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	<title>LM magazine &#187; Van Gogh</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Karin Borghouts</title>
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		<pubDate>Fri, 31 May 2024 23:50:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Au Borinage]]></category>
		<category><![CDATA[Karin Borghouts]]></category>
		<category><![CDATA[Mons]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Van Gogh]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pouvez-vous nous dire un mot sur votre parcours ?</strong> La photographie est une vocation tardive. Je la cultive depuis environ 25 ans et j&#8217;ai pu en faire ma profession. J&#8217;ai sculpté, étudié la peinture, qui influence beaucoup mon regard, et longtemps été graphiste indépendante. J&#8217;ai intégré toutes ces disciplines dans ma pratique.</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce-qui caractérise votre travail ?</strong> J&#8217;aime saisir des espaces, des bâtiments et des intérieurs, qui ressemblent souvent à des décors dépourvus de présence humaine. Je travaille sur mes propres projets artistiques et réalise des commandes pour des musées, des gouvernements et des architectes. Jusqu&#8217;à présent, je ne photographiais pas de personnes, mais cela a changé&#8230;</p>
<p><strong> Comment le projet <em>Au Borinage</em> est-il né ?</strong> Dans le cadre d&#8217;une précédente série intitulée <em>Vincent Was Here</em>, j&#8217;ai visité tous les lieux où Vincent Van Gogh a vécu et travaillé. C&#8217;est ainsi que j&#8217;ai découvert cette région. Vincent était pasteur dans le Borinage et c&#8217;est ici qu&#8217;il a décidé de devenir artiste.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous intéresse dans le Borinage, d&#8217;un point de vue historique mais aussi esthétique ?</strong> La première chose qui attire l&#8217;attention, ce sont les terrils. Ils sont aujourd&#8217;hui recouverts d&#8217;une végétation luxuriante mais témoignent toujours d&#8217;un riche passé houiller. De nombreuses maisons de mineurs se dressent encore dans les rues à flanc de colline. C&#8217;est si typiquement belge. Le temps semble s&#8217;être arrêté ici, même si cela est en train de changer.</p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/05/gardien-domainedulevant-karinborghouts-vert.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-160042" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/05/gardien-domainedulevant-karinborghouts-vert.jpg" alt="Gardien, Domaine du Levant © Karin Borghouts" width="800" height="1000" /></a></p>
<p><strong>Quels endroits ou sujets avez-vous choisis ?</strong> J&#8217;ai commencé par des paysages photogéniques, comme des rues, des terrils et des ruines minières. Mais je devais aussi m&#8217;intéresser aux gens d&#8217;ici, sinon je serais restée trop à l&#8217;écart. J&#8217;ai donc saisi les Borains dans des lieux auxquels ils se sentaient liés. Cela va du vicaire (la profession du père de Van Gogh) au propriétaire de café, en passant par des artistes, des fils de mineurs&#8230; Chacun représente une passion de Van Gogh : la religion, l&#8217;engagement social ou l&#8217;art.</p>
<p><strong>Quels furent vos partis-pris artistiques ?</strong> J&#8217;ai photographié les habitants en pied et utilisé un projecteur LED. Cela m&#8217;a permis d&#8217;obtenir une lumière théâtrale, transformant l&#8217;environnement en décor. Mon intention était de créer une sorte de &#8220;tableau&#8221;. Quelque chose de mis en scène, comme une peinture. Je voulais aussi trouver un moyen d&#8217;exprimer ma fascination et ma passion pour cette région oubliée, la découvrir et la faire connaître.</p>
<p><strong>Parmi toutes ces images, pourriez-vous en commenter une ?</strong> Il y a par exemple celle de l&#8217;ancienne gare de Pâturages. C&#8217;est là que Van Gogh est descendu en 1878 pour travailler comme prédicateur dans le Borinage. Cependant, j&#8217;aime aussi laisser de la place à l&#8217;imagination du spectateur dans mes images.</p>
<div id="attachment_160406" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/06/au-borinage.jpg"><img class="size-full wp-image-160406" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/06/au-borinage.jpg" alt="Ancienne Gare Pâturages (c) Karin Borghouts" width="800" height="640" /></a><p class="wp-caption-text">Ancienne Gare Pâturages (c) Karin Borghouts</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui vous fascine tant chez Vincent Van Gogh ?</strong> Ma mère est fan de lui et j&#8217;ai grandi avec des reproductions de ses œuvres chez moi. Il m&#8217;a également servi de modèle lorsque j&#8217;ai commencé à peindre à l&#8217;âge de 16 ans. Lorsque la maison de mon enfance a été ravagée par les flammes, j&#8217;ai réalisé un projet photographique sur elle, intitulé <em>The House</em>. Cette série comprenait une photo d&#8217;une reproduction du <em>Faucheur</em> de Van Gogh, qui était tombée du mur noirci. C&#8217;est ce qui a déclenché le projet<em> Vincent Was Here</em>. On ne peut pas résumer cet artiste à l&#8217;épisode de l&#8217;oreille coupée ou même à sa <em>Nuit étoilée</em>. Ses lettres sont par exemple de la plus haute qualité littéraire. Ses peintures et sa vie m&#8217;inspirent sans cesse.</p>
