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	<title>LM magazine &#187; Jeanne Herry</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Garance</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 03:02:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Adèle Exarchopoulos]]></category>
		<category><![CDATA[alcoolisme]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Pour Garance, êtes-vous partie de l&#8217;envie de retravailler avec Adèle Exarchopoulos ? Jeanne Herry : C’est toujours un mélange de déclencheurs et d&#8217;envies. Nous avions...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<h4><strong>Pour <em>Garance</em>, êtes-vous partie de l&#8217;envie de retravailler avec Adèle Exarchopoulos ?</strong></h4>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>Jeanne Herry :</strong> C’est toujours un mélange de déclencheurs et d&#8217;envies. Nous avions pris beaucoup de plaisir sur <em>Je verrai toujours vos visages</em>, et j&#8217;avais aimé filmer un personnage jeune. Je me suis dit que le prochain le serait aussi. Ce n&#8217;était donc pas : «<em> Je vais écrire un film pour Adèle</em> ». C&#8217;est plus mouvant, plus multiple que ça. Mais le fait est qu&#8217;elle m&#8217;a accompagnée : dans ma tête, les traits de Garance empruntaient souvent les siens.</p>
<h4><strong>Incarner cette comédienne hypersensible, qui sombre dans l&#8217;alcoolisme, représentait-il un danger ?</strong></h4>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>Adèle Exarchopoulos :</strong> Les personnages de Jeanne sont très écrits, jusqu&#8217;à la moindre virgule. Aucun risque, donc, de composer avec les tréfonds de l&#8217;âme ou une forme de manipulation, pour obtenir un résultat. Il y a là, au contraire, un vrai travail de respiration.<br />
<strong>J.H. :</strong> Exactement. Quand nous tournons ensemble, nous ne nous faisons pas de mal. Il n&#8217;y a pas de danger de manipulation entre nous. C&#8217;est une collaboration solide, même si Adèle va chercher des émotions en elle.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><img class="aligncenter wp-image-184009 size-full" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/10/garance1.jpg" alt="16614-garance4" width="1000" height="418" /><br />
<strong>Sara Giraudeau : </strong>Et puis je ne crois pas qu&#8217;il y ait ce réflexe façon Actors Studio, qui pousse à s&#8217;identifier au personnage au point de se dire : «<em> Et si ça m&#8217;arrivait à moi ?</em> ».<br />
<strong>A.E. :</strong>  Ça fait du bien de s&#8217;autoriser des choses en se cachant derrière un rôle. Je ne &#8220;cérébralise&#8221; pas tout ça.<span class="has-pullquote" data-pullquote=" Ce qui se passe sur le plateau est aussi une histoire de sensations."> Ce qui se passe sur le plateau est aussi une histoire de sensations.</span> Il est vrai que certaines larmes viennent de la vraie vie, débordent par endroits. L&#8217;exercice de la promo est en réalité plus vertigineux : être soi-même, partager ses impressions, sans se cacher derrière un personnage&#8230; Jouer, c&#8217;est là où je me sens bien, je suis dans ma zone de confort.<br />
<strong>S.G. :  </strong>C&#8217;est pourquoi les comédiens ont parfois l&#8217;air d&#8217;animaux étranges pour qui n&#8217;est pas du métier. On va chercher des sentiments pour nourrir nos personnages. Et en même temps, on peut se cacher derrière eux. à l&#8217;inverse, se retrouver devant vous, en interview, c&#8217;est la chute libre. C’est une tout autre partie du métier qu&#8217;il faut faire, mais qui n&#8217;a rien à voir.</p>
<h4><img class="aligncenter wp-image-184011 size-full" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/10/garance2.jpg" alt="16623-garance7" width="1000" height="418" /><br />
<strong>L’amour que Pauline et Garance se portent est au cœur du film. Nous sauve-t-il de tout ?</strong></h4>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>S.G. : </strong>Je ne crois pas. D&#8217;ailleurs, quand Garance rencontre Pauline, elle rechute encore plus fort.<br />
<strong>J.H. : </strong><span class="has-pullquote" data-pullquote="Non, l'amour ne peut pas sauver les alcooliques de l'addiction.">Non, l&#8217;amour ne peut pas sauver les alcooliques de l&#8217;addiction.</span> C&#8217;est un mécanisme trop puissant pour être vaincu parce qu&#8217;on aime, ou qu&#8217;on est aimé. Hélas, ça ne marche pas comme ça et heureusement on peut se le dire. Je connais des enfants dont la mère, restée alcoolique jusqu&#8217;à la fin de sa vie, les aimait pourtant. Ce n&#8217;est pas une question d&#8217;amour mais d&#8217;alignement de circonstances. L&#8217;histoire d&#8217;amour en fait partie, mais il y a aussi le rôle de l&#8217;addictologue, celui de la sœur de Garance. Il y a aussi le fait que ce soit le bon moment.<br />
<strong>S.G. : </strong>Leur amour n&#8217;est pas plus déterminant que le reste.<br />
<strong>J.H. : </strong>Pour moi, Pauline est un idéal amoureux. Elle incarne la véritable façon d’aimer, celle qui donne sans intention de transformer l&#8217;autre, sans volonté de contrôle, sans réflexe de propriétaire. Prendre soin d&#8217;elle, lui donner de la douceur : c&#8217;est ça aimer ! Ce n&#8217;est pas facile. C’est une quête.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/08WaxJ0KVCw?si=VcJrTlhXsSy5z3JX" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Jeanne Herry, Leïla Bekhti et Élodie Bouchez</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2023/04/01/jeanne-herry-leila-bekhti-elodie-bouchez/</link>
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		<pubDate>Sat, 01 Apr 2023 05:40:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Film]]></category>
		<category><![CDATA[Je verrai toujours vos visages]]></category>
		<category><![CDATA[Jeanne Herry]]></category>
