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	<title>LM magazine &#187; Stéphan Gladieu</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Stéphan Gladieu</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Mar 2023 01:15:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Charleroi]]></category>
		<category><![CDATA[Corée du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[Musée de la Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphan Gladieu]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la Corée du Nord ? Parce qu&#8217;il y a un paradoxe énorme entre la couverture médiatique dont...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la Corée du Nord ?</strong> Parce qu&#8217;il y a un paradoxe énorme entre la couverture médiatique dont bénéficie ce pays et l&#8217;invisibilisation de sa population. On ne parle que de Kim Jong-Un, des tensions internationales, d’armes nucléaires mais finalement très peu de ce peuple, alors que 25 millions de personnes vivent tout de même ici. Ce sont ces gens qui m’intéressaient.</p>
<p><strong>Comment envisagiez-vous cette série ?</strong> L&#8217;idée principale est de travailler sur l&#8217;identité, dans un pays où l&#8217;individu est totalement dissout dans le collectif. Ici le portrait n&#8217;existe pas. Quand vous rentrez chez les habitants, il n&#8217;y a pas d&#8217;album de famille. On existe seulement dans le collectif : on vous photographie en groupe à l&#8217;école, à l&#8217;armée, dans les usines&#8230; J&#8217;avais vraiment envie de mener ce projet d&#8217;un point de vue humaniste, de simplement savoir qui étaient ces gens, leur donner un visage.</p>
<div id="attachment_145667" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-33.jpg"><img class="size-full wp-image-145667" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-33.jpg" alt="Centre commercial Kwangbok. Pyongyang, Corée du Nord © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing" width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Centre commercial Kwangbok. Pyongyang, Corée du Nord<br />© Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing</p></div>
<p><strong>Comment avez-vous travaillé sur place ?</strong> J&#8217;ai eu la chance de pouvoir effectuer cinq voyages répartis sur trois ans, travaillant sur les demandes d&#8217;autorisation en amont et négociant chaque fois les lieux dans lesquels j&#8217;allais pouvoir bosser. A partir du moment où je me trouvais dans un endroit donné, j&#8217;étais toujours accompagné par les autorités locales, mais n&#8217;ai jamais rencontré de difficultés pour réaliser mes portraits. J&#8217;ai travaillé avec un studio portable. En gros, il y avait deux cas de figure : celui de l&#8217;unité de temps et de lieu bien définie, par exemple un hôpital, une école, une usine, un parc aquatique, un magasin&#8230; Je pouvais choisir les arrière-plans et les gens, leur demander s&#8217;ils acceptaient d&#8217;être photographiés. Le deuxième cas de figure, c&#8217;est celui de la rue : je décidais de l&#8217;arrière-plan et attendais de voir qui passe, lors d&#8217;une démarche plus aléatoire et selon un temps plus réduit.</p>
<p><strong>Y-a-t-il eu un contrôle sur vos clichés ?</strong> Non. A partir du moment où les autorités se sont engagées, et c&#8217;est valable pour l&#8217;ensemble de l&#8217;Asie, elle disent très rarement non. Mes accompagnateurs étaient donc complices de la photographie.</p>
<p><strong>Quel fut votre parti-pris esthétique ?</strong> J&#8217;utilise toujours le même procédé, ce j&#8217;appelle le &#8220;portrait miroir&#8221;, reprenant les codes de l&#8217;iconographie religieuse : les sujets sont placés au centre de l&#8217;image, photographiés de façon frontale. L&#8217;image est colorée et facile à comprendre, elle permet de véhiculer un message de façon directe : c&#8217;est un face-à-face avec la personne photographiée, on en apprend ainsi autant sur nous que sur elle.</p>
