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	<title>LM magazine &#187; Józef Brandt</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Pologne</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Nov 2019 03:42:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Exceptionnelle, cette exposition rassemble près de 130 toiles signées entre 1840 et 1918 par des références comme Jan Matejko, Józef Brandt ou Jacek Malczewski. <em>« Nous voulions montrer de très grands artistes polonais à une période où les nations s&#8217;affirmaient partout en Europe, mais où la Pologne n&#8217;existait plus »</em>, resitue Luc Piralla, directeur adjoint du Louvre-Lens. Ce qui demeurait <em>« un vaste territoire de l&#8217;Est, englobant la Lituanie, l&#8217;Ukraine et la Biélorussie »</em>, fut en effet réparti à la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle entre la Russie, l&#8217;Autriche et la Prusse. Les poètes, musiciens (dont Chopin) et surtout les peintres préservèrent alors une identité nationale qu&#8217;on appellera la &#8220;polonité&#8221;, jusqu&#8217;à la résurrection et l&#8217;indépendance en 1918.</p>
<div id="attachment_106568" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/dsc00390.jpg"><img class="size-full wp-image-106568" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/dsc00390.jpg" alt="Vue d'exposition © Julien Damien Rejtan ou le déclin de la Pologne [Rejtan à la Diète de Varsovie de 1773], Jan Matejko, 1866, huile sur toile, H. 282 cm x L. 487 cm © Château Royal - Varsovie" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Vue d&#8217;exposition © Julien DamienRejtan ou le déclin de la Pologne [Rejtan à la Diète<br />de Varsovie de 1773], Jan Matejko, 1866,<br />huile sur toile, H. 282 cm x L. 487 cm © Château Royal &#8211; Varsovie</p></div>
<p><strong>Le mal du pays</strong></p>
<p>Divisé en sections thématiques, ce parcours chronologique s&#8217;ouvre tout en dramaturgie avec un tableau monumental de Jan Matejko, <em>« alors une véritable star en Europe »</em>. S&#8217;étalant sur près de cinq mètres de large et trois autres de haut, cette toile prêtée par le Château royal de Varsovie montre le noble Tadeusz Rejtan allongé, tentant dans un geste tragique de s&#8217;opposer au premier partage de son pays, en 1772. Un moment dramatique pour le pays, immortalisé par une œuvre iconique et devenue proverbiale. <em>« En Pologne, l&#8217;expression &#8220;il faudra me passer sur le corps&#8221; se traduit par &#8220;faire son Rejtan&#8221;»</em>. La nation est certes rayée de la carte du monde, mais les peintres entretiennent son &#8220;âme&#8221; à travers des scènes de genre et de guerre, des portraits ou paysages&#8230; L&#8217;exposition offre dès lors une formidable découverte artistique et un passionnant voyage dans l&#8217;Histoire.</p>
<p><strong>Glorieux passé</strong></p>
<p>La première salle témoigne ainsi d&#8217;un &#8220;âge d&#8217;or&#8221;, nourri de richesses et de batailles victorieuses, par exemple illustré par Józef Brandt, capturant avec un réalisme saisissant (et un remarquable travail sur la lumière) une parade du roi Jean III Sobieski. Ça n&#8217;a rien d&#8217;anecdotique :  <em><span class="has-pullquote" data-pullquote="« Au XVIIe siècle, l'Europe est à genoux devant la Pologne, seul pays qui fut capable de stopper l'Empire ottoman »">« au XVII<sup>e</sup> siècle, l&#8217;Europe est à genoux devant la Pologne, seul pays qui fut capable de stopper l&#8217;Empire ottoman »</span></em>. Plus loin, le <em>Napoléon à Cheval</em> de Piotr Michalowski (sous haute influence de Géricault) rappelle les rapports étroits unissant la Pologne et la France. En 1807, la création par &#8220;le petit Corse&#8221; du Duché de Varsovie le propulse en héros national. Cet espoir d&#8217;indépendance aboutira sept ans plus tard au Royaume de Pologne… en réalité, dirigé par les Russes. Qu&#8217;importe, la <em>Mazurka de Dombrowski</em>, alors chant des légions polonaises engagées dans l&#8217;armée française, deviendra l&#8217;hymne national – le seul rendant hommage à Bonaparte.</p>
<div id="attachment_106569" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/1_pologne_oe_027-4374.jpg"><img class="size-full wp-image-106569" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/1_pologne_oe_027-4374.jpg" alt="Départ du roi Jean III Sobieski et son épouse, Marie de La Grange d’Arquien du palais de Wilanów Józef Brandt, 1897, huile sur toile, H. 186 cm x L. 326 cm, Musée national - Varsovie © Musée national de Varsovie / Piotr Ligier" width="800" height="460" /></a><p class="wp-caption-text">Départ du roi Jean III Sobieski et son épouse, Marie de La Grange d’Arquien du palais de Wilanów<br />Józef Brandt, 1897, huile sur toile, H. 186 cm x L. 326 cm, Musée national &#8211; Varsovie<br />© Musée national de Varsovie / Piotr Ligier</p></div>
