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	<title>LM magazine &#187; Portraits de famille</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Philippe Debongnie</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Apr 2017 14:32:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Bruxelles]]></category>
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		<category><![CDATA[Philippe Debongnie]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits de famille]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quel est votre parcours ?</strong><br />
Après mes études secondaires, je suis parti un an aux Etats-Unis. A ce moment-là j&#8217;hésitais entre la médecine et des études artistiques. De retour en Belgique, j&#8217;ai suivi des cours d&#8217;illustration à l&#8217;Ecole de Recherche Graphique, à Bruxelles où je vis toujours. Et puis, pour de bonnes et de mauvaises raisons, j&#8217;ai travaillé dans l&#8217;informatique durant cinq ans&#8230; Pour renouer avec la dimension créative, j&#8217;ai enseigné dans des instituts artistiques, me remettant doucement à dessiner.</p>
<p><strong>Quel a été le déclic ?</strong><br />
Tout a changé à la naissance de ma fille, il y a sept ans. Je voulais qu&#8217;elle ait un papa qui aime son boulot, quitte à emprunter un parcours moins confortable.</p>
<p><strong>Comment présenteriez-vous votre travail ?</strong><br />
Difficile d&#8217;en parler de manière générale, il y a un peu de tout&#8230; voyez les images ! Mais celles-ci ont tout de même un point commun. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Chacune de mes créations réserve une place au spectateur. Elles ne sont jamais complètement achevées, ce sont plutôt des déclencheurs d'histoires">Chacune de mes créations réserve une place au spectateur. Elles ne sont jamais complètement achevées, ce sont plutôt des déclencheurs d&#8217;histoires</span>. Dans mes portraits, il y a toujours des taches, des zones libres favorisant toutes les interprétations.</p>
<p><strong>Est-ce le cas de votre série sur les jazzmen ?</strong><br />
En effet, j&#8217;ai essayé de trouver un équilibre entre le réalisme &#8211; permettant d&#8217;identifier l&#8217;artiste- et l&#8217;abstrait. Je ne vise pas un résultat &#8220;fini&#8221;, trop proche de la photo. Je préfère que le spectateur, observant ces lignes et taches, se dise : &#8220;c&#8217;est dingue, elles dessinent un portrait !&#8221;. J&#8217;obtiens ces images grâce à la technique du lavis, en mélangeant de l&#8217;eau et de l&#8217;encre. C&#8217;est très simple, je ne suis pas un grand technicien.</p>
<p><strong>Pourquoi ces portraits ?</strong><br />
<span class="has-pullquote" data-pullquote="J'ai toujours adoré le jazz. Je me sens proche de cette musique qui affiche une grande liberté de création.">J&#8217;ai toujours adoré le jazz. Je me sens proche de cette musique qui affiche une grande liberté de création.</span> Et puis visuellement, c&#8217;est un univers passionnant, peuplé de photos en noir et blanc que l&#8217;on connaît tous. Je voulais en livrer ma propre version. Ces musiciens ont des &#8220;gueules&#8221;. Je les représente à l&#8217;arrêt, sans instrument, leurs visages sont suffisamment expressifs. Le fait de célébrer leur musique à travers leurs seules figures était un défi !</p>
<p><strong>Dans un tout autre genre, qu&#8217;en est-il de ces photos anciennes, présentant des humains avec des têtes d&#8217;animaux ?</strong><br />
Tout est parti d&#8217;un album de famille. J&#8217;ai des parents qui ne savent rien jeter et en fouillant je suis tombé sur ces vieilles photos. J&#8217;ai ensuite élargi cette série à d&#8217;autres familles. Ces clichés reposant sur une mise en scène, avec des temps de pose énorme, sont vraiment étonnants. Il y a cinq ans, j&#8217;ai prolongé ce travail en y apposant des têtes d&#8217;animaux. Quand cela fonctionne, on perçoit une personnalité derrière ces compositions. J&#8217;envisage d&#8217;aller plus loin, en associant des textes à ces photos, pour dresser un arbre généalogique où raconter des histoires (un lion qui accoucherait d&#8217;une tortue par exemple). J&#8217;imagine une sorte d&#8217;univers parallèle dans lequel on pourrait se promener.</p>
<p><strong>Pouvez-vous enfin nous parler de vos &#8220;paysages typographiques&#8221; ?</strong><br />
Les lettres sont réalisées via Illustrator, en vectoriel, puis intégrées à des images grâce à Photoshop. Ma source principale provient des brocanteurs. En cherchant des cadres pour mes propres portraits de famille, j&#8217;ai récupéré un tas d&#8217;images défraîchies, vieillottes qui m&#8217;ont inspiré cette série.</p>
<p><strong>Que voulez-vous exprimer ici ?</strong><br />
Ce travail est le plus signifiant, les autres étant plus poétiques. C&#8217;est une critique de toute une série de principes, de conventions sociales&#8230; Prenons par exemple cette illustration traitant de la mondialisation. Dans cette image, des ouvriers sont en train de fabriquer de petits logos de marques bien connues. L&#8217;exploitation de l&#8217;Homme perdure, mais ailleurs, loin de nous, par exemple en Chine où l&#8217;on conçoit des gadgets pour les Occidentaux. C&#8217;est pour moi un impératif moral de questionner cela.</p>
<p><strong>Cultivez-vous volontairement cette grande variété de styles ?</strong><br />
C&#8217;est une question que je me pose moi-même (rires). En tous cas, je souhaite que mon travail évolue, reste vivant. J&#8217;ai auparavant occupé un boulot assez classique, plus rangé, et désormais je me dis : &#8220;fais ce que tu veux, on n&#8217;a qu&#8217;une vie !&#8221;</p>
<hr />
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-69582" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/04/lm_debongnie_jazz_john_coltrane-120x76.jpg" alt="" width="120" height="76" />    A LIRE AUSSI : <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2017/04/01/philippe-debongnie/">Le portrait de Philippe Debongnie</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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