<div id="attachment_145659" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-3.jpg"><img class="size-full wp-image-145659" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-3.jpg" alt="Stéphan Gladieu. Serveuses du bateau-restaurant au pied de la tour du Juche. Pyongyang, Corée du Nord © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing" width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Stéphan Gladieu. Serveuses du bateau-restaurant au pied de la tour du Juche. Pyongyang, Corée du Nord<br />© Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing</p></div>
<p><strong>Pourquoi parlez-vous souvent &#8220;d&#8217;image iconique&#8221; ?</strong> Je parle ici de la construction visuelle d’une icône et de sa symbolique, de son pouvoir. Ce type de représentation a été créé par les orthodoxes et les catholiques. C’est une image rectangulaire, horizontale. Elle est facile à lire, chatoyante et véhicule un message permettant d’adhérer à une idéologie religieuse. Cette simplicité lui donne toute sa force. Ce format spécifique a été repris pour assurer la propagande des états communistes ou encore dans la publicité américaine. Cette codification visuelle a donc successivement vendu une idéologie religieuse, puis politique et enfin marketing. Moi, j’essaie de servir une idéologie humaniste. Il n&#8217;y a pas de message politique ici, il s&#8217;agit de mettre en lumière des gens normaux qu&#8217;on ne voit jamais. Je joue aussi sur le rapport entre réalité et irréalité, créant un contraste entre le premier plan et l&#8217;arrière-plan, toujours très important pour moi. J&#8217;aime bien les accidents. Mais au final je photographie le monde réel, ce n&#8217;est pas un travail conceptuel.</p>
<div id="attachment_145660" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-31.jpg"><img class="size-full wp-image-145660" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-31.jpg" alt="Entraînement au stand de tir. Pyongyang, Corée du Nord © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing" width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Entraînement au stand de tir. Pyongyang, Corée du Nord © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing</p></div>
<p><strong>Vous jouez donc avec les codes esthétiques de la propagande nord-coréenne. S&#8217;agissait-il aussi de les prendre à leur propre jeu ? De dénoncer ce contrôle de l&#8217;image ?</strong> Ni l&#8217;un ni l&#8217;autre, je n&#8217;ai pas cette prétention de vouloir les piéger. Au contraire, je suis allé en Corée du Nord avec beaucoup de respect. C&#8217;est leur propagande, leur opinion, leur pays et je ne me pose pas en juge. Je suis simplement là pour l&#8217;observer, essayer de la retranscrire, de façon subjective et artistique, pour ensuite la partager. Pour moi, au final, l&#8217;intérêt de ce choix esthétique était double : d&#8217;une part il renforçait cette sensation visuelle correspondant à mon ressenti sur place, et d&#8217;autre part il rendait aux Nord-Coréens l&#8217;image plus lisible. Quelque part, je devenais presque compréhensible.</p>
<p><strong>Pourquoi &#8220;presque&#8221; ?</strong> Parce qu&#8217;on ne partage malgré tout aucun référent, ni social, ni politique, ni religieux, ni familial&#8230;</p>
<p><strong>Il ne s&#8217;agissait pas non plus de sublimer la propagande, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Non, d&#8217;une certaine façon j&#8217;ai surjoué ses codes. En résulte un aspect surréaliste, semblant nous projeter dans une telenovela mexicaine, mais qui correspond à leur mode de vie, leur théâtralisation. Les Nord-Coréens ne se mettent pas en scène pour les photographes ou la poignée d&#8217;étrangers entrant dans leur pays, c&#8217;est juste leur quotidien.</p>
<div id="attachment_145666" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-32.jpg"><img class="size-full wp-image-145666" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-32.jpg" alt="Un couple marié au Zoo Central, Pyongyang, Corée du Nord © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing" width="800" height="1001" /></a><p class="wp-caption-text">Un couple marié au Zoo Central, Pyongyang, Corée du Nord<br />© Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing</p></div>
