La Bonne Âme de Se-Tchouan
Stuart SeideSe-Tchouan, prostituée au grand cœur, sort de la misère en héritant miraculeusement d’un débit de tabac… mais se retrouve confrontée à la pauvreté des autres. Mendiants, mauvais payeurs, escrocs… la bonne âme devient bonne poire. Elle s’inventera un cousin, Shui Ta, redoutable homme d’affaires qui dira « non » à sa place. Dans cette parabole méconnue, rédigée à la fin des années 30, B. Brecht bat en brèche l’idée d’un prolétariat honnête et droit, tel que fantasmé par le Parti Communiste de l’époque. La survie avant la morale, en quelque sorte. Son théâtre multiplie les tableaux et se fiche de la convention dramatique (unité de temps, de lieu et d’action) dans une ambiance débraillée et joyeuse. Stuart Seide l’a bien saisi et vêt de couleurs chatoyantes ses quinze acteurs (pour trente personnages !). Et l’on pense, plus d’une fois, à la cruauté de Reiser et à l’humour acide de Chatilliez.



