La Poupée
Déraison et sentiments
De Sophie BeaulieuLa Poupée, portée par une distribution impeccable, marque le passage au long métrage de Sophie Beaulieu. Inspirée du phénomène des love dolls au Japon, la réalisatrice tente une comédie décalée et corrosive, à la croisée des genres. L’essai est-il transformé ?
Après cinq courts-métrages remarqués, Sophie Beaulieu s’attaque au format long avec des influences américaines assumées, de Blake Edwards aux frères Farrelly. Rémi (Vincent Macaigne), incapable de se remettre d’une rupture, partage désormais son quotidien avec Audrey (Zoé Marchal), une poupée d’un réalisme stupéfiant. Plus de disputes ni de concessions, il croit avoir trouvé une forme d’équilibre. Il vit enfin une relation sereine avec cette imitation totalement soumise. Jusqu’à l’arrivée de Patricia (Cécile de France) dans son entreprise… L’objet s’anime, et le vernis se fissure. Sur le papier, l’idée intrigue. À l’écran, le film peine à trouver sa ligne. Entre comédie romantique, satire sociale et anticipation, l’ensemble se disperse et ne tient pas la distance, malgré un format resserré de 1 h 20. Trop sage pour mordre, trop appliquée pour surprendre, la mise en scène demeure souvent à la surface. Reste le plaisir de voir ses interprètes s’emparer de ce matériau instable. De quoi ne pas jeter La Poupée avec l’eau du bain.
De Sophie Beaulieu, avec Vincent Macaigne, Cécile de France, Zoé Marchal… En salle



