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	<title>LM magazine &#187; Pochoirs</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Kelu Abstract</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Dec 2024 06:25:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Les murs ont des oreilles, paraît-il&#8230; et plus sûrement des yeux. Difficile en effet de ne pas se laisser happer par le regard perçant de ces personnages surgissant au coin de la rue, et dont l’expression intrigue. Sont-ils mélancoliques, fiers, voire dédaigneux! ? <em>« Ça, c’est à vous de décider, suggère Kelu Abstract. Ils n’affichent pas d’émotions marquées, à chacun d’y projeter les siennes »</em>. De notre côté, c’est plutôt un sentiment d’émerveillement qui domine devant ces oeuvres exécutées dans différentes nuances de blanc, de noir et de gris – avec parfois de subtiles touches de couleur ajoutées au pinceau. Ces portraits mêlent le réalisme de la photographie (l’un des dadas de l’artiste) à l’éclat de la peinture, marquant le style littéralement humaniste (et le succès) du prénommé Luc – les plus malins auront compris une partie de son blase.</p>
<div id="attachment_166360" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/12/kelu-abstract1.jpg"><img class="size-full wp-image-166360" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/12/kelu-abstract1.jpg" alt="(c) Kelu Abstract" width="1000" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">(c) Kelu Abstract</p></div>
<p><strong>Entre-deux</strong></p>
<p>Celui-ci fut éducateur spécialisé durant une quinzaine d’années avant de vivre de son art, façonné en autodidacte. <em>« En parallèle de mon boulot, je peignais dans la cave de ma maison, au départ des toiles plutôt abstraites, d’où la seconde moitié du pseudo</em>, explique ce père de cinq enfants. <em>Un jour, je me suis mis à les poser dans la rue pour voir les réactions des gens. Certains les déplaçaient, d’autres les ramenaient chez moi&#8230; j’aimais bien ces interactions. Ensuite, je suis passé aux affiches sur papier »</em>. Puis, de fil en aiguille, au pochoir, désormais sa technique de prédilection, à l’instar de Jef Aérosol, <em>« le maître », </em>dit-il, avec qui il collabore régulièrement (et joue de la basse au sein du groupe folk-rock Open Road). Dans le même temps, il a aussi délaissé l’abstraction pour la figuration.</p>
<div id="attachment_166361" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/12/kelu-abstract2.jpg"><img class="size-full wp-image-166361" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/12/kelu-abstract2.jpg" alt="(c) Kelu Abstract" width="1000" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">(c) Kelu Abstract</p></div>
<p><strong>En haut de l’affiche</strong></p>
<p>Ses portraits subliment essentiellement des anonymes, <em>« afin que les passants y retrouvent un peu d’eux-mêmes »</em>. Des « tronches » qu’il prend photo, au détour d’une rencontre, ou déniche au hasard de ses pérégrinations sur le web avec une préférence pour <em>« les personnages un peu androgynes, des mecs avec des traits féminins ou des nanas aux cheveux courts, toujours un peu entre deux »</em>. Mais pile à l’endroit de la beauté, à l’image du <em>Harlem Dude</em>, son <em>« portrait totem ».</em> En constante évolution, ses créations dressent un pont entre l’atelier et l’espace urbain grâce à <em>« des tons un peu &#8220;béton&#8221;, des textures rugueuses rappelant celles des murs »</em>. À Marcq-en-Baroeul où il expose ces jours-ci, on découvre ainsi de nouvelles séries, soit des peintures agencées sur des fonds constitués d’affiches découpées et collées, au fil de couloirs recouverts de graffs ou de tags, <em>« histoire de ramener la rue dans la galerie »</em>. Et de l’épater, sans aucun doute.</p>
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		<title>Jaune</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Apr 2018 04:20:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[Banksy]]></category>
		<category><![CDATA[Bruxelles]]></category>
