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	<title>LM magazine &#187; Philippe Danel</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<pubDate>Fri, 27 Dec 2013 14:10:12 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est un drôle de ballet auquel on assiste, plusieurs fois dans l&#8217;année, du côté de la place Mendès-France : à la mi-journée, des centaines de personnes convergent vers le Nouveau Siècle pour en ressortir 45 minutes plus tard, la mine ravie et des étoiles plein les yeux – plein les oreilles, plutôt, puisque ces mélomanes avertis ou simples amateurs viennent d&#8217;assister à un concert-flash. Un quoi ? Une représentation durant la pause casse-croûte. Mais quelles notes se marient avec le jambon-beurre ? « <em>Toutes</em>, répond Philippe Danel dans un sourire. <em>Depuis le début, les concerts-flash ont été servis par l&#8217;orchestre complet, un solo de clarinette ou encore un un pianiste jazz comme Baptiste Trotignon</em> ». Belle façon d&#8217;annoncer le concert du soir, et les couleurs défendues par l&#8217;Orchestre national de Lille. Belle façon, aussi, de toucher d&#8217;autres publics. « <em>À l&#8217;origine</em>, se souvient le directeur, <em>nous voulions toucher les retraités qui ne sortent pas forcément le soir, et titiller la curiosité des étudiants. Mais en sus de ce public, de nombreux salariés qui travaillent à proximité sont venus. D&#8217;autant que certains habitent loin de Lille</em> ».</p>
<p><strong>Porter la musique partout où elle peut être reçue.<br />
</strong>Ces mots sont de Jean-Claude Casadesus, fondateur, âme et figure de proue de l&#8217;o.n.l., dont l&#8217;aura dépasse largement la région Nord-Pas de Calais et la musique classique. Des mots qui définissent à merveille la ligne directrice d&#8217;un orchestre fondé en 1976 et  qui, depuis, n&#8217;a cessé de propager la musique (et son amour) à travers la région – et aux quatre coins du globe, aussi : en septembre dernier, l&#8217;ensemble se produisait au Kazakhstan, et s&#8217;envolera bientôt vers la Chine. Le tout sans jamais délaisser notre territoire, des hôpitaux aux prisons en passant par plus de 250 communes en 38 ans d&#8217;existence. Ce chiffre donne le tournis ? L&#8217;important est ailleurs : ce qui est présenté à Arras, Hénin-Beaumont ou Orchies est identique à ce qui est joué à l&#8217;auditorium de Lille. Cuisine et dépendances Un auditorium flambant neuf, longtemps attendu et enfin construit, véritable écrin pour les musiciens. « <em>L&#8217;orchestre a besoin de la salle comme le violon, de sa caisse de résonance,</em> explique Philippe Danel. <em>C&#8217;est le même principe que les enceintes retour d&#8217;un guitariste électrique. Sans ce retour, les artistes sont trop dépendants du chef d&#8217;orchestre</em> ». Tiens, parlons-en du chef. À plusieurs reprises, l&#8217;o.n.l. a convié d&#8217;autres maestros, tels James Judd. Mais la partition ne change pas. À quoi bon, alors ? « <em>Une partition n&#8217;est qu&#8217;une suite de signes à interpréter</em>, poursuit Philippe Danel. <em>Les notes sont précises, certes. Mais lorsqu&#8217;est indiqué &#8220;lent&#8221;, que faire ? C&#8217;est l&#8217;interprétation du chef. Chacun a sa patte, son nuancier, son répertoire de prédilection</em>». Enfin, pour ceux qui voudraient en savoir plus, l&#8217;o.n.l. montre parfois ses coulisses : les répétitions ouvertes permettent à chacun de découvrir le travail quotidien des violonistes, cuivres et autres percussionnistes. Ces moments d&#8217;intimité ouverts à tous permettent, une fois de plus, de briser les derniers clichés sur une musique réputée inaccessible.</p>
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<p><strong>Son &amp; Lumière</strong><br />
Défi de musiciens, relecture d’œuvres légendaires, volonté d&#8217;apporter un supplément visuel à la musique – ou l&#8217;inverse, les ciné-concerts se ramassent à la pelle : <em>Mad Max</em> par Montgomery, <em>Eraserhead</em> par Cercueil, <em>Desperado</em> par Bikini Machine&#8230; Et l&#8217;o.n.l. n&#8217;est pas en reste. Si on imaginait volontiers l&#8217;ensemble donner du coffre à <em>Barry Lindon</em> ou <em>2001 L&#8217;Odyssée de l&#8217;Espace</em>, deux bobines indissociables de la grande musique, l&#8217;orchestre a surpris une première fois en s&#8217;attaquant à… Matrix. « O<em>n touche ainsi un public différent, et une corde sensible,</em> s&#8217;enthousiasme Philippe Danel. <em>La plupart des spectateurs n&#8217;avaient jamais entendu un orchestre en live. La puissance de cent musiciens est phénoménale. Ça vous traverse</em> ». Cette année, avant le Cuirassé Potemkine (1925) d&#8217;Eisenstein – avec la partition de Chostakovitch – ou les grands thèmes de John Williams pour Steven Spielberg, c&#8217;est le chef-d’œuvre de Walt Disney, Fantasia, qui sera mis à l&#8217;honneur. Ou plutôt Fantasia/ Fantasia 2000, soit un mélange des deux longs-métrages, respectivement sortis en 1940 et 1999. L&#8217;occasion de croiser la fameuse souris, Donald et Daisy avec le son de Beethoven, Debussy, Dukas, Elgar, Ponchielli, Respighi, Stravinsky, Tchaïkovski&#8230; Décidément, l&#8217;o.n.l, c&#8217;est pas des mickeys.</p>
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