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On dirait le sud

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C’est un pari que l’on prend ici. De Petite Noir, on connaît quelques titres intrigants perdus sur la Toile. Guère plus. Natif de Bruxelles mais originaire d’Afrique du Sud, ce jeune homme de vingt-et-un ans ne représente sans doute pas le futur de la musique. N’empêche, on a envie de lui faire confiance , l’espace d’un instant… et plus si affinités.

Depuis quelques années, l’Afrique du Sud s’invite régulièrement sur la mappemonde pop moderne. Sans remonter aux Soul Brothers, on se souvient du Township Funk de DJ Mujava – dont on n’a plus de nouvelles. Le label African Dope (Felix Laband, Kalahari Surfers…) a beaucoup fait pour promouvoir la génération post-Apartheid. Pourtant, près de vingt ans après, les tensions entre Noirs et Blancs demeurent encore vives. Un exemple ? En octobre dernier, un Noir remportait enfin la version locale de Pop Idol et ce, après huit éditions ! Alors, lorsqu’un artiste adopte le pseudonyme de Petite Noir, on est tenté d’y voir une déclaration d’intention, une affirmation identitaire, un retour aux sources. On est tenté, mais on range nos arguments à l’écoute de cette pop grave, sombre et baignant dans les ambiances glacées d’une certaine école post-punk, rehaussée de percussions traditionnelles. D’un point de vue eurocentré, on se réjouit de découvrir une musique lointaine n’ayant rien à voir avec le folklore pour touristes. Mais on déplore tout de même que cette pop réponde, justement, aux critères de l’hémisphère nord ; comme si le Village Global avait définitivement aboli toutes les frontières. Verdict sur scène, donc.

Thibaut Allemand

Petite Noir
10.12.12, Bruxelles, Le Botanique, Witloof Bar, 19h30, 14/11/8€, +32 (0)2 218 37 32
14.02.13, Roubaix, Cave Aux Poètes, 20h, 10/8/6e, +33 (0) 320 277 010

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