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	<title>LM magazine &#187; Emil Ferris</title>
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		<title>Emil Ferris</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Nov 2024 04:09:58 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p class="p2">C&#8217;était en 2018. <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2018/09/01/emil-ferris/" target="_blank">Monsieur Toussaint Louverture publiait le premier livre d&#8217;une Chicagoane de 56 ans</a>. Et quel livre ! Entièrement dessiné au stylo à bille (et au feutre), ce roman graphique prenait la forme d&#8217;un journal intime : celui d&#8217;une petite fille de 10 ans, fan de monstres et se représentant en loup-garou, dans le Chicago des années 1960. Notre héroïne enquête sur la mort d&#8217;une voisine de son immeuble, jusqu&#8217;à découvrir son passé de survivante de la Shoah &#8211; et de vrais méchants, cette fois&#8230; Après une (longue) attente de huit ans, voici enfin la suite de ce chef-d&#8217;oeuvre, récompensé de trois prix Eisner et d&#8217;un Fauve d&#8217;or à Angoulême. En attendant, ô surprise, un troisième épisode et même un préquel (!), quel plaisir de se replonger dans cette fable racontée en milliers de traits graciles, dans une esthétique à la fois pop, gothique et même queer. Au fil de pages peut-être moins foisonnantes (ou plus aérées, c&#8217;est selon), Emil Ferris signe bien plus qu&#8217;une &#8220;simple&#8221; histoire de monstres. C&#8217;est à la fois une fresque sociale et familiale où le drame et l&#8217;humour, la mort et la vie, la beauté et l&#8217;horreur se confondent sans cesse, mais où l&#8217;art et l&#8217;amour ont toujours le dernier mot.</p>
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		<title>Emil Ferris</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Sep 2018 03:25:52 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Cet aphorisme nietzschéen, Emil Ferris l’a vérifié au moins deux fois. Née de parents artistes en 1962, à Chicago, elle grandit dans le quartier pauvre et violent d’Uptown. Pas sous les meilleurs auspices. <em>« Petite, j’étais atteinte de scoliose, je n’ai pas pu marcher avant l’âge de trois ans. Et encore, de façon bizarre</em>, confie l’Américaine. <em>Je ressentais les pires douleurs, ressemblais à une bossue</em>. <em>Comme je ne pouvais pas découvrir le monde, je l’ai fait en dessinant, dès 16 mois. J’ai utilisé mon imagination pour m’évader »</em>. Contrairement à ce que les médecins lui avaient prédit, elle vivra bien au-delà de 30 ans, deviendra maman, puis illustratrice et dessinatrice de jouets. Mais le sort s’acharne, comme dans les films de la MGM dont elle est mordue (son préféré : <em>La Fiancée de Frankenstein</em>).</p>
<p><strong>Piqûre de rappel</strong></p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-89015" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/08/-emil-ferris-monsieur-toussaint-louverture_monstres_planches_simple_hd_2-229x300.jpg" alt="©-Emil-Ferris-&amp;-Monsieur-Toussaint-Louverture_Monstres_Planches_Simple_HD_2" width="229" height="300" />En 2002, mère célibataire, Emil Ferris célèbre son 40e anniversaire avec ses amis. Elle est piquée par un moustique… et s’effondre. <em>« Je me suis réveillée trois semaines plus tard à l’hôpital, paralysée de la taille jusqu’aux pieds, et je ne pouvais plus bouger les mains »</em>. Le diagnostic tombe : méningo-encéphalite. Elle vient d’être frappée par l’une des formes les plus graves du virus du Nil occidental, mais se bat. Encore. Convalescente, en fauteuil roulant, elle se scotche littéralement un stylo à la main pour continuer à dessiner, s’inscrit au Chicago Art Institute d’où elle sort diplômée, puis débute <em>My Favorite Thing is Monsters</em>. Elle ne sait alors <em>« pas grand-chose de la BD »</em>, avoue-t-elle, mais clame son amour pour Frida Kahlo. <em>« Elle m&#8217;a appris à instiller des émotions dans mon travail, sa peinture me parle. Elle était comme moi : en souffrance la plupart de sa vie. Je pense que nous sommes connectées&#8230; Ou alors, c&#8217;est peut-être la moustache ! ».</em></p>
<p><strong>Bille en tête </strong></p>
<p>Moustache ou pas, il lui faudra six ans pour achever ces 800 pages et essuyer 48 refus avant de les voir publiées, aux USA, en février 2017, chez l’éditeur indépendant Fantagraphics. Reconnaissons que l’oeuvre déroute. Dans la forme d’abord, sublime : le livre est intégralement réalisé au stylo à bille, sur des planches évoquant un carnet à spirales – le trait rappelle Crumb, Laurence Hyde ou Gustave Doré. Dans le fond ensuite. Mélange de policier, de fantastique, de drame familial et de journal intime, le récit est raconté du point de vue de Karen Reyes, 10 ans, avec ses mots emplis de candeur. Enfant d’immigrés, <em>« amoureuse des filles »</em>, cette gamine se rêve en loup-garou et s’évade dans un monde peuplé de créatures d’épouvante.</p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-89013" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/08/-emil-ferris-monsieur-toussaint-louverture_monstres_planches_double_hd_1-1024x672.jpg" alt="©-Emil-Ferris-&amp;-Monsieur-Toussaint-Louverture_Monstres_Planches_Double_HD_1" width="995" height="653" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’action se situe dans les années 1960, dans le quartier d’Uptown à Chicago (tiens tiens…) où elle vit avec sa superstitieuse de mère et son Don Juan de grand frère. Le jour de la Saint-Valentin, sa voisine, Anka, est retrouvée morte dans son appartement, une balle dans le coeur. Karen ne croit pas au suicide, enquête et découvre sa cohorte de &#8220;vrais&#8221; monstres, tapis dans les tréfonds de l’âme humaine. Dès lors, il sera question d’amour, de mystère, de quête existentielle, de résilience, d’ode à la différence… On l’aura compris, Emil Ferris a mis beaucoup d’elle dans cette fresque au souffle romanesque. Mais une question nous taraude : pourquoi un loup-garou ?<em> « Parce que c’est ce que je voulais être ! </em>dit-elle.<em> Car il revient à nous-mêmes de nous définir »</em>. Savoir qui tu es te rend plus fort.</p>
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