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	<title>LM magazine &#187; Stephen Shames</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Power to the People</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Oct 2018 03:40:38 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Stephen Shames a passé sa vie à gratter le vernis trop lisse du rêve américain, immortalisant ses laisséspour- compte : toxicomanes, gangs,...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Stephen Shames a passé sa vie à gratter le vernis trop lisse du rêve américain, immortalisant ses laisséspour- compte : toxicomanes, gangs, enfants pauvres… <em>« Il se revendique de la Photo League</em>, explique Olivier Sergent, le directeur de la maison Folie Moulins. <em>C&#8217;est un groupe né dans les années 1940, sur la Côte Est des USA, témoignant en faveur des déshérités »</em>. Cet engagement viscéral amènera ce blanc d&#8217;origine juive vers les Black Panthers. En 1966, il a 19 ans et étudie à Berkeley lorsqu&#8217;il rencontre Bobby Seale, lors d&#8217;une manifestation contre la guerre au Vietnam. <em>« Il se lie d&#8217;amitié avec lui et va ainsi plonger dans les entrailles de ce parti durant sept ans</em>, raconte Audrey Hoareau, <em>co-commissaire de cette exposition. Plus qu&#8217;un travail documentaire, c&#8217;est une immersion »</em>.</p>
<p><strong><img class="alignleft size-medium wp-image-90572" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/09/xpo_power-to-the-people_c-stephen-shames_lm-144-5-199x300.jpg" alt="Photographies © Stephen Shames / courtesy Steven Kasher Gallery" width="199" height="300" />Instants décisifs</strong></p>
<p>Stephen Shames a un objectif précis : <em>« corriger la vision négative accolée à ce mouvement »</em>. Trente-six ans après sa dissolution officielle, force est de constater que l&#8217;organisation révolutionnaire demeure au mieux méconnue, au pire décriée. <span class="has-pullquote" data-pullquote="« Aux Etats-Unis, les Black Panthers sont toujours très mal perçus. En dehors de Los Angeles et New-York, on les appelle encore les ">« Aux Etats-Unis, les Black Panthers sont toujours très mal perçus. En dehors de Los Angeles et New-York, on les appelle encore les &#8220;tueurs de flics&#8221;&#8230; </span><em>Stephen Shames a d&#8217;ailleurs du mal à montrer son travail dans son propre pays »</em>. Et pourtant, quel travail ! D&#8217;un point de vue esthétique, d&#8217;abord. <em>« Ses compositions sont remarquables, alors qu&#8217;il se trouve, parfois, dans des situations limites, où la police tire sur le QG dans lequel il se trouve… Mais il est au bon endroit au bon moment. Shames nous montre des moments pris sur le vif, il n&#8217;aurait jamais obtenu ce résultat sans pareille implication »</em>.</p>
<p><strong>The Message </strong></p>
<p>La soixantaine d&#8217;images en noir et blanc présentées à Lille (dont 30 inédites) sont réparties selon cinq thèmes : &#8220;Mener&#8221;, &#8220;Rassembler&#8221;, &#8220;Lutter&#8221;, &#8220;Communiquer&#8221; et &#8220;Protéger&#8221;. <em>« Oui, nous privilégions une approche très pédagogique, car Stephen Shames décrit exactement ce que sont les Black Panthers »</em>. C&#8217;est-à-dire, en premier lieu, des leaders charismatiques, cultivés, <em>« pétris de références littéraires, philosophiques ou politiques. Ils lisaient Frantz Fanon, Mao, Malcolm X ou Martin Luther King, bien sûr »</em>. Ces clichés nous introduisent au coeur de cette lutte, très bien structurée et dont le premier outil demeure le rassemblement pacifique. <em>« Ils organisaient des manifestations rapidement, afin de revendiquer un droit, boycotter un magasin ségrégationniste ou défendre des camarades emprisonnés</em>, détaille Audrey Hoareau.<em> Ces marches n&#8217;étaient pas violentes, mais les armes prenaient une place importante, synonymes d&#8217;autodéfense »</em>.</p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-90573" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/09/xpo_power-to-the-people_c-stephen-shames_lm-144-3-1024x673.jpg" alt="Photographies © Stephen Shames / courtesy Steven Kasher Gallery" width="995" height="654" /></p>
