Le Signal du promeneur
Raoul Collectif
Le premier opus du Raoul Collectif, Le Signal du promeneur, tente de faire un peu de lumière sur ce que pourraient signifier des destins d’individus en lutte radicale, solitaire, violente, voire mortifère, avec leurs milieux respectifs, parfois avec la société toute entière. De quel désir, de quelle énergie témoignent ces fuites, ces exils, ces arrachements – parfois désespérés et tardifs -aux cadres convenus, aux valeurs en cours ? Le spectacle évoque par bribes, par citations disséminées, par mises en situations concrètes, des figures inspirés de faits réels, et de la littérature. Ces figures sont moins les protagonistes d’une narration que les ingrédients d’un état des lieux et d’une réflexion sur ce qui pousse les individus jusqu’au point de rupture avec certaines formes figées de la société, mais aussi sur le prix que paie l’individu qui renonce trop longtemps à rompre avec un cadre qui le fait souffrir. Sur scène, le Raoul Collectif convoque une clairière pour s’y faire rencontrer des promeneurs solitaires, porteurs de lanternes et de fractures individuelles. A travers la mise en œuvre d’une cérémonie théâtrale émancipatrice et collective, ces hommes en rupture tentent de dégager de la clarté sur le monde à partir des failles dont ils ont été victimes ou spectateurs. La communauté que ces promeneurs forment au plateau dénonce les échecs de la société qu’ils ont fuit. Non sans difficultés, ils lui opposent le projet utopique, éphémère mais terriblement vivant, de faire advenir une métamorphose du monde. Par l’action libératrice des ces déserteurs en loupiote, c’est le Raoul Collectif qui lutte contre les valeurs mortifères de notre société néolibérale, grâce aux pulsions vitales et créatrices des individus, et leur pouvoir de résistance.


