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	<title>LM magazine &#187; TTO</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Dena Vahdani</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Oct 2023 05:25:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre & Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Dena Vahdani]]></category>
		<category><![CDATA[TTO]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Quel est votre parcours ? Je suis née en Belgique de parents qui ont fui l&#8217;Iran. J&#8217;ai été à l’école en Flandre...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quel est votre parcours ?</strong> Je suis née en Belgique de parents qui ont fui l&#8217;Iran. J&#8217;ai été à l’école en Flandre mais j&#8217;ai grandi dans un environnement francophone et le farsi était la langue parlée à la maison. J&#8217;ai donc eu une éducation multilingue, m&#8217;offrant une ouverture sur le monde. Parler flamand m&#8217;a rapprochée de l&#8217;identité belge. J&#8217;ai deux cultures en moi.</p>
<p><strong>Il paraît que vous avez d&#8217;abord suivi des études de médecine&#8230;</strong> Oui, j&#8217;étais plutôt douée à l&#8217;école. Mais j&#8217;avais aussi envie de créer. J&#8217;ai donc arrêté ces cours consistant à absorber un maximum de connaissances scientifiques, au grand étonnement de mes parents. Après une année sabbatique, j&#8217;ai enchaîné avec des études de graphisme que j&#8217;ai terminées sans passion. Pour mon travail de fin d&#8217;année, j&#8217;avais créé le visuel d&#8217;une entreprise qui, soi-disant, aidait les réfugiés mais sabotait en réalité leur parcours. Visuellement c&#8217;était trop nul, mais j&#8217;avais écrit un sketch où je jouais la porte-parole. Les profs étaient morts de rire et m&#8217;ont donné les points grâce à ça. En récupérant mon diplôme, mon professeur m&#8217;a vivement conseillé le théâtre. Une nouvelle fois, j&#8217;allais recommencer à zéro&#8230;</p>
<p><strong>Comment avez-vous rejoint la scène ?</strong> J&#8217;ai passé l&#8217;examen d&#8217;entrée à l&#8217;école de théâtre, avec l&#8217;impression d&#8217;être dans <em>The Voice</em>. Accédant au dernier tour, le jury me trouvant trop drôle, déclara que le théâtre allait m&#8217;ennuyer. Ils m&#8217;ont alors recommandé un atelier de stand-up à Anvers. Il restait une seule place. Je m&#8217;y suis rendue dès le lendemain. On aurait dit un film américain. C&#8217;est comme ça que tout a commencé. Ensuite, j’ai travaillé comme tous les stand-uppers : tu écris ton premier &#8220;cinq minutes&#8221;, tu le joues encore et encore, jusqu&#8217;à obtenir une heure de spectacle.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/EqR-JZ5vsNg?si=1uLjHVEEj-t4HkDh" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>On dirait que vous n&#8217;aviez pas conscience de votre potentiel humoristique. N&#8217;y avait-il vraiment aucun signe avant-coureur ?</strong> J&#8217;ai toujours été l&#8217;amie drôle, mais ça n&#8217;a aucune valeur dans le stand-up. C&#8217;était avant tout un mécanisme de défense. Seules les personnes qui me connaissaient ont trouvé mon choix de carrière évident. Je me souviens que, petite, j&#8217;avais imité un grand oncle très respecté. Je suis arrivée dans le salon, déguisée comme lui. Toute la famille a retenu son souffle, mais lui a éclaté de rire. Ma mère a filmé ce moment avec son caméscope et je sais que de la famille en Iran a vu la cassette.</p>
<p><strong>Vous avez déclaré : « Je jure en français, je suis sérieuse en néerlandais et j&#8217;aime en farsi ». Dans quelle langue avez-vous commencé le stand-up ?</strong> En flamand, qui était ma langue professionnelle. Mais j&#8217;ai assez vite &#8220;switché&#8221; en français car je me demandais pourquoi j&#8217;allais si loin en Flandre dans des villages pour jouer 10 minutes alors que je pouvais me produire à Bruxelles. Ça a beaucoup mieux &#8220;matché&#8221; devant ce public. Une fois que j&#8217;étais plus à l&#8217;aise, je suis retournée en Flandre. Vous savez, j&#8217;ai grandi dans un environnement multilingue. Ma copine parle sept langues et mon meilleur ami cinq. Je n&#8217;ai donc pas l&#8217;impression d&#8217;être la plus polyglotte. C&#8217;est surtout les médias qui ont créé ce personnage de &#8220;stand-uppeuse multilingue&#8221;.</p>
<p><strong>Pourquoi titillez-vous à ce point la Flandre ? Notamment dans le sketch sur le &#8220;sourire du flamand&#8221;, particulièrement peu expressif&#8230;</strong> C’est un gag surtout visuel. Je l&#8217;appelle &#8220;le sourire du collègue”. D&#8217;ailleurs ce sont les Flamands qui rigolent le plus de cette blague, tandis que les Wallons sont gênés et défendent leurs compatriotes. Grâce à moi, la Belgique est unie (<em>rires</em>).</p>
<p><strong>Pourriez-vous expliquer le titre de votre spectacle ?</strong> Il fait référence à mes deux cultures, européenne et iranienne, le froid et le chaud, le calme et la tempête. J&#8217;aime les contrastes : un Flamand peut paraître très froid et verser une larme à la fin de mon spectacle, quand un Iranien rigolera fort tout du long pour ensuite me donner des conseils non sollicités. <span class="has-pullquote" data-pullquote="L'Iran et la Belgique sont des pays contradictoires, à l’image de ma personnalité. ">L&#8217;Iran et la Belgique sont des pays contradictoires, à l’image de ma personnalité. </span>Et puis, bien évidemment, il y a un clin d&#8217;oeil à la série des années 1990,<em> Xena, la princesse guerrière</em>, une icône de la culture lesbienne.</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/10/dena-vahdani.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-152000" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/10/dena-vahdani-169x300.jpg" alt="DSC01100" width="169" height="300" /></a>Quel est le fil conducteur ?</strong> La toile de fond est le départ de mes parents d&#8217;Iran et l&#8217;arrivée en Belgique. Il y a ensuite la scolarité flamande, la culture iranienne et mon homosexualité. Ce n&#8217;était pas difficile de tirer un fil rouge. Beaucoup de gens ressortent touchés&#8230; J&#8217;étais prête à accueillir les rires, mais pas les pleurs. Certains restaient après le spectacle pour évoquer la migration de leurs parents. J&#8217;avais l&#8217;impression qu&#8217;on était tous liés.</p>
<p><strong>Vos parents sont-ils vraiment comme vous les décrivez : un peu autoritaires ou en décalage avec votre parcours ?</strong> Il n&#8217;y a pas d&#8217;invention dans ce que je dis sur scène, mais ils ont aussi un grand sens de l&#8217;humour et une grande douceur.</p>
<p><strong>Considérez-vous appartenir à une nouvelle scène féministe et LGBTQIA+, comme Tahnee, <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2022/11/01/fanny-ruwet/" target="_blank">Fanny Ruwet</a> ou les Sous Entendu.e.s ?</strong> Ce sont des amies et, comme nous exerçons le même métier, nous sommes proches. Cependant je ne me vois pas du tout comme la porte-parole d’un mouvement. Ces étiquettes peuvent nourrir le &#8220;clickbait&#8221; (<em>ndlr : &#8220;piège à clic&#8221;</em>). Mais je parle de ma vie et des gens se retrouvent simplement dans ce que je raconte. Je reste avant tout une artiste.</p>
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