PILLION
Atout cuir
De Harry LightonEn mettant en scène l’étrange relation amoureuse entre un motard über-viril et un fils-à-maman à la trentaine tristounette, Harry Lighton perturbe la comédie romantique. Un film déchaîné – ou presque.
Le falot et le salaud. C’est ainsi que s’avance Pillion (le siège arrière d’une moto) durant ses vingt premières minutes. Colin, employé effacé au physique pas facile (Harry Melling, alias Dudley dans Harry Potter) tombe sous le charme de Ray (Alexander Skarsgård), motard et mâle alpha, hyperboréen et hyper beau, aussi. Évidemment, ça se complique. Macho, ce Ray ? Certainement. Sadique ? Sans doute. En tout cas, il impose à Colin une relation SM où les rôles sont clairement définis. Or, Colin va peu à peu s’épanouir dans ce drôle de jeu. La réussite de ce film tient, entre autres, au point de vue (faussement) neutre du réalisateur. Ray est avare de mots – une quinzaine de répliques, et encore – et Colin, très introverti. Les questions du spectateur sont prises en charge par la mère de Colin, lors d’un repas… tendu. Avec son humour à froid et des moments de gêne savamment élaborés, Pillion relève de la comédie grinçante, qui ne prend jamais le parti de l’un ou l’autre des personnages. Quant à la moto… Nos anges sauvages roulent en japonaise et, hormis quelques virées champêtres aussi alcoolisées que sexualisées, le chrome rutilant est évacué. Cependant, un tropisme du genre demeure : le motard et sa bande comme éléments perturbateurs d’un lieu, avant de s’enfuir, laissant ceux qui vivent là transformés à jamais.
De Harry Lighton, avec Harry Melling, Alexander Skarsgård, Douglas Hodge… Sortie 04.03.2026



