Arian Behzadi
La science des rêves
On imagine volontiers l’artiste flânant dans la ville, taquinant la muse au hasard d’une ruelle, laissant l’esprit vagabonder pour mieux sublimer le réel, éternel saltimbanque de l’imaginaire… Oui, mais Arian Behzadi ne mange pas de ce pain-là. Entre deux collages inspirés, ce Californien dissèque des grenouilles et étudie la neurobiologie. Et lorsqu’il trouve un créneau dans son emploi du temps, Arian navigue sur le Web à la recherche d’images fortes, « privilégie Tumblr et Flickr », et « traîne beaucoup dans les vide-greniers, on y trouve de nombreux livres anciens et des magazines vintage » qui constituent l’essentiel de son inspiration. De retour devant son écran, l’Américain découpe, duplique, sort ces images de leur contexte original pour y ajouter de la couleur (parfois de simples taches ou quelques aplats) et leur adjoindre un fond de papier froissé ou un paysage. Si l’on reconnaît aussitôt sa patte, Behzadi ne verse jamais dans la formule. Entre affiches de films fantasmés (Howl, le long poème d’Allen Ginsberg, porté à l’écran par Jack Kerouac) et icônes 60’s (de Gainsbourg à Brian Jones en passant par Monsieur Spock), le scientifique privilégie l’épure des lignes, la précision des formes, la netteté des couleurs. D’apparence simpliste, ce travail pictural touche instantanément. La marque des très grands.













