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	<title>LM magazine &#187; Opéra Paris</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Peter Grimes</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Feb 2023 01:44:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Théâtre & Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Deborah Warner]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Peter Grimes]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Peter Grimes</em> est le tout premier opéra du compositeur anglais Benjamin Britten. Il fut créé pendant la Seconde Guerre mondiale, mais Deborah Warner en propose une adaptation moderne, plaçant l&#8217;action dans une ville côtière de l’Angleterre frappée par le chômage, de nos jours. Les docks sont jonchés de caisses en plastique, de plots orange&#8230; Dès le prologue, Grimes (le ténor Allan Clayton) est cerné dans son sommeil par des gens brandissant une lampe de poche. Il est accusé d’avoir provoqué la mort de son apprenti en mer, lequel n&#8217;en finit plus de le hanter. L&#8217;homme se défend, appelle à la compassion et dénonce <em>« le destin aveugle »</em>. Mais contre la rumeur, la lutte reste vaine. Le texte de Montagu Slater est porté avec émotion par Clayton. Ses prouesses vocales et son sens mélodique traduisent la souffrance de ce personnage incompris, le marginal du village. L&#8217;allure imposante de ce colosse à la barbe épaisse (un physique d&#8217;ogre) contraste avec ses pas hésitants. Prompt à regagner la mer, Grimes espère devenir riche grâce à la pêche et épouser l’institutrice Ellen Orford (la soprano Maria Bengtsson). Tout en douceur, celle-ci le soutient de sa voix consolante. Le capitaine Balstrode, interprété par le célèbre baryton Simon Keenlyside, conseille à Grimes de quitter la ville. Une barque est suspendue au-dessus du plateau, telle une épée de Damoclès&#8230;</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/PTithiNNMy4" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Le chant du paria </strong></p>
<p>Dans le pub tapissé de papier-peint défraîchi, la foule se presse trempée par l’orage. Les effets musicaux liés aux ouvertures et fermetures de la porte sont d&#8217;ailleurs saisissants. Quand Peter Grimes arrive à son tour, la musique s’assombrit, le malaise est palpable. Lorsqu’il tente de se mêler à un chant, il en est aussitôt exclu&#8230; A l’arrivée d’un garçonnet, l&#8217;antipathique pasteur Bob Boles (John Graham-Hall) s’insurge du sort des orphelins vendus pour devenir des mousses. Grimes emporte l’enfant, son nouvel apprenti, car il lui faut beaucoup travailler pour atteindre son but, mais le sort s’acharne une fois encore&#8230; En dépit de sa noirceur, cette œuvre est parfois traversée d&#8217;humour grâce à l’ingéniosité la mise en scène et l&#8217;interprétation. Dans la lignée de Britten, Deborah Warner traduit l’impossible dialogue entre une communauté défavorisée et l’altérité incarnée par Peter Grimes, faisant plus que jamais vibrer la corde sensible.</p>
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