Brigitte Calls Me Baby
Elvis chez les Smiths
Avant de créer Brigitte Calls Me Baby, le Texan Wes Leavins gagnait sa croûte en incarnant Elvis dans Million Dollar Quartet. Rien de très neuf, donc, dans le rétro-futurisme de ces Chicagoans. Mais qui n’a jamais rêvé d’un Morrissey avec l’accent du Sud ?
Leavins a d’abord été Elvis. C’était dans la comédie musicale Million Dollar Quartet, largement jouée aux États-Unis. Il fut même pressenti pour prêter sa voix au King dans le biopic de Baz Luhrmann, avant qu’Austin Butler ne s’avère très capable de s’en charger seul. Après le Roi, place au Royaume-Uni : impossible d’échapper, sur les deux albums du groupe, à la ressemblance vocale avec Morrissey. Deux monarques décadents dont la légende a fini par dévorer l’homme – mais Leavins, en malin, en hérite la voix sans en payer le déclin. Morrissey a même validé la ressemblance en l’invitant en première partie. Même logique côté musical : les guitares sonnent comme The Smiths, les synthés rappellent Orchestral Manoeuvres in the Dark. Les yeux fermés, BCMB est un groupe anglais qui n’a jamais mis un pied à Manchester… Sorti en mars, Irreversible, produit par Yves Rothman et Lawrence Rothman, déroule bluettes emo-pop et refrains de bad boys éplorés sans révolutionner le genre, mais avec des morceaux parfaitement calibrés. Qui peut se targuer, dans ces pages, d’avoir révolutionné la pop ? BCMB n’est jamais aussi convaincant qu’en assumant ses emprunts. Une belle reprise de Careless Whisper en atteste. La tournée s’arrête à Tourcoing et à Manchester, histoire de vérifier si les intéressés reconnaissent leur reflet.