<p><strong>Comment les habitants ont-il réagi face à votre démarche ?</strong> Il y a d&#8217;abord eu une grosse surprise, mêlée parfois à de la fierté, de l&#8217;amusement, sachant tout de même que si j&#8217;étais là, c&#8217;est parce que j&#8217;étais autorisé à l&#8217;être, il n&#8217;y avait donc pas de piège. Au final c&#8217;était relativement simple, même si une personne sur trois a refusé de se prêter au jeu.</p>
<p><strong>Qui sont ces gens que vous avez photographiés ?</strong> Difficile de le dire, mais de par les quelques échanges que j&#8217;ai pu avoir avec elles, j&#8217;étais face à des personnes extrêmement fières, éduquées, assez douce et je dirais presqu&#8217;enfantines. Ce régime infantilise énormément sa population. Le leader est le père de la nation, au sens premier du terme, mais à un niveau que nous, Occidentaux, avons du mal à imaginer.</p>
<p><strong>Pourquoi ?</strong> Parce qu&#8217;historiquement, nous ignorons ce qu&#8217;ils ont vécu : la répression chinoise, japonaise, russe, soviétique puis la guerre de Corée qui fut d&#8217;une violence extrême&#8230; Ce peuple a été martyrisé par le monde extérieur, et vit désormais dans une paranoïa tout à fait compréhensible. C&#8217;est aussi cela qui m&#8217;a poussé à mener ce projet. Ce régime perdure depuis plus de 70 ans. Pratiquement toutes les grandes dictatures africaines, sud-américaines et même de l&#8217;Europe de l&#8217;Est se sont éteintes car il y a eu des révolutions. En Corée du Nord, non. Pourquoi ? Selon moi parce que cette population est plus effrayée par le monde l&#8217;extérieur que par son propre gouvernement, malgré tout ce qu&#8217;il lui fait subir.</p>
<div id="attachment_145668" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-34.jpg"><img class="size-full wp-image-145668" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/03/stephan-gladieu-34.jpg" alt="Monument à la fondation du Parti des travailleurs, Pyongyang, Corée du Nord. © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing" width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Monument à la fondation du Parti des travailleurs, Pyongyang, Corée du Nord. © Stéphan Gladieu courtesy School Gallery / Olivier Castaing</p></div>
<p><strong>Pourtant, on observe des gens sourire à travers certaines de vos photographies&#8230;</strong> Oui, c&#8217;est assez étonnant. Lors de son discours marquant le trentième anniversaire de la chute du mur de Berlin, Angela Merkel, qui a grandi en RDA, a dit quelque chose qui m&#8217;a énormément touché : en substance, qu&#8217;il était très difficile pour les gens n&#8217;ayant jamais vécu sous une dictature de comprendre&#8230; qu&#8217;on peut y être heureux. Même si l&#8217;on vit un stress intérieur très fort, sentant que le contrôle est omniprésent, on a malgré tout besoin de moments de félicité, de bonheur. C&#8217;est vital, et humain.</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui vous a le plus marqué lors de vos séjours sous cette dictature ?</strong> Je citerais le propos d&#8217;un de mes guides, qui m&#8217;a dit un jour : &#8221; tu sais, le pays est en train de changer, l&#8217;argent commence à arriver <em>(car les Chinois ne respectent plus l&#8217;embargo)</em>. Je vois ce qu&#8217;on va gagner, mais j&#8217;ai surtout peur de ce qu&#8217;on va perdre&#8221;. Je pense que les Nord-Coréens sentent que le monde extérieur finira par gagner le pays, qu&#8217;il va y avoir une porosité et ça les effraie plus que tout. Nous avons une vision de la Corée du Nord très effrayante, or ses habitants ont tout aussi peur de nous. C&#8217;est à la fois touchant et perturbant. Ils sont près à vivre sous cette dictature plutôt que de suivre notre modèle. Bien sûr il ne faut pas être naïf, des gens la fuient, mais ça reste très compliqué tout de même&#8230;</p>
