Marie Stuart
Reines de rancœur
texte Friedrich von Schiller / mise en scène Chloé DabertDeux femmes puissantes s’affrontent à la cour d’Angleterre, l’une sur le trône, l’autre emprisonnée par la première. En portant sur scène l’histoire vraie de Marie Stuart, Chloé Dabert montre toute la modernité de cette épopée féminine datant d’un demi-millénaire.
Une intrigue royale à la cour d’Angleterre, écrite par un Allemand et adaptée par une Française ? Tel est le parcours de ”Marie Stuart” de Chloé Dabert. La directrice de la Comédie de Reims porte sur les planches une pièce de Friedrich Schiller parue en 1800, qui transformait en récit à suspense la tragédie vécue par cette souveraine catholique du XVIe siècle. Son destin dépasse déjà la fiction : veuve d’un roi de France, la reine d’Écosse Marie Stuart est contrainte à l’abdication en 1567, puis jetée en prison par sa cousine Elisabeth 1re, reine d’Angleterre, qui la considère comme une menace pour son trône et le protestantisme. L’otage de marque finit exécutée en 1587 après dix-neuf ans de captivité, non sans avoir tout tenté pour recouvrer la liberté. Instrumentalisation religieuse, lutte de pouvoir… L’univers dans lequel évolue Marie Stuart résonne avec notre époque. Chloé Dabert y fait écho en plongeant les costumes bouffants de ses comédiens dans une scénographie sombre et clinique. Une immense cage mobile surplombe les débats, comme un piège prêt à se refermer sur les personnages. Cette réécriture haletante de l’histoire voit s’affronter deux héroïnes dont Chloé Dabert n’oublie pas de montrer les similitudes : toutes deux luttent pour garder leur pouvoir, dans un monde masculin et inhospitalier.