<p><strong>Le réveil</strong></p>
<p>La Pologne est aussi marquée par une grande diversité culturelle, et les artistes témoignent de cette mosaïque de communautés, des paysans d&#8217;Aleksander Gierymski (dont l&#8217;<em>Angélus</em> renvoie furieusement à celui de Millet) aux Houtsoules montagnards de Jarocki. A l&#8217;orée du XX<sup>e</sup> siècle, les peintres de la Jeune Pologne transcendent les courants occidentaux, et ouvrent la voie à la modernité. Citons les <em>Coquelicots</em> de Wojciech Weiss (1902), marqué par l&#8217;expressionnisme de Munch et montrant des enfants s&#8217;éveillant nus dans un champ de coquelicots. Leon Wyczółkowski symbolise quant à lui, dès 1904, la renaissance de son pays avec <em>Le Chevalier aux fleurs.</em> Une œuvre aussi symbolique que prémonitoire, annonçant le retour à l&#8217;état de grâce.</p>
<div id="attachment_106570" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/6_pologne_oe_201-nd_007836_005.jpg"><img class="size-full wp-image-106570" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/10/6_pologne_oe_201-nd_007836_005.jpg" alt="Coquelicots, Wojciech Weiss, 1902-1903, huile sur toile, H. 88 cm x L. 175 cm Musée national - Cracovie © Musée national de Cracovie / laboratory Stock National Museum in Krakow" width="800" height="391" /></a><p class="wp-caption-text">Coquelicots, Wojciech Weiss, 1902-1903, huile sur toile, H. 88 cm x L. 175 cm<br />Musée national &#8211; Cracovie © Musée national de Cracovie / laboratory Stock National Museum in Krakow</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong> _________________Œuvres commentées_________________</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>Stańczyk</em> </strong>(Jan Matejko, 1862. Huile sur toile)</p>
<div id="attachment_106600" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/11/pologne.jpg"><img class="wp-image-106600 size-full" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/11/pologne.jpg" alt="" width="800" height="595" /></a><p class="wp-caption-text">Musée national &#8211; Varsovie © Musée national de Varsovie / Krzysztof Wilczyński</p></div>
<p style="text-align: center;">Durant le XIX<sup>e</sup> siècle, les artistes polonais furent particulièrement influencés par le Français Paul Delaroche. <em>« Il renouvela la peinture d&#8217;histoire en décalant notre regard, racontant l&#8217;événement à travers des scènes plus intimes »</em>, indique Luc Piralla. On retrouve ce parti pris dans ce tableau représentant Stańczyk, célèbre bouffon du roi de Pologne, au XVI<sup>e</sup> siècle. Ici, l&#8217;homme semble abattu, tandis qu&#8217;en arrière-plan la cour s&#8217;amuse lors d&#8217;un bal. On remarque une lettre posée à côté de lui. <em>« Il vient de découvrir la perte de Smolensk en 1514 au profit des Russes, ce qui est une catastrophe, les prémices de la dislocation de la Pologne. La toile renvoie en même temps à un autre événement qui, en 1533, empêchera la reprise de cette même ville »</em>. Dans cette &#8220;synthèse historique&#8221;, Jan Matejko s&#8217;en prend ainsi à la bassesse d&#8217;esprit des nobles polonais, ne voyant pas arriver les futurs malheurs de leur nation. Dans cette toile accusatrice, l&#8217;artiste s&#8217;identifie au bouffon, en lui donnant ses propres traits.</p>
<hr />
<p style="text-align: center;"><em><strong>Melancholia</strong> </em>(Jacek Malczewski, 1890-1894. Huile sur toile)</p>
<div id="attachment_106601" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/11/pologne1.jpg"><img class="wp-image-106601 size-full" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/11/pologne1.jpg" alt="" width="800" height="461" /></a><p class="wp-caption-text">Musée national &#8211; Poznan © MNP – Pracownia Fotografii Cyfrowej MNP / Slawomir Obst</p></div>
<p style="text-align: center;"><em>« C&#8217;est l&#8217;un des chefs-d&#8217;œuvre de Jacek Malczewski</em>, indique Luc Piralla. <em>Le peintre résume ici l&#8217;histoire tragique de son pays au cours du XIX<sup>e</sup> siècle, des insurrections à la répression russe jusqu&#8217;à la déportation en Sibérie, à travers une foule incarnant les trois âges de la vie, au sein d&#8217;un décor évoquant l&#8217;atelier de l&#8217;artiste »</em>. Les personnages tentent en vain de s&#8217;enfuir par la fenêtre, obstruée par une femme toute de noir vêtue et symbolisant la mort. Le peintre est situé tout à gauche du tableau, dans le fond, et semble désabusé devant la vanité de sa tentative de raconter sa Pologne meurtrie&#8230;</p>
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