Rockerill
L'usine nouvelle
Subjuguante . Intimidante, aussi. Au bord de l’avenue , cette cathédrale de brique et d’acier impose sa présence massive. Long de plusieurs centaines de mètres, Le Rockerill toise de toute sa hauteur un métro aérien, un brin de verdure et, à l’horizon, des usines. Celles qui tiennent encore et crachent leur fumée jour et nuit. Clichés de Charleroi ? Peut-être. Avec lesquels Le Rockerill vit très bien.
On s’interroge : est-ce un endroit (vaguement) réhabilité par la municipalité, comme c’est l’usage dans nos régions ? Ou, plus berlinois fin de siècle, un squat gigantesque façon Tacheles ? Ni l’un ni l’autre, nous éclaire Michaël Sacchi, dit Mika Hell : « Notre collectif d’artistes, les Têtes de L’Art, cherchait un lieu. Or, en 2010, on a appris que les Forges de la Providence étaient abandonnées. Étant fils de sidérurgistes carolos, on s’est cotisés pour l’acheter ». C’est aussi simple. Et encourageant : sans revenir sur les clichés collés à Charleroi, on suppose qu’une telle initiative peut changer cette image sinistre. Réponse franche et sèche de Mika Hell : « On s’en fout un peu, ce n’est pas notre boulot ».
Lieu unique
S’il ne fallait relater qu’un souvenir du Rockerill, votre serviteur évoquerait cette nuit où, les pieds dans la poussière et la bière (pas chère) à la main, on admirait Dopplereffekt usiner un son glacial et post-humain dans la Grande Salle, un vestige de la Révolution industrielle. Inoubliable. Le Rockerill ne se repose pas sur ses lauriers et propose chaque semaine des concerts gratuits (les Apéros indus), des Dj’s, des expositions, des stages de forgerie pour enfants et a depuis peu créé son propre label, Rockerill Records (Le Prince Harry, Duflan Duflan…). Ou comment battre le fer tant qu’il est chaud !