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		<category><![CDATA[Urbanisme]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Bruxelles, commune de Saint- Gilles, par un froid matin de mars. Bonnet vissé sur la tête, petites lunettes rondes et cigarette (qui fait rigoler) au bec, <a href="https://www.art-of-jaune.com/" target="_blank">Jaune</a> nous reçoit dans son vaste atelier, partagé avec un couturier, des vidéastes, un restaurateur de vélos… «<em> Bienvenue dans ma favela ! Bon, ne faites pas attention, c&#8217;est toujours le bazar…</em> ». Logique. Ici, les agents d&#8217;entretien se la coulent douce, trop occupés à cloper ou picoler, à jouer aux quilles avec des pneus ou se bastonner façon village gaulois dans <em>Astérix</em>. À sa décharge, cette bande de fainéants assure depuis 2011 un joli succès à notre hôte. L&#8217;artiste belge s&#8217;est rendu célèbre en envahissant les rues de la planète avec ses &#8220;p&#8217;tits gars&#8221; de 35 cm de haut. <img class="alignright size-medium wp-image-84005" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/04/dscf0485-copie-300x200.jpg" alt="Stavanger, Norvège, 2016" width="300" height="200" />Ses discrètes mises en scène ou grandes fresques sont visibles des Etats-Unis à l&#8217;Ecosse, en passant par l&#8217;Italie, le Portugal et, surtout… Ostende. «<em> Oui, c&#8217;est sans doute la ville où on trouve le plus de mes créations, grâce au festival <a href="http://www.thecrystalship.org/site/fr/" target="_blank">The Chrystal Ship</a> dont je suis un peu la mascotte</em> ». Ses pochoirs représentent essentiellement des éboueurs, héros de scénarios barrés, et franchement hilarants : ici planqués derrière un mur et armés de battes de baseball, là s&#8217;oubliant discrètement sur le bord d&#8217;une fenêtre – oui, c&#8217;est du propre !</p>
<p><strong>Hommes invisibles </strong></p>
<p>Comment Jonathan Pauwels a-t-il eu cette brillante idée ? De sa propre expérience. « <em>Durant mes études de graphisme à Saint-Luc, je travaillais en parallèle comme balayeur à Bruxelles. J&#8217;ai découvert la condition de ces ouvriers, </em>raconte le trentenaire (qui doit son blase à un ami grenoblois incapable de prononcer &#8220;John&#8221; correctement)<em>. Ils ont beau être habillés en fluo, ils sont invisibles, personne ne les calcule alors que sans eux on croulerait sous nos propres déchets ! Je me suis vite rendu compte du poids métaphorique de ce personnage</em> ». S&#8217;agit-il de rendre hommage à ces travailleurs de l&#8217;ombre ? «<em>Oui, mais chez moi, ils ne bossent pas ! <span class="has-pullquote" data-pullquote="Quitte à faire partie du décor, autant en profiter pour déconner, non ? Tout le décalage vient de là : ils sont supposés nettoyer le monde mais provoquent le chaos.">Quitte à faire partie du décor, autant en profiter pour déconner, non ? Tout le décalage vient de là : ils sont supposés nettoyer le monde mais provoquent le chaos.</span> Dans le même genre, j&#8217;ai aussi dessiné des policiers ouvrant des bières avec leurs flingues, des militaires armés de pistolets à eau. Et si je devais réaliser une série sur les pompiers, ils provoqueraient des incendies pour allumer un barbecue, voyez ?</em> ». Parfaitement. Voilà une belle ode au désordre, à l&#8217;oisiveté « <em>et même une glorification de la paresse, dans un monde où il faut toujours produire plus</em> ».</p>
<p><strong>Jeux de mots</strong></p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-84014" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/04/n7hd-bis-300x300.jpg" alt="(c) Jaune" width="300" height="300" />Concrètement, Jaune utilise une technique semblable à celle de <a href="http://banksy.co.uk/" target="_blank">Banksy</a>, qui l&#8217;a beaucoup influencé. Ses pochoirs sont conçus d&#8217;après photos (de ses potes ou de véritables agents, car «<em> il y en a toujours un en train de glander</em> »), puis dessinés à la tablette graphique avant d&#8217;être imprimés et découpés. Le Bruxellois a ainsi façonné près de 150 personnages, figés dans des postures précises. « <em>Je considère mon travail comme un exercice d&#8217;écriture. Chacun de ces bonshommes est un mot, adoptant une position unique. Je les ai classés en plusieurs catégories : il y a ceux qui se battent, picolent, transportent des choses, ceux qui interagissent avec la ville, escaladent, sautent… Il y a des tas de combinaisons possibles. Je parviens à raconter beaucoup d&#8217;histoires avec un vocabulaire restreint</em> ». Le Belge a aussi créé moult éléments de décors (des bancs, des poteaux électriques, des arrêts de bus…) mais laisse libre cours à son imagination en jouant avec le mobilier urbain : gouttières, transformateurs ou plaques d&#8217;égout… tout est bon pour s&#8217;amuser ! Question petit mec impertinent, le Manneken-Pis peut aller se rhabiller –<a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2018/04/01/garderobe-mannekenpis/" target="_blank"> ce qu&#8217;il fait souvent d&#8217;ailleurs…</a></p>
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