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	<title>LM magazine &#187; la Cité de la dentelle et de la mode</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Maurizio  Galante &amp; Tal Lancman</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 04:01:03 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a des expositions qui classent et d&#8217;autres qui décloisonnent. Celle que Calais consacre au duo Galante-Lancman appartient résolument à la seconde famille. Pour la première fois, le <a href="https://mba.calais.fr/" target="_blank">Musée des beaux-arts</a> et la <a href="https://www.cite-dentelle.fr/" target="_blank">Cité de la dentelle et de la mode</a> unissent leurs espaces autour d&#8217;un même projet, riche de 160 pièces : robes, meubles et objets d&#8217;art ou de design. Deux ambiances distinctes, une seule cohérence poétique. La commissaire Lydia Kamitsis, qui accompagne les deux artistes depuis trois décennies, résume l&#8217;esprit en une formule limpide : <span class="has-pullquote" data-pullquote="« C'est une incitation à aborder la création librement en dehors des cadres contraints »">« C&#8217;est une incitation à aborder la création librement en dehors des cadres contraints »</span>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Beautés hybrides</h3>
<p>Dès l&#8217;atrium de la Cité de la dentelle, la rencontre est saisissante. La <em>Tiger Cloud Installation</em>, 2 500 feuilles de tulle découpées à la main et assemblées par des perles, restitue en taille réelle la silhouette d&#8217;un tigre suspendu dans l&#8217;air, aérien et grave à la fois. Les lampes <em>Altaïca tigris</em>, en forme de crâne de tigre, lui font cortège. L&#8217;ensemble rappelle avec élégance la menace qui pèse sur certaines espèces, mais sans pathos : ici le message passe par la beauté. Plus loin, le <em>Boléro Drago</em> de 1992, dont les triangles d&#8217;organza évoquent l&#8217;écaille d&#8217;un dragon, n&#8217;a rien perdu de son pouvoir de fascination. L&#8217;architecte Zaha Hadid, qui en possédait un exemplaire, y voyait une architecture souple, un vêtement habité par l&#8217;imaginaire, qui n&#8217;appartient plus tout à fait à la mode et pas encore à la sculpture. Le Vase en céramique dorée brodé de fil de laiton (2023) prolonge cette logique, croisant l&#8217;artisanat étrusque et la couture avec une évidence déconcertante.<br />
<img class=" size-medium wp-image-181207 alignleft" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/05/17-tal-lancman-«-parrot-tulip-bud-5-».-photographie-rehaussée-de-peinture-acrylique-2024--tal-lancman-300x300.jpg" alt="17 TAL LANCMAN « Parrot tulip bud 5 ». Photographie rehaussée de peinture acrylique, 2024 © Tal Lancman" width="300" height="300" /></p>
<h3>Éloge du détail</h3>
<p>Au Musée des beaux-arts, l&#8217;atmosphère se fait plus contemplative. Les 21 portraits de tulipes perroquet de Tal Lancman, photographies rehaussées à l&#8217;acrylique, sont l&#8217;aboutissement de quinze années d&#8217;observation patiente. Ces images suivent la fleur de sa naissance jusqu&#8217;à sa momification, révélant dans chaque pétale séché une beauté austère, presque sacrée. Face à elles, des <em>Oiseaux brodés</em> répondent en silence. Avec ces figurines de porcelaine ancienne entièrement recouvertes de plumes d&#8217;organza et de perles de verre (chacune fruit de 300 à 350 heures de travail), le fragile se greffe sur l&#8217;immuable avec grâce. Anne-Claire Laronde, directrice-conservatrice du pôle muséal de Calais, y reconnaît des «<em> objets amis</em> » pensés pour créer du lien. Elle perçoit aussi l&#8217;écho lointain de l&#8217;Arte Povera, magnifié par une maîtrise technique qui élève chaque matière, si humble soit-elle, au rang de merveille.</p>
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		<title>Yves Saint Laurent</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Jul 2023 05:35:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Calais]]></category>
		<category><![CDATA[la Cité de la dentelle et de la mode]]></category>
		<category><![CDATA[Transparences]]></category>
		<category><![CDATA[Yves Saint-Laurent]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>À l&#8217;évocation d&#8217;Yves Saint Laurent surgit d&#8217;abord une image : celle d&#8217;une femme puissante et sensuelle, à son aise dans un vestiaire jusqu&#8217;alors masculin. YSL fut en effet le premier styliste à habiller le sexe dit &#8220;faible&#8221; en tailleur-pantalon, smoking ou saharienne. Le premier, aussi, à dévoiler le corps féminin, <em>« à une époque où on le cachait, surtout dans la haute couture »</em>, observe Shazia Boucher, conservatrice et directrice-adjointe des musées de la ville de Calais. En témoignent ces robes qu&#8217;il a signées pour Christian Dior en 1958, soit <em>« des pièces très structurées, baleinées et qui enfermaient la femme dans un carcan »</em>. Dès