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	<title>LM magazine &#187; économie</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Argent amer</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Dec 2017 04:53:48 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le monumental <em>À l&#8217;ouest des rails</em> en 2003, Wang Bing saisit les manières dont la libéralisation de l&#8217;économie chinoise modifie la société. En 2009, il trouvait ainsi dans l&#8217;exploitation du charbon un moyen de mettre au jour le réseau de circulation du capital. <em>L&#8217;Argent du charbon</em> ne devait hélas connaître qu&#8217;une version télévisuelle de 53 minutes. Argent amer est, d&#8217;une certaine façon, encore une &#8220;coupe&#8221; dans cet immense chantier. Pour ce projet, le réalisateur ne révèle qu&#8217;une part infime des 2 000 heures de rushes qu&#8217;il a tournés dans la région du Zhejiang. Il en tire cependant un film d&#8217;une grande puissance. En suivant le parcours d&#8217;hommes et de femmes (parfois de simples adolescents) quittant leur province pour travailler dans des ateliers de textile, il saisit d&#8217;abord la violence d&#8217;un exil massif. L&#8217;essentiel du récit se déroule néanmoins dans un seul immeuble de béton combinant, pour un rendement maximal, espaces de production et d&#8217;habitation. Ce bâtiment apparaît à la fois comme un lieu d&#8217;asservissement et un petit théâtre. Le labeur se mêle au désœuvrement, les contraintes sociales aux élans intimes. L&#8217;impression qui domine est celle de vies suspendues, en attente d&#8217;un improbable avenir. Pendant ce temps-là, l&#8217;argent coule à flots.</p>
<p><iframe src="https://player.vimeo.com/video/241850938" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Catherine Wihtol de Wenden</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2015 10:25:46 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Qu’en est-il de la réalité des frontières à l’heure actuelle ?</strong></p>
<p>On compte de plus en plus de frontières, notamment depuis la disparition de l’URSS et l’apparition de nouveaux états. On en recense 193 dans le monde, c’est plus que du temps de la guerre froide&#8230; Ceci dit, des espaces de libre circulation ont émergé en Europe. On favorise aussi les déplacements de main-d’oeuvre dans la communauté des états de l’Afrique de l’Ouest par exemple, dans les pays d’Amérique Latine (l’Unasur), entre l’Australie et la Nouvelle Zélande, etc.</p>
<p><strong>On observe donc un double mouvement&#8230;</strong></p>
<p>Oui. Tout dépend du statut du migrant. Dans le cas des migrations de proximité, on encourage la mobilité pour faciliter la circulation de fournitures et de main-d’oeuvre. En revanche, les frontières se sont renforcées là où il y a des risques migratoires d’installation. C’est le cas autour de la Méditerranée, entre le Mexique et les états-Unis, le Bangladesh et l’Inde. Il y a des pays qui ont construit des murs, renforcé leur militarisation.</p>
<p><strong>Qu’en est-il alors de l’immigration irrégulière ?</strong></p>
<p>Aujourd’hui, elle représente environ 5 millions de personnes en Europe. Ils étaient 11 millions aux états-Unis avant la régularisation de Barack Obama (désormais ce chiffre est de 3,5 millions). Certains n’ont pas de statut, comme les déplacés environnementaux (40 millions de personnes), les apatrides (13 millions). Il y a beaucoup de gens qui sont dans un no man’s land juridique au regard du franchissement des frontières.</p>
<p><strong>D’après les Nations-Unies, on compte 214 millions de migrants légaux sur la planète, environ 3% de la population mondiale. Comment peut-on apprécier ces chiffres ?</strong></p>
<p>On recense exactement 232 millions de migrants dans les derniers rapports. Il est vrai qu’on assiste à une explosion du nombre de réfugiés dans le monde (60 millions), de demandeurs d’asile, d’exilés politiques&#8230; Des gens qui circulent dans une semi-légalité, et donc une grande précarité. <span data-pullquote="En même temps, au regard des 7 milliards d’individus dans le monde, ce n’est pas colossal.">En même temps, au regard des 7 milliards d’individus dans le monde, ce n’est pas colossal.</span> En remettant les choses en perspective, à la fin du xixe siècle, au moment de la révolution industrielle, 5% de la population était en situation de migration. Pour la plupart des Européens, à cause de la colonisation, du commerce, etc.</p>
<p><strong>On ne vit donc pas une situation inédite&#8230;</strong></p>
<p>Non. Pas du tout. Auparavant, il était question de migrants en provenance du nord qui allaient vers le sud alors qu’aujourd’hui, on assiste à une migration du sud vers le nord. Donc les pays du nord sont inquiets. Aujourd’hui, la migration est beaucoup plus diversifiée.</p>
<p><strong>Que pensez-vous de la course au renforcement des frontières ?</strong></p>