<p><strong>Pouvez-vous nous parler de cette exposition ?</strong> Elle est répartie entre les deux maisons où Van Gogh a séjourné. À Petit-Wasmes, elle présente principalement des photographies de Borains et une vidéo réalisée en collaboration avec l&#8217;artiste belge Dieter Demey, notamment avec un drone. À Cuesmes, le parcours se déploie à la fois à l&#8217;intérieur et à l&#8217;extérieur. Ici, les portraits sont complétés par quelques photos de ruines et de natures mortes. Enfin, une œuvre sera également exposée sur le site de Marcasse, la mine dans laquelle Van Gogh est descendu.</p>
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		<title>Van Gogh au Borinage</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Mar 2015 05:26:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[BAM]]></category>
		<category><![CDATA[Mons 2015]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Van Gogh]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Plongées dans la pénombre, par souci de conservation, sept lettres ouvrent le parcours. De petits papiers qui révèlent une écriture délicate, une...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Plongées dans la pénombre, par souci de conservation, sept lettres ouvrent le parcours. De petits papiers qui révèlent une écriture délicate, une très belle plume, et surtout un désir : celui de devenir artiste. Dans une de ces correspondances qu’il entretient avec son frère Théo, datée du 24 septembre 1880, Vincent Van Gogh annonce ses intentions : <span class="has-pullquote" data-pullquote="« Il s’agit pour moi d’apprendre à bien dessiner, à être maître soit de mon crayon, soit de mon fusain, soit de mon pinceau, une fois cela obtenu, je ferai de bonnes choses presque n’importe où, et le Borinage est tout aussi pittoresque que le vieux Venise… »">« Il s’agit pour moi d’apprendre à bien dessiner, à être maître soit de mon crayon, soit de mon fusain, soit de mon pinceau, une fois cela obtenu, je ferai de bonnes choses presque n’importe où, et le Borinage est tout aussi pittoresque que le vieux Venise… »</span>. Voilà l’acte de naissance du peintre.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Echecs à répétition.</strong> </span></p>
<p>Après ses carrières avortées de commis à la galerie d’art Goupil &amp; Co, puis d’instituteur ou de libraire, c’est en tant que prédicateur protestant que Van Gogh arrive dans le bassin minier wallon, en décembre 1878. Il a 25 ans, et est accueilli pour une période d’essai de six mois à Wasmes, puis à Cuesmes, pour évangéliser les communautés rurales. D’origine aisée, le Néerlandais adopte les conditions de vie difficiles des mineurs et paysans. La découverte de ce monde dur et pauvre va le marquer à jamais. Mais cette mission s’avère un nouvel échec. Van Gogh entre alors dans une profonde dépression. Une période durant laquelle on ne sait pas trop ce qu’il fait, si ce n’est qu’il part un temps à Courrières (Pas de Calais).</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Entraînement intensif.</strong> </span></p>
<p>Et puis, il se remet à écrire à son frère, pour lui faire part de ses projets artistiques. <span class="has-pullquote" data-pullquote="« Théo le soutient, il sait que le dessin pourrait le sortir de cet état »">« Théo le soutient, il sait que le dessin pourrait le sortir de cet état »</span>, indique Caroline Dumoulin, coordinatrice de l<a href="#bas">’exposition*</a>. Il se fait envoyer<em> Les Exercices au fusain</em> de Charles Bargue, Le Guide de l’alphabet du dessin de Cassagne, Les travaux des champs de Jean-François Millet. Malgré sa connaissance du milieu de l’art, Van Gogh a en effet tout à apprendre, de la perspective à l’anatomie. Ainsi, les premiers dessins réalisés au Borinage témoignent d’un trait d’abord maladroit. <span class="has-pullquote" data-pullquote="« Au départ, il n’avait aucun talent et savait qu’il devait travailler »">« Au départ, il n’avait aucun talent et savait qu’il devait travailler »</span>. Autodidacte, « très discipliné », il produit alors des dizaines de copies, dont ce Moissonneur à la faucille d’après Millet, réalisé à Cuesmes en 1880  et montré pour la première fois en Europe. Parmi tous ces dessins exposés au BAM, seuls cinq de ceux conçus au Borinage ont été retrouvés. Les autres ayant été détruits par l’artiste ou, vraisemblablement, donnés.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Trace indélébile.</strong> </span></p>
<p>Ce séjour dans les environs de Mons demeure une période brève, mais essentielle dans l’œuvre de Van Gogh, qui puisera continuellement dans ses souvenirs de Belgique pour peindre : lors de son retour aux Pays-Bas, durant son passage dans le sud de la France ou son internement à Saint-Rémy-de-Provence. Des scènes au contact des ouvriers, des paysans, des tisserands qu’on retrouve ici sublimées dans une série de portraits, des représentations de chaumières (qu’il appelait des « nids d’hommes »), ou encore à travers Les Bêcheurs, Le Semeur, La Veillée, où explose son style, cette fois en grand format. Oui, le génie de Van Gogh est né au Borinage. Et le Borinage n’a jamais quitté Vincent.</p>
<p><a name="bas"></a><em>*Exposition montée par Sjraar Van Heugten, ancien directeur de collection du musée Van Gogh d’Amsterdam.</em></p>
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