l&#8217;été 1966, peu après la fondation de sa propre maison, le jeune créateur s&#8217;émancipe de toutes contraintes pour explorer la transparence du vêtement, notamment grâce à un tissu synthétique nommé Cigaline. Il est d&#8217;abord &#8220;sage&#8221;, révélant (un peu) les bras et raccourcissant les longueurs. Mais deux ans plus tard, en 1968, la <em>See-Through Blouse,</em> comme la baptise la presse américaine, va choquer le public. Cet ensemble smoking-bermuda se porte avec un chemiser translucide, n&#8217;éclipsant plus la poitrine, bien au contraire. La même année, la <em>Nude Dress</em> provoque un beau scandale. Pour cause, elle est entièrement conçue en mousseline transparente, avec des plumes d’autruches ceinturant les hanches !</p>
<div id="attachment_149317" style="width: 778px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/07/yves-saint-laurent1.jpg"><img class="size-large wp-image-149317" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/07/yves-saint-laurent1-768x1024.jpg" alt="Smoking porté par Danielle Luquet de Saint Germain. Collection haute couture printempsété 1968. Photographie de Peter Caine. © Yves Saint Laurent © Peter Caine (Sydney)" width="768" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #0000ff;">Smoking porté par Danielle Luquet de Saint Germain. Collection haute couture printempsété 1968. Photographie de Peter Caine. © Yves Saint Laurent © Peter Caine (Sydney)</span></p></div>
<p><strong>Fenêtres sur corps </strong></p>
<p>À Calais, cette exposition coproduite avec le Musée Yves Saint Laurent Paris réunit une soixantaine de modèles originaux issus des collections de la Fondation Pierre Bergé &#8211; Yves Saint Laurent et de la Cité de la dentelle et de la mode. Thématique, le parcours montre comment &#8220;le petit prince de la haute couture&#8221; joue avec les matières et leur fluidité (organza, tulle, dentelle bien sûr), détourne l&#8217;usage de la lingerie (mettant les dessous dessus) ou souligne les découpes, à l&#8217;image de cette robe présentée en 1996 par Karen Mulder lors d&#8217;un défilé parisien. La robe paraît très sobre vue de face, avec sa coupe stricte et son décolleté carré. Mais en se retournant, le mannequin dévoile deux &#8220;fenêtres&#8221; des plus audacieuses : au niveau du dos&#8230; et des fesses ! Qu&#8217;on ne s&#8217;y trompe pas sur les intentions : <em>« le fait de dévêtir son modèle ne le transforme pas du tout en femme-objet</em>, commente Shazia Boucher. <em>Toute sa vie, Yves Saint Laurent a voulu créer pour une femme décomplexée, lui donner la même aisance et ce sentiment de puissance que les hommes savourent dans leur costume, tout en célébrant sa sensualité et sa beauté</em> ».</p>
<div id="attachment_149320" style="width: 779px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/07/yves-saint-laurent3.jpg"><img class="size-large wp-image-149320" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/07/yves-saint-laurent3-769x1024.jpg" alt="Robe portée par Karen Mulder. Collection haute couture printemps-été 1996. Photo © Yves Saint Laurent © Claus Ohm / DR" width="769" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text"><span style="color: #0000ff;">Robe portée par Karen Mulder. Collection haute couture printemps-été 1996. Photo © Yves Saint Laurent © Claus Ohm / DR</span></p></div>
<p><strong>Le créateur mis à nu </strong></p>
<p>À bien y regarder, cette notion de transparence ne s&#8217;applique pas seulement aux œuvres d&#8217;Yves Saint Laurent, mais aussi à lui-même et à son processus créatif. Outre ce célèbre cliché de <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2017/01/01/jeanloup-sieff/" target="_blank">Jeanloup Sieff</a> l&#8217;immortalisant en tenue d&#8217;Adam, la Cité de la dentelle et de la mode expose ainsi, en vis-à-vis des prototypes, une multitude de documents : ses croquis orignaux ou des écrits plus techniques mais ô combien précieux, comme les feuilles de bible. <em>« Cette fiche sert de base de travail à l’ensemble des intervenants, tout au long de l’élaboration du vêtement</em>, explique Domitille Éblé, curatrice et chargée de collection d&#8217;arts graphiques au Musée Yves Saint Laurent Paris. <em>Elle compile des informations détaillées comme le nom du fournisseur, des échantillons de tissu ou même le nom du mannequin »</em>. Entre chaque vitrine, les photographies de Patricia Canino, monumentales, nous invite littéralement à explorer la matière tandis que des citations du couturier jalonne le parcours, comme une voix discrète mais omniprésente accompagnant les pas du visiteur. D&#8217;ailleurs, laissons-lui le mot de la fin : <em>« L’important avec les transparences, c’est de garder le mystère… Je pense avoir fait le maximum pour l’émancipation des femmes. J’ai créé des vêtements qui entrent tout à fait à leur aise dans le XXIe siècle »</em>.</p>
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