<p><strong>Les Nord-Coréens perçoivent-ils réellement notre monde ?</strong> Leurs dirigeants et l&#8217;intelligentsia ont étudié à l&#8217;étranger, en Chine ou même en Suisse comme Kim Jong-Un, et connaissent très bien la mondialisation, ce qui se passe en Europe, aux Etats-Unis. Ensuite il existe depuis peu une classe intermédiaire, qui a fondé des entreprises mixtes avec la Chine. Ceux-là importent des clés USB contenant des musiques, des films&#8230; Autre exemple : en 2017 j&#8217;ai croisé un seul type avec un téléphone portable. En 2020, on voyait des gamins avec des portables partout dans le métro, avec un réseau intérieur et contrôlé, certes, mais on observe une propagation de nos habitudes&#8230;</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2023/03/01/stephan-gladieu-3/" target="_blank">A LIRE ICI/ LA VISITE DE L&#8217;EXPOSITION</a></strong></p>
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		<title>Stéphan Gladieu</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2023 23:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[info LM]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Auteur d’une œuvre profondément humaniste et intrigante, quelque part entre l’art et le documentaire (souvenez-vous du projet Homo détritus, présenté dans LM...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Auteur d’une œuvre profondément humaniste et intrigante, quelque part entre l’art et le documentaire (<a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2022/11/01/homo-detritus/" target="_blank">souvenez-vous du projet <em>Homo détritus</em>, présenté dans <em>LM magazine</em> en novembre dernier</a>), Stéphan Gladieu offre un regard inédit sur la Corée du Nord. Durant trois ans, ce photographe français a portraituré les habitants de cette dictature, détournant ses propres codes visuels pour mieux révéler sa propagande. En résulte des images iconiques et lumineuses, brouillant les cartes entre fiction et réalité.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/dQau2wVBHGM" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Stéphan Gladieu</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Nov 2022 08:51:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Homo détritus]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphan Gladieu]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?</strong> Je me suis passionné, très tôt, pour l&#8217;information. Je m&#8217;intéressais aux relations internationales, lisais le journal <em>Le Monde</em>. J&#8217;ai aussi vécu une expérience assez particulière avec mes parents. Quand j&#8217;ai eu 12 ans, nous sommes partis dans la Roumanie de Ceausescu et avons eu un accident de voiture assez grave. Je me suis retrouvé en prise directe avec la population, la police, et me suis alors rendu compte de ce qu&#8217;était une dictature, et par effet miroir une démocratie&#8230; Quelques années plus tard j&#8217;ai voulu étudier l&#8217;économie, en France, mais et il y a eu une erreur administrative à la fac de Nanterre : on m&#8217;a inscrit en mathématiques appliquées aux sciences sociales. L&#8217;année était perdue. J&#8217;ai donc décidé de tenir une promesse et de retourner en Roumanie, là où j&#8217;avais eu cet accident. Nous avions en effet rencontré un homme s&#8217;avérant être le chef de toute la contrebande à la frontière de la Moldavie. Il apportait des biens de consommation aux Roumains. C&#8217;était un type incroyable, avec lequel j&#8217;avais pêché sur le Danube. Je lui avais dit qu&#8217;un jour je reviendrai pour faire quelque chose pour son pays.</p>
<p><strong>Comment cela ?</strong> A l&#8217;époque, Ceausescu mettait en place son &#8220;programme de systématisation&#8221;, soit l&#8217;éradication de villages traditionnels au profit de kolkhozes staliniens. Je voulais dénoncer cette ignominie. Alors, je suis entré en contact avec la dissidence roumaine en France. Ils m&#8217;ont donné des plans pour entrer dans le pays, de quoi survivre sans passer par les hôtels et les endroits où j&#8217;allais être contrôlé. J&#8217;avais 18 ans, avec une petite gueule de gars naïf. J&#8217;ai réussi à tenir 17 jours sur place, sachant qu&#8217;aucun journaliste étranger n&#8217;était resté plus de 48 heures&#8230; Ce fut ma première publication. Mes images ont été diffusées à la télévision, j&#8217;ai été invité à Genève à donner une conférence devant les ambassadeurs des Nations unies. J&#8217;étais le premier à rapporter un témoignage de cette dictature. Ensuite, je suis entré dans une école de journalisme pour en faire mon métier.</p>
