ORWELL : 2+2 = 5
Résultat partiel
Devenu la coqueluche des éditorialistes de gauche comme de droite, George Orwell est partout. Mais qu’en est-il de son œuvre, au-delà de la sempiternelle référence à 1984 ? C’est le pari – à demi-réussi – de Raoul Peck que de revenir, avec Orwell : 2+2 = 5, à la source pour tenter d’éclairer notre présent.
Comme avec I Am Not Your Negro (2016), qui s’attachait à la figure de James Baldwin, Raoul Peck trouve en Orwell un interlocuteur et un guide. Ambitieux projet, qui entrecroise la biographie de l’auteur, une présentation de son œuvre et une description critique du présent. Né Eric Blair, Orwell aura été un des grands témoins de la première moitié du XXe siècle. S’engageant comme policier dans la Birmanie colonisée, il sera profondément révolté par la violence de l’impérialisme britannique. Combattant durant la guerre d’Espagne, il constate la trahison des staliniens. Ses fictions les plus célèbres pourfendront dès lors les totalitarismes naissants. Cet itinéraire éloquent, et admirable, offre à Orwell : 2+2 = 5 ses meilleurs moments. Les archives photographiques ou les extraits de films (notamment de la magnifique trilogie autobiographique de Bill Douglas) accompagnent les mots de l’écrivain avec une grande fluidité. Le but est toutefois de nous alerter sur la situation contemporaine. Et c’est là que ça coince. Peck mélange les lieux et les époques. Sans contexte, les événements apparaissent comme les flambées d’une cruauté généralisée. Aux attaques bien réelles contre la démocratie, il n’a finalement à opposer qu’une foi en l’homme ordinaire, « common people » existant hors de toute institution, association, et dont les portraits défilent comme dans une pub Benetton. C’est un peu court.
Documentaire de Raoul Peck. Sortie le 25.02.2026










