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	<title>LM magazine &#187; Fares Cachoux</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Fares Cachoux</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Mar 2024 06:35:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;oeuvre de Fares Cachoux est avant tout affaire de contraste : entre la beauté de ses images, pop et minimalistes, et la dureté du propos, évoquant la guerre, l&#8217;exil, l&#8217;oppression des femmes&#8230; Dit autrement, l&#8217;artiste <em>« saupoudre la mort de sucre »</em>, explique-t-il, en citant une expression syrienne. <em>« Il ne s&#8217;agit pas de rendre l&#8217;horreur acceptable, mais regardable</em> ». C&#8217;est par exemple cette mouette posée sur le dos d&#8217;un cadavre de migrant flottant dans la Méditerranée, ou cette scène s&#8217;apparentant à une superbe nuit étoilée. En s&#8217;approchant, on découvre en réalité un hélicoptère lâchant une bombe sur des maisons, enflammant les ténèbres de braises&#8230; Ce tragique événement s&#8217;est déroulé en 2015 à Daraya, dans la banlieue de Damas, ville sur laquelle s&#8217;est acharné le régime de Bachar al-Assad. <em>« On ne sait pas combien il y a eu de victimes</em>, soupire notre hôte. <em>Cette œuvre est inspirée d&#8217;une vidéo filmée par un activiste. Je l&#8217;ai reproduite à ma manière, en l&#8217;habillant avec poésie, pour que les gens ne détournent pas les yeux face à ce crime, sans le dénaturer »</em>.</p>
<div id="attachment_157701" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/03/fares-cachoux-21.jpg"><img class="size-full wp-image-157701" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/03/fares-cachoux-21.jpg" alt="© Julien Damien" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">© Julien Damien</p></div>
<p><strong>Le boucher de Damas </strong></p>
<p>Né en 1976 à Homs, en Syrie (où il est désormais <em>persona non grata</em>) Fares Cachoux a d&#8217;abord suivi des études d’ingénieur informatique à l’université d’Alep, puis en art numérique à Paris, avant de travailler durant une dizaine d&#8217;années pour des musées, dans le Golfe. Et puis survient la révolution syrienne, en 2011. Il décide de tout quitter, pour élaborer son propre langage visuel, et dénoncer l&#8217;innommable. L&#8217;une de ses premières créations représente la <em>« sinistre silhouette »</em> de Bachar al-Assad faisant face à des mômes, un couteau de boucher caché derrière le dos. L&#8217;oeuvre, désormais publiée dans les manuels scolaires français, dénonce le massacre perpétré à Houla en 2012, où les milices du dictateur ont tué, <em>« principalement à l&#8217;arme blanche »</em>, 108 personnes, dont 49 enfants. Dans cette même image on remarque également une des signatures stylistiques de Fares Cachoux : le cercle. <em>« Il me sert à attirer les regards vers l&#8217;épicentre de la composition. Mais on peut aussi y voir un soleil »</em>. Comme dans cette impression où une femme, allégorie de sa ville natale de Homs (<em>« martyrisée car très vite engagée dans la révolution »</em>) porte sur son dos toute la Syrie, gravissant les marches d&#8217;un escalier pour l&#8217;emmener vers la lumière.</p>
<div id="attachment_157702" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/03/fares-cachoux-22.jpg"><img class="size-full wp-image-157702" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2024/03/fares-cachoux-22.jpg" alt="© S. Castel, IMA-Tourcoing (8)" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">© S. Castel, IMA-Tourcoing (8)</p></div>
<p><strong>Femmes libérées</strong></p>
<p>Profondément engagé, le travail du Franco-Syrien n&#8217;est pas non plus dénué d&#8217;humour. En témoigne la série <em>Eye to Eye</em>. Résultant de ses années passées dans les pays du Golfe, celle-ci interroge la relation entre tradition et modernité, ce bizarre antagonisme entre rigorisme religieux et capitalisme, <em>« dans une zone du monde qui a connu des mutations brutales, avec la découverte du pétrole et cette richesse soudaine »</em>. Son fil conducteur ? La femme, toujours cachée derrière un niqab et des lunettes de soleil. Son identité est invisibilisée, mais pas sa personnalité ni sa soif de liberté. : elle est ici casse-cou sur un skate, là aventurière au guidon d&#8217;une grosse moto ou rockeuse, formant les cornes du diable avec ses doigts&#8230; Faut-il y voir un symbole féministe ? <em>« Peut-être, mes œuvres ne portent aucun jugement,</em> élude l&#8217;intéressé. <em>Disons que j&#8217;essaie de rendre hommage aux femmes, qui subissent tant d&#8217;injustices au fil des siècles »</em>. En témoignent les quatre reines orientales accueillant le visiteur, à l&#8217;entrée de l&#8217;IM<em>A, </em>et semblant en harmonie avec la faune et la flore &#8211; comme si elles étaient elles-mêmes la nature<em>. <span class="has-pullquote" data-pullquote="« Si l'on vivait dans une société maternaliste, le monde irait sans doute beaucoup mieux »">« Si l&#8217;on vivait dans une société maternaliste, le monde irait sans doute beaucoup mieux »</span></em>, dit-il. Au terme de cette exposition, on découvre enfin la dernière grande préoccupation de l&#8217;artiste : le péril climatique. Elle est ici résumée par une image post-apocalyptique. On y voit un oiseau posé sur un caddie à la renverse, vestige de la société de consommation, sur lequel la nature a repris ses droits. Son nom ? <em>A Better World</em>&#8230; Tout est dit !</p>
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