<div id="attachment_140540" style="width: 1050px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/homo-detritus.jpg"><img class="size-full wp-image-140540" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/homo-detritus.jpg" alt="Junior Mvunzi Muteba Nzonkatu, Boîte de conserve, quartier de Yolo Nord à Kinshasa, 2020. © Stéphan Gladieu" width="1040" height="1300" /></a><p class="wp-caption-text">Junior Mvunzi Muteba Nzonkatu, Boîte de conserve, quartier<br />de Yolo Nord à Kinshasa, 2020. © Stéphan Gladieu</p></div>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui caractérise votre pratique photographique ?</strong> Je dirais que c&#8217;est une approche humaniste. Durant deux décennies, j&#8217;ai privilégié des problématiques sociétales, comme les droits des femmes, des minorités, en essayant de donner la parole à des gens qui ne l&#8217;ont pas ou peu, d&#8217;être un porte-parole.</p>
<p><strong>Comment votre démarche a-t-elle évolué ?</strong> Il y a eu un vrai changement à partir de 2015. A un moment, j&#8217;en ai eu marre de l&#8217;utilisation par la presse de la symbolique de l&#8217;image, supposant l&#8217;anonymisation des gens. Leur histoire n&#8217;est plus racontée, ils deviennent les symboles d&#8217;une cause. Depuis des décennies, les médias véhiculent une représentation caricaturale de la pauvreté, la guerre, la misère humaine, en traitant ces sujets de façon très dramatique. Cette pratique est dangereuse car elle manque de nuances. On nous livre des réponses toutes faites alors que mon travail cherche surtout à soulever des questions.</p>
<p><strong>Comment expliquer cette dérive ?</strong> Jusqu&#8217;au début des années 1990, on comptait quelques magazines, trois ou quatre chaînes. Puis, en l&#8217;espace de 20 ans, on s&#8217;est retrouvés avec le câble, le satellite, internet, face à un flot d&#8217;images délirant. Selon moi, les gens se sont lassés de ces représentations dramatiques assez culpabilisantes, surtout dans une société de plus en plus individualiste. Aujourd&#8217;hui, je pense que l&#8217;on peut toucher l&#8217;opinion publique avec des photographies positives, colorées, attrayantes mais en même temps qui &#8220;tapent&#8221;.</p>
<p><strong>Comment vous-y êtes vous pris ?</strong> J&#8217;ai ressorti le flash de studio que j&#8217;utilisais pour la photographie institutionnelle, les portraits de personnalités. J&#8217;ai décidé d&#8217;utiliser cette technique pour organiser un système de &#8220;portraits-miroirs&#8221;, c&#8217;est-à-dire une déclinaison un peu ironique de l&#8217;image iconique.</p>
<div id="attachment_140544" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/homo-detritus4.jpg"><img class="size-full wp-image-140544" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/homo-detritus4.jpg" alt="Junior Longa Longa Mosengo, dit &quot;Savant Noir&quot;, L'Homme pneu, quartier de Matonge Kimpwanza à Kinshasa, 2020 © Stéphan Gladieu" width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Junior Longa Longa Mosengo, dit &#8220;Savant Noir&#8221;, L&#8217;Homme pneu,<br />quartier de Matonge Kimpwanza à Kinshasa, 2020<br />© Stéphan Gladieu</p></div>
<p><strong>Qu&#8217;entendez-vous par image iconique ?</strong> Je parle ici de la construction visuelle d&#8217;une icône et de sa symbolique, de son pouvoir. Ce type de représentation a été créé par les orthodoxes et les catholiques. C&#8217;est une image rectangulaire, horizontale. Elle est facile à lire, chatoyante et véhicule un message permettant d&#8217;adhérer à une idéologie religieuse. Cette simplicité lui donne toute sa force. Ce format spécifique a été repris pour assurer la propagande des états communistes ou encore dans la publicité américaine. Cette codification visuelle a successivement servi une idéologie religieuse, puis politique et enfin marketing. Moi, j&#8217;essaie de vendre une idéologie humaniste. Je parle donc de déclinaison ironique car je joue avec ces codes, notamment ceux de la propagande nord-coréenne&#8230;</p>
