Grasset, celui-ci n’est pas vierge des écrits précédents publiés aux éditions L’Agitée (la maison de la Compagnie Générale d’Imaginaire). C’est une même cosmologie, une même envie féroce d’écrire un récit total, qui saisit autant les astres, les êtres, les odeurs que les songes. Alors c’est sûr, la langue poétique est parfois ardue quand le récit se fait tellurique, qu’il secoue le texte et fracture la phrase. Mais au final, on retient le souffle du poète, répandu dans le récit de cette Georgia, toxico paumée au dessus du vide, accompagnée de Venance, un immigré tout aussi égaré dans un monde qui n’est pas le sien. Julien Delmaire confronte admirablement ces deux errances à d’autres existences brisées, cassées, crachées. Un roman comme « un kaddish boîteux » pour tous ceux qui ne se plient pas aux règles et disparaissent. « Georgia, plus qu’une ritournelle, devint une photo sépia qui lentement brûlait, une robe de mariée au milieu des chardons ». Ou des charbons. Ardents, forcément.
250p, 12€

François Annycke
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