<p>C’est un immense gâchis humain et financier. De nombreux exilés sont prêts à réaliser des projets forts, ont des choses à apporter. Tout l’argent investi dans les barrages pourrait servir à l’insertion des nouveaux venus. <span class="has-pullquote" data-pullquote="La gestion militaire des flux migratoires est une erreur. Cela ne dissuade personne, mais oblige les migrants à prendre plus de risques.">La gestion militaire des flux migratoires est une erreur. Cela ne dissuade personne, mais oblige les migrants à prendre plus de risques.</span></p>
<p><strong>Est-il vrai qu’avant 1914, on pouvait parcourir le monde sans papier ?</strong></p>
<p>Oui. Les passeports ont été introduits très tardivement. Et les frontières étaient ouvertes pour la plupart des gens. Que se passerait-il si l’on ouvrait toutes les frontières ? Je propose d’abord de multiplier les espaces de libre circulation régionaux. Si l’on accordait à plus de monde le droit de séjourner légalement en tant que touriste, étudiant ou travailleur, on aurait moins de demandeurs d’asile. La désespérance qui conduit à se tourner vers des passeurs est liée à la limitation d’entrée sur notre territoire. On trouverait moins de morts aux portes de l’Europe si l’on ouvrait les frontières.</p>
<div id="attachment_42179" style="width: 492px" class="wp-caption alignleft"><img class="wp-image-42179" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2015/09/catherine-wihtol-de-wenden-300x199.jpg" alt="© Aurore Krol" width="482" height="320" /><p class="wp-caption-text">Migrants, Calais © Aurore Krol</p></div>
<p><strong>Cela n’entraînerait donc pas une explosion des entrées en Europe ?</strong></p>
<p>Non. Malgré les inégalités Nord-Sud, peu de gens migrent finalement. Cela représente un coût énorme pour un individu. L’idée que tout le monde se précipiterait chez nous est fausse. La moitié des migrants africains se déplacent sur leur propre continent. Et des migrations de moins longue durée ? Si les frontières étaient ouvertes, les gens circuleraient mais ne s’installeraient pas forcément. Alors que si vous fermez tout, chacun s’affronte autour de la régularisation. Aujourd’hui, on connaît plutôt cette configuration.</p>
<p><strong>Quelle influence cette ouverture aurait-elle sur le marché du travail ?</strong></p>
<p>Cela développerait des quantités d’activités, avec une action positive sur l’emploi. Par exemple, cela faciliterait l’activité portuaire, le commerce, tout autour de la Méditerranée. Sans obligation de visa on pourrait faire ses courses à Marseille quand on habite Alger. En même temps, on assisterait à une tentation de flexibilité car les travailleurs en provenance du sud seraient moins exigeants.</p>
<p><strong>Une ouverture plus large des frontières aurait donc des effets positifs sur l’économie mondiale ?</strong></p>
<p>Bien sur que oui, de nombreux secteurs sont plombés par un manque de main-d’oeuvre et de créativité. ll y a des tas d’emplois auxquels les Européens ne sont pas candidats. Si ces nouveaux arrivants travaillaient légalement ils paieraient des impôts et consommeraient plus.<span data-pullquote="Tout le monde est économiquement perdant avec des frilosités sécuritaires..."><span class="has-pullquote" data-pullquote=" Tout le monde est économiquement perdant avec des frilosités sécuritaires..."> Tout le monde est économiquement perdant avec des frilosités sécuritaires&#8230;</span></span></p>
<p><strong>N’y a-t-il tout de même pas quelques craintes légitimes ?</strong></p>
<p>En tout cas, pas sur le plan de la sécurité. Les terroristes prennent rarement le risque de débarquer sans papiers. Vous noterez que la plupart d’entre eux sont nés dans le pays où ils commettent des attentats.</p>
<p><strong>Pourquoi votre discours n’est-il donc pas plus relayé ?Pourquoi les hommes politiques ne s’en emparent-ils pas ?</strong></p>
<p>Parce que l’extrême droite est très puissante dans les pays européens. Chacun se positionne en fonction de ces partis xénophobes. Les responsables politiques cherchent à gagner des voix en jouant sur les craintes.</p>
<p><strong>Même en expliquant qu’une marche en avant sécuritaire ne fonctionne pas ?</strong></p>
<p>De nombreux chercheurs, la plupart de mes collègues et des organisations internationales, tiennent le même discours que moi, mais nous ne sommes pas entendus. Il faudrait que les pays soient complètement ruinés pour envisager autre chose que la sécurité aux frontières. On nous rabâche qu’il faut se protéger, on se dispute à propos de quotas&#8230; les gens sont protectionnistes. Ne sentez-vous tout de même pas un sentiment d’empathie depuis le début de l’année ? Bien sûr, mais je ne sais pas combien de morts il faudra trouver à nos portes avant que l’opinion publique change vraiment d’avis. Les gens sont très indifférents dans l’ensemble.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Si cet article vous a plu, alors lisez aussi &#8220;<a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2015/09/01/veronika-boutinova/">Veronika Boutinova, écouter les migrants</a>&#8220;</p>
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		<title>Bernard Maris</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Sep 2014 23:00:17 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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		<category><![CDATA[économie]]></category>
