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	<title>LM magazine &#187; Bruno Boudjelal</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Photographier l&#8217;Algérie</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Mar 2019 04:30:34 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Pour Françoise Cohen, monter une exposition de photographie sur l&#8217;Algérie était <em>« une évidence »</em>. Parce que la relation entre ce pays de plus de 42 millions d&#8217;âmes et la France est viscérale. Ensuite, parce que <em>« la photo est pratiquement née en même temps que cette conquête coloniale</em>, explique la directrice de l&#8217;IMA de Tourcoing. <em>L’une et l’autre se développent ensemble »</em>. Les premiers Européens débarquent en effet sur ce territoire vaste comme cinq fois l&#8217;Hexagone en 1830, armés des daguerréotypes tout juste mis au point par Louis Daguerre. <em>« La vision initiale est donc celle de touristes fortunés en quête d&#8217;exotisme »</em>, selon l&#8217;historienne Marie Chominot. Au début de ce parcours chronologique, on découvre ainsi des &#8220;indigènes&#8221; dans leur appartements, en tenues folkloriques, dans la droite ligne de la peinture orientaliste.</p>
<div id="attachment_96741" style="width: 243px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-96741" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/2-233x300.jpg" alt="1. © Neurdein Frères, Photothèque de l’IMA, Paris " width="233" height="300" /><p class="wp-caption-text">1. © Neurdein Frères, Photothèque de l’IMA, Paris</p></div>
<p><strong>Voile de confusion</strong></p>
<p>Cette exposition ne retrace toutefois pas l&#8217;histoire exhaustive de l&#8217;Algérie. Elle offre plutôt une multiplicité de points de vue, et une réflexion sur la nature même de l&#8217;image. <em>« Elle part d&#8217;un constat simple : la photographie ne dit pas la même chose selon son auteur et sa destination</em> », insiste Françoise Cohen. A l&#8217;instar du travail minutieux de Thérèse Rivière. Partie dans les Aurès en 1935, l&#8217;ethnologue française s&#8217;immergea dans le quotidien de la population locale, les Berbères chaouis. Ses clichés pris au Leica, sur le vif, traduisent toute son empathie. Surtout, ces sourires de femmes s&#8217;échinant dans les champs contrastent terriblement avec les regards foudroyants des Algériennes dévoilées, capturés par Marc Garanger. Dès mars 1960, ce soldat réalisa à la demande des autorités françaises des portraits forcés de 2 000 autochtones. Il s&#8217;agissait de leur attribuer des cartes d’identité, afin de contrôler les rebelles.</p>
<div id="attachment_96742" style="width: 780px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-large wp-image-96742" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/11-770x1024.jpg" alt="Marc Garanger, Femme algérienne, 1960 © Marc Garanger, musée Nicéphore Niépce, Ville de Chalon-sur-Saône" width="770" height="1024" /><p class="wp-caption-text">Femme algérienne, 1960 © Marc Garanger</p></div>
<div id="attachment_96743" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-96743" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/17-300x196.jpg" alt="© Fonds Mohamed Kouaci" width="300" height="196" /><p class="wp-caption-text">© Fonds Mohamed Kouaci</p></div>
<p><strong>Guerre d&#8217;images</strong></p>
<p>En pleine guerre d&#8217;Algérie, le déséquilibre entre images de colons et colonisés s&#8217;accentue. <em>« Toutefois le camp des indépendantistes s’empare de la photographie comme d’une arme de propagande</em>, resitue Marie Chominot. <em>Dans ses représentations, l&#8217;armée française ne faisait pas la guerre mais la paix. Depuis le maquis, les Algériens montraient quant à eux les combats, les villages incendiés, les victimes… »</em>. Responsable de l’organe de presse du FLN, Mohamed Kouaci fut lui bloqué aux frontières de son pays. Ce pionnier de la photographie algérienne révéla de nombreux camps de réfugiés. Dans ce contexte, il immortalisa ce visage très dur d&#8217;enfant. Il répond à ce portrait de jeune femme hurlant à la fenêtre d&#8217;une voiture, drapeau en main, saisie le jour de l&#8217;indépendance par Marc Riboud.</p>
<p>Didactique, cet accrochage révèle aussi des partis pris artistiques fascinants. Tel celui de Bruno Boudjelal, lancé sur les traces de ses origines paternelles, en 1993, durant les années noires. Le Franco-Algérien ne connaît encore rien à son art, mais ses productions floues et décadrées (car contraintes par la discrétion) esquissent un récit à la fois documentaire et personnel. Il touche à l&#8217;intime pour mieux atteindre l&#8217;universel. Une question de regards…</p>