<p><strong>Comment définirez-vous cette démarche ?</strong> C&#8217;est une pratique artistique et documentaire. Vous pouvez accrocher mes images chez vous, sans vous poser de questions, simplement pour ses qualités esthétiques, mais derrière il y a un fond, une narration, un message. C&#8217;est une façon de s&#8217;impliquer personnellement, avec un choix notable et je ne mens pas à ceux qui posent pour moi. Il n&#8217;y a pas de manipulation. Mais en même temps, ce n&#8217;est pas moi qu&#8217;ils regardent mais vous. J&#8217;instaure un face-à-face, c&#8217;est pourquoi j&#8217;appelle ça les &#8220;portraits-miroirs&#8221; : on en apprend beaucoup sur eux mais aussi sur nous-mêmes.</p>
<p><strong>Comment le livre <em>Homo détritus</em> est-il né ?</strong> D&#8217;une envie ancienne d&#8217;aborder la crise écologique sans pour autant photographier des enfants ramassant des déchets dans des montagnes d&#8217;ordures en Afrique. En refusant tout aspect misérabiliste. Comme je le disais, le public est déjà saturé par ce genre d&#8217;images, elles n&#8217;ont plus d&#8217;impact. Je cherchais donc une autre façon de traiter ce sujet.</p>
<div id="attachment_140541" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/homo-detritus1.jpg"><img class="size-full wp-image-140541" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/homo-detritus1.jpg" alt="Patrick Kitete Bwanakitoko, Babouche, quartier de Kimbangu à Kinshasa, 2020 © Stéphan Gladieu" width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Patrick Kitete Bwanakitoko, Babouche, quartier de Kimbangu à Kinshasa, 2020 © Stéphan Gladieu</p></div>
<p><strong>Comment l&#8217;avez-vous trouvée ?</strong> Je travaillais sur une autre série (qui va sortir bientôt) à la frontière entre le Bénin et le Nigéria, sur l&#8217;identité africaine à travers l&#8217;animisme et le masque. En effectuant des recherches sur internet, je suis accidentellement tombé sur une photographie d&#8217;une jeune femme portant une tenue entièrement constituée de bouteilles en plastique. Je l&#8217;ai contactée et elle m&#8217;a expliqué qu&#8217;elle appartenait à un collectif d&#8217;artistes de Kinshasa, &#8220;Ndaku ya, la vie est belle&#8221;, composé d&#8217;enfants des rues et d&#8217;anciens élèves des Beaux-arts. Ils récupèrent les déchets, une matière gratuite qu&#8217;ils trouvent à foison, pour fabriquer leurs costumes et dénoncer leurs conditions de vie. Pour les aider à conceptualiser leur projet, j&#8217;ai vécu avec eux dans un squat d&#8217;un quartier délabré de Kinshasa. C&#8217;est un travail collaboratif car ces artistes ont été rémunérés pour le temps passé avec moi. La diffusion presse m&#8217;a permis de rembourser l&#8217;investissement initial. Ils touchent un pourcentage sur les tirages vendus.</p>
<p><strong>Pouvez-vous nous rappeler le contexte, la situation de la République démocratique du Congo ?</strong> C&#8217;est l&#8217;une des régions les plus riches du monde en termes de ressources naturelles, les sous-sols regorgent de cobalt, de diamants, de pétrole ou de coltan, ce minerai avec lequel sont conçus les condensateurs de nos portables. Pourtant, c’est le huitième pays le plus pauvre de la planète. Depuis des décennies, ses richesses sont exploitées sans aucune équité commerciale par des compagnies internationales pour fabriquer des produits manufacturés que les Congolais ne peuvent même pas se payer. Ces objets finissent par leur revenir, mais sous forme de déchets issus de pays industrialisés qui en délocalisent le recyclage pour ne pas en assumer le coût… c’est d’un cynisme extraordinaire. A Kinshasa ces détritus servent, par exemple, à remblayer des zones humides, pour revendre des mètres carrés de terrain ou laisser s&#8217;implanter des bidonvilles. Les gens vivent parfois au-dessus de cinq ou six mètres de déchets, avec des feux souterrains qui se propagent lentement. C&#8217;est une pollution délirante ! Les Congolais ne sont pas responsables de cette situation mais c&#8217;est nous qui en tirons tous les bénéfices de façon complètement aveugle. Et c&#8217;est la même problématique au Sénégal, au Ghana, mais aussi dans d&#8217;autres pays en Amérique latine, en Asie&#8230;</p>