		<category><![CDATA[Les Particules Elémentaires]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Houellebecq]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment est venue l’idée de cet essai ?</strong><br />
En chroniquant <em>La Carte et le Territoire</em>. J’avais été frappé par les enseignements économiques qu’il contenait.</p>
<p><strong>Lesquels ?  </strong><br />
La notion de « destruction créatrice ». Autrement dit, l’industrie qui disparaît, la consommation à outrance, la tyrannie de l’obsolescence. Il pose des questions essentielles et abandonnées par les économistes. Il interroge la notion de travail, son rôle et sa valeur. Houellebecq livre aussi dans tous ses romans une métaphore de l’évolution du capitalisme, il nous rappelle son principe et son influence sur nos comportements.</p>
<p><strong>Peut-on le considérer comme un économiste ?</strong><br />
Non, mais il utilise (entre autres) le terreau de l’économie pour la littérature, tout comme Balzac s’appuyait sur la psychologie et la sociologie.</p>
<p><strong>De quels économistes pourrait-on le rapprocher ?</strong><br />
Houellebecq a compris ce qui fait la valeur. Il appartient à la philosophie pré-libérale. à cette catégorie de penseurs qui ont gravité autour de l’économie mais qui ne sont pas libéraux. Comme Keynes et Schumpeter.</p>
<p><strong>On a souvent dépeint Houellebecq comme un auteur nihiliste, n’est-il pas plutôt utopiste, humaniste…</strong><br />
J’irai plus loin, il est très fleur bleue ! Son premier roman, Extension du domaine de la lutte, est très noir, dépressif. Et donnait une image qui n’est pas la sienne (cynique, partouzard, méchant). Ses autres romans sont plus positifs. Et très féministes.</p>
<p><strong>Houellebecq, un féministe ?</strong><br />
Ses romans utopistes<em> (La Possibilité d’une île, Les Particules élémentaires</em>) se terminent par la conquête du pouvoir par les femmes. Il manifeste un vrai respect pour elles. Selon lui, la violence est profondément masculine. Les hommes sont en concurrence pour le vagin des jeunes femmes comme ils le sont pour les objets. Ils provoquent une espèce de guerre permanente alors que les femmes sont dans la compassion. Houellebecq est du côté de la bonté, comme les grands romanciers russes (Tolstoï, Dostoïevski).</p>
<p><strong>Et vous, comment vous définiriez-vous ?  </strong><br />
Je suis antilibéral. Attention, je suis pour la liberté ! Mais je pense que le libéralisme économique nous offre une fausse liberté. Celle de vendre et d’acheter, d’offrir sa force de travail. Pour moi c’est une liberté purement matérialiste qui nous oppresse et nous conduit à la servitude volontaire. C’est précisément ce que décrit Houellebecq dans ses romans : nous entretenons une compétition économique généralisée et notre seule liberté consiste finalement à marcher sur les autres pour essayer de vivre.</p>
<p><strong>Etes-vous aussi altermondialiste, décroissant ?</strong><br />
Oui. <span class="has-pullquote" data-pullquote="Je ne nie pas le progrès mais je pense qu’on le confond très souvent avec l’agitation, la destruction créatrice. Je revendique aussi la lenteur car elle est mère de la culture, de l’art. ">Je ne nie pas le progrès mais je pense qu’on le confond très souvent avec l’agitation, la destruction créatrice. Je revendique aussi la lenteur car elle est mère de la culture, de l’art. </span>Or, nous vivons dans un monde de rapidité, de bruit, de sauvagerie permanente. Je n’aime pas ce monde-là.</p>
<p><strong>« <em>Notre monde s’enferme dans l’horreur</em> », écrivez-vous. Le capitalisme libéral est comme une dictature, et vous le comparez avec les camps de concentration. N’est-ce pas exagéré ?</strong><br />
Ce que je veux dire c’est : « <em>comment, aujourd’hui, on tient les hommes dans ce monde soi-disant libre ?</em> » Eh bien par l’incertitude et la peur. Et la peur est très mauvaise conseillère : elle donne envie d’avoir un chef, un maître, un guide, comme les enfants qui ont besoin qu’on leur tienne la main.</p>
<p><strong>En sommes-nous arrivés à ce point ?</strong><br />
Oui, les sondages le disent : les Français sont terrorisés par le chômage, l’idée de se retrouver à la rue. C’est un monde où les gens vivent dans une incertitude perpétuelle.</p>
<p><strong>Selon vous comment tout cela peut-il finir ?</strong><br />
Je pense qu’il risque d’y avoir une nouvelle crise financière majeure sur les marchés dérivés. Et si les produits dérivés « pètent », c’est une bombe qui nous tombe dessus. Il y aura une régression énorme comme en 1930, c’est-à-dire une baisse du pouvoir d’achat de 40%. La violence qui est endiguée par le commerce, comme l’eau qui bouillonne dans une marmite fermée, va exploser. Alors, il est probable que des forces délétères se raniment&#8230;</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com/blog/2014/10/01/bernard-maris/">Bernard Maris</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.lm-magazine.com">LM magazine</a>.</p>
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