YOA
Génération réenchantée
De single en single et de guichets fermés en récompenses, la voix pourtant aérienne de Yoa a pris de l’épaisseur. Présentée avec ses pairs Miki, Solann et Iliona comme l’un des nouveaux visages d’une pop “engagée”, la Franco-Suisse n’élude pas les questions de société. Elle raconte la vulnérabilité et la reconstruction, la santé mentale et les violences sexuelles avec une franchise désarmante. Sur des productions léchées, parfois contaminées par la k-pop ou plus conformes à une variété ancestrale (Mylène Farmer), Yoa chante les mots crus piochés sans filtre dans son journal intime. Si l’on cherchait des filiations dans l’histoire de la pop française, on pointerait Françoise Hardy et cette façon boudeuse d’évoquer ses déconvenues sentimentales… Mais quand la yéyé exprimait l’impuissance amoureuse, la relève affiche son mépris pour les injonctions. L’une était une muse, l’autre se joue du male gaze. La Princesse Chaos de 2026 se présente sur scène dans une chorégraphie faussement candide entourée de deux copines. Sous l’apparence inoffensive du spectacle, on sent poindre une détermination, une colère même. Que la pop d’aujourd’hui soit engagée, c’est finalement évident. Qu’elle le soit en donnant envie d’y croire et de danser est un vrai tour de force.