<div id="attachment_140543" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/homo-detritus3.jpg"><img class="size-full wp-image-140543" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/homo-detritus3.jpg" alt="Bowandundu Musafiri Master, dit &quot;Chaka&quot;, L'Homme rasoir, quartier de Selembao à Kinshasa, 2020 © Stéphan Gladieu" width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Bowandundu Musafiri Master, dit &#8220;Chaka&#8221;, L&#8217;Homme rasoir,<br />quartier de Selembao à Kinshasa, 2020<br />© Stéphan Gladieu</p></div>
<p><strong>Peut-on parler de résilience dans ce projet, <em>Homo détritus</em> ?</strong> Oui, moi je ne suis que le photographe, le vecteur, je transmets leur message mais c&#8217;est bien eux qui vivent au quotidien parmi ces saletés, dans cette misère, et ils créent pour exister. Il y a ici une approche poétique mais aussi humoristique voire spirituelle : le masque africain est intégral, il recouvre tout le corps. Il est censé représenter un esprit. Quand les colons occidentaux sont arrivés avec leur religion ils ont balayé cette tradition animiste, la comparant à de la sorcellerie. Ces artistes les réinventent ici avec ce qui tue la nature et la terre. Ils se représentent ensevelis sous les déchets, comme des spectres naissant des tas d&#8217;ordure. Cet esprit est celui d&#8217;un combat, d&#8217;un cri. C&#8217;est une façon de dire : &#8220;même sous les déchets que tu m&#8217;envoies je suis toujours debout et je t&#8217;emmerde !&#8221; Leur force vitale est incroyable.</p>
<p><strong>Au delà de la situation en RDC, cette série est aussi une allégorie de la catastrophe écologique planétaire qui nous guette&#8230;</strong> Complètement, on part d&#8217;une situation précise à Kinshasa pour parler plus globalement de la surconsommation. Tout cela devrait logiquement appeler à une réflexion sur la façon dont on consomme en quantité et en qualité : c&#8217;est-à-dire des choses dont on a réellement besoin ou durables. Regardez le marché des vêtements qui a explosé, ne seraient-ce que les tongs, conçues en mousse expansée, laquelle met 400 ans à disparaître et qui étouffe la faune, la flore, les océans&#8230; Ces détritus vont conduire à notre perte. Nous sommes les plus riches de ce côté du monde. C&#8217;est à nous de renoncer à tout cela pour préserver notre planète, et rendre sa dignité à ces populations oubliées. L&#8217;apocalypse a déjà lieu mais loin de chez nous, donc ça n&#8217;est pas gênant et personne ici n&#8217;est encore prêt à sacrifier son petit confort&#8230; J&#8217;aimerais que ce travail favorise une prise de conscience. On peut parler de résilience de leur côté, mais c&#8217;est aussi un cri. Ce sont des survivants. Je les trouve héroïques.</p>
<div id="attachment_140547" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/homo-detritus6.jpg"><img class="size-full wp-image-140547" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/homo-detritus6.jpg" alt="Arnold Nginbi Etabe, Poisson et tomate, quartier de Kalamu à Kinshasa, 2020." width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Arnold Nginbi Etabe, Poisson et tomate, quartier de Kalamu à Kinshasa, 2020.</p></div>
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		<title>Homo détritus</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2022 08:05:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Homo détritus]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphan Gladieu]]></category>