<p>D&#8217;où le choix, aussi, de la panthère noire comme emblème. <em>« Cet animal qui n&#8217;attaque pas, sauf s&#8217;il est menacé… »</em>. Eh oui, ici, les symboles n&#8217;ont rien d&#8217;anodins. A commencer par le look :<em> « tout ce qui le compose porte un message. Le béret est un hommage aux résistants français, la coupe afro, c&#8217;est-à-dire naturelle, revendique les origines et les longs manteaux en cuir impressionnent&#8230; Bref, ils ont quasiment inventé la communication politique ! »</em>.</p>
<p>Avec, en pilier, le journal <em>The Black Panther</em>, dont on découvre à Moulins des éditions originales. <em>« Il permettait de collecter des fonds mais aussi de propager l&#8217;idéologie, réagir à l&#8217;actualité, aux faits-divers concernant les noirs et de crier sa haine contre les policiers, les &#8220;pigs&#8221;, comme ils les appelaient ».</em></p>
<p><strong><img class="alignright size-medium wp-image-90574" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/09/xpo_power-to-the-people_c-stephen-shames_lm-144-6-201x300.jpg" alt="Photographies © Stephen Shames / courtesy Steven Kasher Gallery" width="201" height="300" />Protection sociale</strong></p>
<p>Surtout, ces photographies nous dévoilent toute la dimension sociale du mouvement. <em>« Les Black Panthers ont mis en place des dizaines de programmes humanitaires, distribuant des petits-déjeuners aux enfants les plus démunis, des vêtements ou colis de nourriture dans les quartiers pauvres. Ils ont aussi fondé des écoles&#8230; La protection de leur communauté représente l&#8217;essentiel de leur action »</em>. En guerre ouverte contre le gouvernement, le parti périclite en 1982.<em> « En réalité, il est mort dès 1975. Ses membres sont presque tous passés par la prison, certains ont été détruits. Hoover et le FBI leur ont pourri la vie, de façon mesquine parfois. Des noirs ayant des choses à se reprocher étaient par exemple contraints de les infiltrer&#8230;</em> ».</p>
<p><strong>Et après ?</strong></p>
<p>La fin sera d&#8217;ailleurs très moche, entre luttes de pouvoir interne et grand n&#8217;importe quoi (ces pantalons avec chaussette incorporée dans l&#8217;entre-jambe, pour booster la virilité, d&#8217; Eldridge Cleaver&#8230;).</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-90578" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/09/xpo_power-to-the-people_c-stephen-shames_lm-144-8-300x201.jpg" alt="Photographies © Stephen Shames / courtesy Steven Kasher Gallery" width="300" height="201" />Qu&#8217;en est-il de leurs successeurs ? <em>« Le mouvement n&#8217;a peut-être pas duré assez longtemps, mais je pense qu&#8217;il a tout de même laissé un héritage social, en tout cas culturel</em> ». Black Lives Matter ? <em>« Non, il défend la même idée, mais n&#8217;a pas cette intelligence collective qui fit la force des Black Panthers »</em>. Montrer les réussites de ce combat pour la liberté, la justice et l&#8217;équité reste donc, aujourd&#8217;hui, une nécessité. Surtout à l&#8217;heure où le racisme et la ségrégation sont toujours prégnants dans le pays de Trump&#8230; <em>« Au-delà de cette réalité politique, nous souhaitions aussi prouver que cette histoire peut servir d&#8217;exemple à d&#8217;autres luttes, comme celle menée par les femmes : la révolution est l&#8217;affaire de tous, c&#8217;est à nous de la prendre en main »</em>. Power to the People !</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=90585" target="_blank">A LIRE AUSSI : L&#8217;INTERVIEW DE KARIM MADANI</a></strong></p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-90580" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/09/xpo_itw_karim-madani-c-jean-philippe-carre-mattei-2-300x204.jpg" alt="© Jean-Philippe Carré Mattei" width="300" height="204" /></p>
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