<div id="attachment_96745" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-large wp-image-96745" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/15-1024x672.jpg" alt="Marc Riboud, Alger, 2 juillet 1962 © Marc Riboud" width="995" height="653" /><p class="wp-caption-text">Marc Riboud, Alger, 2 juillet 1962 © Marc Riboud</p></div>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=96762" target="_blank"><strong>A LIRE AUSSI : BRUNO BOUDJELAL</strong></a></p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2019/03/01/benjamin-stora/" target="_blank"><strong>A LIRE AUSSI : L&#8217;INTERVIEW DE BENJAMIN STORA</strong></a></p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=96979" target="_blank"><strong>A LIRE AUSSI : L&#8217;INTERVIEW DE MARIE CHOMINOT</strong></a></p>
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		<title>Bruno Boudjelal</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Mar 2019 02:54:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Membre de la prestigieuse Agence VU, Bruno Boudjelal demeure une référence de la photographie contemporaine. Il a notamment reçu le prix Nadar,...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Membre de la prestigieuse Agence VU, Bruno Boudjelal demeure une référence de la photographie contemporaine. Il a notamment reçu le prix Nadar, en 2015, pour son ouvrage <em>Algérie, clos comme on ferme un livre ?</em>. Pour autant, cette carrière aurait débuté <em>« par hasard »</em>. Né en 1961 d&#8217;une mère française et d&#8217;un père algérien, il grandit en Seine-Saint-Denis, <em>« dans une cité improbable »</em>. La trentaine venue, alors guide en Asie, il éprouve le besoin de se confronter à ses racines, près de Sétif. En 1993, il se lance équipé d&#8217;un petit appareil photo. <em>« Un ami a insisté pour que je le prenne. A ce moment-là, je n&#8217;y connaissais rien, pas même le nom de Cartier-Bresson ! »</em>. Mais ce voyage va changer son destin, et fixer sa pratique. à cette époque, l&#8217;Algérie est dangereuse, <em>« en pleine guerre civile »</em>. Il manque de se faire tuer le premier jour. <em>« J’ai vite compris qu&#8217;il ne fallait jamais sortir l’appareil »</em>. Contraint à la discrétion et à des lieux sécurisés chez des proches à Alger, Sétif ou Oran, Bruno Boudjelal ne regarde jamais dans le viseur. Ses clichés de scènes quotidiennes, dans un pays alors fermé sur lui-même, détonnent : ils sont flous, décadrés, pris à travers des vitres et, surtout, instinctivement. Sa technique est née. Entre le documentaire et l&#8217;autofiction, son travail met en perspective l&#8217;intime et l&#8217;universel car, dit-il, <em>« ce sont les petites histoires qui font la grande »</em>.</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=96933" target="_blank">A LIRE AUSSI : L&#8217;INTERVIEW DE BRUNO BOUDJELAL</a></strong></p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=96734" target="_blank">A LIRE AUSSI : PHOTOGRAPHIER L&#8217;ALGERIE</a><br />
</strong></p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2019/03/01/benjamin-stora/" target="_blank"><strong>A LIRE AUSSI : L&#8217;INTERVIEW DE BENJAMIN STORA</strong></a></p>
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		<title>Bruno Boudjelal</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Mar 2019 00:15:39 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ? C’est une longue histoire (rires). Mon père est algérien et ma mère française. J&#8217;ai grandi en...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?</strong> C’est une longue histoire (<em>rires</em>). Mon père est algérien et ma mère française. J&#8217;ai grandi en Seine-Saint-Denis dans une cité hautement improbable jusqu&#8217;à l&#8217;âge de 12 ans, puis j&#8217;ai été confié à mes grands-parents français vivant dans le centre-ville de Montreuil, afin de m&#8217;éloigner de ce quotidien difficile. Ensuite, j&#8217;ai travaillé comme guide en Asie du sud-est, accompagnant des touristes lors de trekkings. Je n&#8217;avais alors pas du tout l&#8217;ambition de devenir photographe.</p>
<p><strong>Pourquoi êtes-vous parti en Algérie ?</strong> Mon origine algérienne m’avait toujours été cachée. Je ne connaissais que le lieu de naissance de mon père, découvert fortuitement sur le livret de famille. Il avait coupé les ponts depuis 45 ans avec les siens, sans jamais leur donner signe de vie. En 1993, j’ai décidé de me lancer sur les traces de ma famille paternelle, à la recherche de mon histoire, cette part de moi qui me manquait. Mon père devait m&#8217;accompagner lors de ce voyage mais n&#8217;est finalement pas venu. Je suis donc parti seul, pour la première fois, vers un pays inconnu et alors en pleine guerre civile&#8230;</p>
