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Le sens du combat

Decoloniser le dancefloor © Camille Lenain

Marre de voir l’humanité s’engluer dans ses erreurs ? Coupez la télé et courez à Mons pour le festival Guerrièr·es. Théâtre, danse, musique, cinéma, ateliers… Pendant une dizaine de jours, ce laboratoire artistique brosse les contours d’un autre monde, résolument féministe et inspirant.

S’il est un lieu où la guerre peut être salutaire, c’est bien sur scène. Avec un tel nom, Guerrièr·es annonce la couleur : ici, on lutte — mais « avec de la joie et de l’émotion », précise la programmatrice Bérengère Deroux. Comme le monde a furieusement tendance à rester le même, il faut parfois lui botter les fesses pour qu’il avance. Ce festival est né en 2021 pour « offrir un espace aux femmes dont les projets n’étaient pas choisis par le milieu artistique, très masculin ». Certes les établissements culturels encouragent désormais la mixité « mais certains sujets restent tabous ». Alors autant les affronter sans détour.

Voir Clair © Estelle Hanania

Voir Clair © Estelle Hanania

Des femmes puissantes

Cette édition s’ouvre avec La nuit se lève, un spectacle consacré à l’inceste, traité avec sensibilité dans une forme lumineuse et collective, accessible dès 16 ans. Plus loin, l’actrice Adèle Haenel et la musicienne Caro Geryl convoquent la pensée de Monique Wittig dans Voir clair avec Monique Wittig, une performance autour du feu qui interroge la binarité et l’héritage patriarcal. Féministe, antiraciste mais jamais dogmatique, le festival revendique une résistance fédératrice. Il donne à voir « des artistes aux univers puissants, joyeux et brillants » à un public qui n’a pas peur d’être « bousculé », insiste Bérengère Deroux. Ainsi, la performeuse algérienne Habibitch mêle danse, stand-up et manifeste politique, tandis que la chanteuse engagée Mathilde (passée de The Voice à la fête de l’Huma) assume un engagement frontal sans renoncer à une audience populaire.

Epuiser les soleils - Héloise Ravet © Alice Piemme - AML

Epuiser les soleils – Héloise Ravet © Alice Piemme – AML

Expérience partagée

Le vécu des interprètes irrigue aussi la programmation. Nadia Ghadanfar pointe la domination masculine dans Laissez-moi danser, tandis qu’Héloïse Ravet évoque la toxicomanie de sa sœur avec Épuiser les soleils. Et ce n’est pas tout. Avant et après chaque spectacle, des ateliers prolongent le mouvement (broderie de slogans féministes, création d’un fanzine, analyse de l’effacement des femmes de l’histoire des sciences). Si on y ajoute Les guerrièr·es de demain, une grande parade conçue avec la population pour déconstruire les clichés du folklore, jamais combat n’a été aussi chaleureux.

Arnaud Stoerkler / Photo : Décoloniser le dancefloor © Camille Lenain
Informations
Mons, Théâtre Le Manège
08.04.2026>18.04.2026 12 € > gratuit

Sélection /
08 & 09.04 :
Melissa Zehner – La Nuit se lève
09.04 : Habibitch – Décoloniser le dancefloor
10.04 : Mathilde
11.04 : DameChevaliers, Adèle Haenel et Caro Geryl – Voir clair avec Monique Wittig
14.04 : Héloïse Ravet – Épuiser les soleils
18.04 : Les Guerrières de Demain (parade inclusive) / Kapi Kapinga Grab – Beauty Salon…

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