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De Nicolangelo Gelormini

Turin. Gioia, la cinquantaine, enseigne la littérature française, vibre pour la Juventus et vit avec ses parents. L’arrivée d’Alessio, élève à la dérive, dérègle ce quotidien bien huilé. Pour son deuxième film, Nicolangelo Gelormini s’inspire d’un fait divers de 2016 et offre à son actrice fétiche (immense Valeria Golino) un rôle sur mesure.

De rencontres inopinées en cours particuliers, le glissement s’opère. Une prof démodée face à un jeune loup avide, l’histoire semble écrite d’avance. Sauf qu’Alessio est lui-même manipulé par sa mère, dans une maisonnée vénéneuse à souhait. Son intérêt pour Gioia est-il alors forcément feint ? Ou ce rapprochement relève-t-il d’un trouble plus profond ? Librement adapté de la pièce Se non sporca il mio pavimento (Gioia Salvatori et Giuliano Scarpinato), le film puise dans l’affaire Gloria Rosboch, enseignante assassinée en 2016 par un ancien élève qui l’avait escroquée. Actrice caméléon, Valeria Golino (Rain Man, Hot Shots !, également aperçue chez Frankenheimer, Costa-Gavras ou Carpenter) est méconnaissable en prof has been, excentrique et en mal d’amour. Gelormini enferme son héroïne dans des cadres étouffants, comme prise au piège par sa naïveté. La B.O. du Modern Love de Bowie au kitschissime Reality de Richard Sanderson colle à une mise en scène, maligne, tandis que le montage nerveux flirte avec le cynisme d’un Lanthimos ou Jason Reitman. Le tout couronné par une photo léchée aux teintes automnales. Entre nostalgie, frustration et désir (re)naissant, une histoire de confiance qui tourne au vinaigre, en somme.

Selina Aït Karroum / Photo © Maria Vernetti

Avec Valeria Golino, Jasmine Trinca, Saul Nanni

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