		<category><![CDATA[Leïla Bekhti et Élodie Bouchez]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Pourquoi s’intéresser à la justice restaurative ? Jeanne Herry : Passionnée par les sujets liés à la justice, je comptais d&#8217;abord m&#8217;intéresser...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pourquoi s’intéresser à la justice restaurative ? </strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Jeanne Herry :</span> Passionnée par les sujets liés à la justice, je comptais d&#8217;abord m&#8217;intéresser à un procès. Soit le terrain idéal pour le jeu et la mise en scène. Mais, en me documentant, je suis tombée sur un podcast à propos de la justice restaurative. Trois minutes d’écoute ont suffi à me convaincre. Ce thème suppose des personnages complexes et des scènes aux enjeux très forts.</p>
<p><strong>Avez-vous participé à des séances entre victimes et détenus pour préparer ce film ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.H. :</span> Non, ces rencontres ne sont pas accessibles, pour préserver la sécurité des participants. Et puis ce sont des moments intenses, chargés d’émotion, donc je ne suis pas sûre qu’un visiteur serait le bienvenu.</p>
<p><strong>Alors, comment vous êtes-vous documentée ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.H. :</span> J’ai accumulé de nombreux récits et témoignages. J’ai aussi participé à des formations de médiateur dédiées à la justice restaurative. Dans certains modules, il est question de jeux de rôles durant lesquels on incarne des auteurs et des victimes.</p>
<p><strong>Vous réunissez ici un sacré casting. Aviez-vous déjà des noms en tête au moment de l&#8217;écriture ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.H. :</span> Oui, pour certains personnages. C’est le cas des rôles incarnés par Élodie Bouchez et Leïla Bekhti. J’avais également écrit en pensant à Gilles Lellouche, Miou Miou, Birane Ba et Suliane Brahim. Pour moi, ce sont des boussoles. C’est très agréable d’écrire en pensant aux acteurs, car ça donne une voix et un visage aux personnages. C’est drôle, parce que les deux rôles les plus développés du film, que sont Chloé (Adèle Exarchopoulos) et Nassim (Dali Benssalah), n’ont pas eu d’interprètes pendant longtemps. J’ai rencontré Dali très tard, et Adèle s’est imposée au fil de l’écriture.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/RLNZ-1v6a-U" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>S’agit-il d’un film sur le pardon ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Leïla Bekhti :</span> Il appartient à chacun de pardonner ou pas. Pour moi c’est d&#8217;abord un film sur la réparation. Que ça soit pour les victimes ou les agresseurs.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.H. :</span> Les agresseurs n’ont pas conscience qu’ils participent à ces séances aussi pour eux. Progressivement, ils se rendent compte que les victimes peuvent leur apporter quelque chose. On assiste parfois à des demandes de pardon, mais ce n’est pas le but de la démarche. <span class="has-pullquote" data-pullquote="L’objectif premier est de réparer, et parfois ça passe par la haine.">L’objectif premier est de réparer, et parfois ça passe par la haine.</span></p>
<p><strong>Pourquoi y a-t-il si peu de scènes extérieures ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.H. :</span> Selon moi, mettre en scène le braquage de la supérette, les agressions sexuelles ou le vol à la tire était hors-sujet. Pour soutenir des scènes &#8220;d’action psychologique&#8221;, la tension passe mieux par le verbe. Dans ces séances, parler est un geste fort. Il demande du courage. Comme écouter d’ailleurs.</p>
<p><strong>Élodie, Leïla, comment vous êtes-vous appropriées les personnages ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Élodie Bouchez :</span> Pendant le tournage, des professionnels de la justice restaurative nous ont rendu visite. Les échanges furent passionnants. Cela dit, Jeanne ne nous a pas suggéré ces rencontres. On sait tous qu&#8217;elle se passionne et se documente suffisamment sur le sujet, ne serait-ce qu’à la lecture du scénario.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">L.B. :</span> Je n’ai pas rencontré de victimes pour ma part. À vrai dire, même si j’en avais eu l’occasion, j’aurais trouvé ça indécent. Pour préparer le personnage de Nawell, il importait à Jeanne qu’on apprenne nos monologues à la virgule près (<em>rires</em>) ! Nous avons aussi beaucoup joué l’écoute. Durant de nombreux jours, nous ne parlions pas. C’était une expérience bouleversante.</p>
<div id="attachment_146800" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/04/jeanne-herry-leila-bekhti-elodie-bouchez1.jpg"><img class="size-full wp-image-146800" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/04/jeanne-herry-leila-bekhti-elodie-bouchez1.jpg" alt="Photo © Christophe Brachet" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Photo © Christophe Brachet</p></div>
<p><strong>Élodie, vous formez avec Adèle Exarchopoulos un duo assez intense. Aviez-vous déjà joué ensemble ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">E.B. :</span> Non, et on s’était d’ailleurs rarement croisées. Par contre, on partage une expérience très forte : la collaboration avec Abdellatif Kechiche : <em>La vie d’Adèle</em> pour elle, <em>La Faute à Voltaire</em> pour moi. J’étais donc très heureuse à l’idée de jouer avec elle car nous étions, quelque part, déjà unies par ce lien.</p>
<p><strong>Quelle étape préférez-vous dans la fabrication d&#8217;un film ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">J.H. :</span> D&#8217;abord, la solitude durant l’écriture du scénario me plaît énormément. Puis, je suis ravie de retrouver le plateau de tournage et tout ce beau monde. Enfin, lors du montage, il y a toujours une phase dépressive, suite à l’euphorie procurée par le travail collectif. Mais c’est une étape passionnante. Et puis la promo, évidemment (<em>rires</em>) !</p>
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