		<category><![CDATA[Wilfried N'Sondé]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Mais d&#8217;où viennent ces étranges créatures ? Par quel miracle tiennent-elles debout ? Mi-humaines mi-robots, elles semblent surgir spontanément d&#8217;une terre polluée à outrance. En fait, ces silhouettes à la fois surprenantes et inquiétantes sont l&#8217;oeuvre du collectif &#8220;Ndaku ya, la vie est belle&#8221;, fondé par Eddy Ekete Mombesa. Installés à Kinshasa, en République démocratique du Congo, ces artistes ont réalisé des costumes à partir d&#8217;une matière qu&#8217;ils trouvent à foison et gratuitement : les déchets. Bouteilles et gobelets en plastique, boîtes de conserve, canettes en aluminium, vieux pneus, composants électroniques usagés&#8230; De ce point de vue, leur environnement ne manque de rien et cette série, aussi fantasque soit-elle, dénonce une dramatique réalité.</p>
<p><strong>De belles ordures</strong></p>
<p>Deuxième plus grand pays d&#8217;Afrique, la RDC bénéficie d&#8217;un des soussols les plus riches au monde. Celui-ci regorge de diamants, d&#8217;or, de pétrole ou de coltan – ce minerai avec lequel sont conçus les condensateurs de nos portables.<em> « Pourtant, c&#8217;est le huitième pays le plus pauvre de la planète</em>, rappelle Stéphan Gladieu, le photographe qui a sublimé ce projet. <em>Depuis des décennies, ses ressources sont exploitées sans aucune équité commerciale par des compagnies internationales pour fabriquer des produits manufacturés que les Congolais ne peuvent même pas se payer. Ces objets finissent par leur revenir, mais sous forme de déchets issus de nations industrialisées qui en délocalisent le recyclage pour ne pas en assumer le coût&#8230; c&#8217;est d&#8217;un cynisme extraordinaire</em> ». Envoyées par bateaux, ces montagnes d&#8217;ordures impossibles à traiter s&#8217;amoncellent au coin des rues, tapissent les routes&#8230; <em>« Elles servent aussi à remblayer des zones humides pour bâtir des terrains et y implanter d&#8217;autres bidonvilles »</em>. Soit un scandale écologique et humanitaire perdurant en toute impunité.</p>
<div id="attachment_140547" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/homo-detritus6.jpg"><img class="size-full wp-image-140547" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/11/homo-detritus6.jpg" alt="Arnold Nginbi Etabe, Poisson et tomate, quartier de Kalamu à Kinshasa, 2020." width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">Arnold Nginbi Etabe, Poisson et tomate, quartier de Kalamu à Kinshasa, 2020.</p></div>
<p><strong>Bas les masques </strong></p>
<p>Malgré tout, le collectif &#8220;Ndaku ya, la vie est belle&#8221; a tiré de cette catastrophe une démarche artistique témoignant d&#8217;une incroyable force vitale. En somme, la résilience à l&#8217;état pur. Loin de tout apitoiement, leurs Homo detritus sont <em>« comme un poing levé au nez de la misère</em> », pour citer l&#8217;écrivain Wilfried N&#8217;Sondé, qui signe les textes de ce magnifique livre. Utilisés lors de performances improvisées dans les rues de Kinshasa pour sensibiliser la population, ces masques africains (qui recouvrent tout le corps, dans cette culture) servent une procession qui<em> « transcende la laideur et la pestilence »</em>. Ils réactivent, aussi, un lien profond avec la tradition animiste du pays, autrefois balayée par les colons occidentaux sur l&#8217;autel du christianisme. Enfin, tels des esprits (ou des super-héros), ces personnages alertent le monde sur la probable apocalypse qui guette. On parle ici d&#8217;une surconsommation désormais intenable, d&#8217;exploitation de ressources finies, de gaspillage&#8230; <em>« Ce ne sont pas eux les responsables de cette situation mais nous, les pays riches, qui en tirons tous les bénéfices de façon complètement aveugle</em> ». À nous d&#8217;ouvrir les yeux.</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=141107" target="_blank">A LIRE ICI / L&#8217;INTERVIEW DE STEPHAN GLADIEU</a></strong></p>
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