<div id="attachment_96941" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-large wp-image-96941" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/boudj9961-1999nb052-1024x683.jpg" alt="(c) Bruno Boudjelal" width="995" height="664" /><p class="wp-caption-text">(c) Bruno Boudjelal</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pourquoi vous êtes-vous équipé d&#8217;un appareil-photo ?</strong> C&#8217;est un ami qui a insisté pour que je le prenne. C’était un Nikon S, vendu dans le commerce et à destination des amateurs. Il m’a montré comment il fonctionnait car je n&#8217;y connaissais absolument rien, pas même Cartier-Bresson ! Voilà comment mon histoire avec la photographie a débuté&#8230;</p>
<p><strong>Quel fut votre point de chute en Algérie ?</strong> Chez la sœur et le beau-frère d&#8217;une amie, qui habitaient l&#8217;une des banlieues les plus chaudes d’Alger. Lorsqu&#8217; ils m’ont demandé la raison de ma présence ici, je leur ai répondu que j&#8217;étais photographe. Ils m&#8217;avaient bien prévenu qu&#8217;on ne pouvait pas prendre de clichés en Algérie mais, pris par mon propre mensonge, je leur ai assuré que j&#8217;avais l&#8217;habitude de ce genre de situation (<em>rires</em>) !</p>
<p><strong>Comment avez-vous pris vos premières images ?</strong> Dès le lendemain, je suis parti avec mon appareil en bandoulière et, évidemment, j’ai failli me faire tuer le matin même. J’ai alors vite compris qu&#8217;il ne fallait jamais le sortir. C’était trop dangereux, entre les attentats et assassinats perpétrés sur les ressortissants étrangers, la suspicion et l’insécurité, les &#8220;ninjas&#8221; sillonnant les rues d’Alger…</p>
<div id="attachment_96942" style="width: 1005px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-large wp-image-96942" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/boudj9961-1999nb073-1024x666.jpg" alt="Bruno Boudjelal" width="995" height="647" /><p class="wp-caption-text">Bruno Boudjelal</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Avez-vous finalement pu retrouver votre famille paternelle ?</strong> Oui, dans un petit village de la région de Sétif, où j&#8217;ai été accueilli par des youyous ! Lors du deuxième voyage, j&#8217;ai réussi à convaincre mon père de venir avec moi. J&#8217;avais cette fois décidé d&#8217;y aller sans appareil photo, car c&#8217;était trop compliqué. Mais le hasard m&#8217;a de nouveau rattrapé. Quelques jours avant de partir, j&#8217;ai croisé un ami à la sortie d&#8217;un McDo, avec sa fille. A l’époque, le menu-enfant était accompagné d&#8217;un petit appareil photo en plastique, mais qui fonctionnait ! Ils me l&#8217;ont prêté. Une fois en Algérie, personne n’a pu imaginer que j’étais en train de prendre des images avec ce jouet !</p>
<div id="attachment_96943" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-96943" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/02/boudj9961-1999nb079-300x192.jpg" alt="Bruno Boudjelal" width="300" height="192" /><p class="wp-caption-text">Bruno Boudjelal</p></div>
<p><strong>Voilà donc comment est née votre méthode&#8230;</strong> Oui, et je n&#8217;ai depuis jamais utilisé d&#8217;équipements professionnels. A Alger, j&#8217;ai aussi appris qu&#8217;il ne fallait jamais s&#8217;arrêter de marcher, plutôt donner l’impression de savoir où vous alliez. Ma photographie était donc toujours en mouvement, sans aucun cadrage. Ces contraintes ont généré une forme très particulière, traduisant mon impossibilité de capturer ce pays à cette époque.</p>
<p><strong>Que montrent vos images ?</strong> Au départ, je n&#8217;avais pas clairement conscience de mon travail, pas d&#8217;objectifs précis, comme n&#8217;importe quel touriste partant en voyage. En 1998, le magazine <em>Geo</em> a publié mes clichés, témoignant d&#8217;un quotidien alors peu visible en Algérie, qui demeurait à l&#8217;époque l&#8217;un des pays les plus difficiles à approcher. Les retrouvailles avec ma famille furent l&#8217;occasion de dévoiler une réalité très différente et moins manichéenne de celle montrée par les médias occidentaux : des massacres, des manifestations&#8230; Mes photos révèlent des choses plus intimes, la jeunesse, des scènes avec ma famille… A partir de ce moment-là, j&#8217;ai décidé de partir régulièrement en Algérie et, à ma quête d&#8217;identité, s&#8217;est donc ajouté un regard photographique.</p>
<div id="attachment_96949" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-medium wp-image-96949" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/03/bruno-boudjelal-2-300x200.jpg" alt="(c) Bruno Boudjelal" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">(c) Bruno Boudjelal</p></div>
<p><strong>Votre travail se situe donc à mi-chemin entre le documentaire et le récit intime, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Oui, totalement, il n&#8217;y a chez moi aucune objectivité, l&#8217;autobiographie est très présente, c&#8217;est une sorte de carnet de bord où s’impriment mes impressions et sensations. La majorité des photographes ne parlent que de leur rapport au monde, leurs obsessions. Pour moi, ce sont les petites histoires qui font la grande.</p>
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