Chocolat clown nègre
Un hommage au premier artiste noir de la scène française, clown magnifique et symbole cruel. Destin hors du commun que celui de Raphaël de Leïlos, alias le «Clown Chocolat». Né esclave à Cuba à la fin du XIXe siècle, il se rêvait acteur dramatique. Acheté à onze ans par un riche Portugais, il est finalement embauché dans un cirque. Très vite adopté par le public parisien, Chocolat est présenté comme un «monument national» dans la presse française. Il triomphe avec son compère anglais Foottit, le clown blanc. Peint par Toulouse-Lautrec, filmé par les frères Lumière, source d’inspiration pour Claude Debussy, il devient le roi des nuits parisiennes à Montmartre et aux Champs-Élysées. Revers du succès, à une époque de justification de la politi-que colonisatrice, Chocolat devient le stéréotype du «nègre» battu, humilié mais content. Peu de documents sur cet artiste d’exception nous sont parvenus mais l’historien Gérard Noiriel lui a consacré une biographie passionnante. Ensemble, avec Marcel Bozonnet en Monsieur Loyal, ils portent sur la scène cinq artistes complets venus du théâtre, de la danse et du cirque. Chansons, poèmes, musiques, numéros, archives sonores et visuelles s’imbriquent pour retracer la vie de cet artiste. Une gloire éphémère car Chocolat, qui a dû défendre sa dignité en se jouant des préjugés de son temps, finit dans la misère. Le duo Foottit et Chocolat a également connu une gloire posthume, ayant inspiré Samuel Beckett pour les personnages de Pozzo et Lucky dans En attendant Godot que Marcel Bozonnet a cosigné avec Jean Lambert-wild et Lorenzo Malaguerra.


